Rumeurs, idées reçues, clichés, superstitions, légende : qui dit vrai ? qui dit faux ?
Il parait qu’au Cameroun, on croit encore en l’existence de la « Mami Wata »

Il parait qu’au Cameroun, on croit encore en l’existence de la « Mami Wata »

La réponse est :
Paru le mercredi, 28 juin 2017 12:17

Des services seraient proposés sur internet afin de fixer des pactes de pouvoir et d’argent avec Mami Wata.

Sur Internet, il n’est pas rare de tomber sur une annonce de tradipraticien, camerounais ou d’ailleurs, disant être capable de faire signer des pactes de richesse avec la Mamy Wata. Cette richesse, ne pouvant être acquise qu’à la suite de rituels nocturnes occultes réalisés au bord de la mer.

Mais qui est Mamy Wata ? Une déesse des eaux à qui des initiés vouent un culte, un esprit malfaisant pour ses victimes ou encore une légende pour les esprits profanes. Il s’agit d’un personnage atypique, voir même  supranaturel  souvent très présent dans les légendes et les croyances des peuples des zones lacustres et côtières du Cameroun. Déesse des eaux, mi-femme mi-poisson, elle incarne le croisement du monde animal, du monde humain et du monde spirituel. Souvent illustrée au côté de serpents, elle symbolise la puissance suprême.

Elle tient son nom dit-on de  « Mamui ata » du Sud du Togo et du sud du Bénin. Ce sont des déformations phonétiques qui transforment « Mamui ata » qui signifie « je serre les jambes » en « mommy water », « Mammy water » et enfin en « Mamy wata », qui veut dire « Mère des eaux ».

Certains chercheurs pensent que la "Mamy wata" faisait déjà partie des croyances africaines, avant l’arrivée des Européens sur le vieux continent. Elle est retrouvée chez les Ibo et les yoruba du Nigeria (ndi mmili et le culte Dan), les Ewé et les Mina du Togo et du Bénin (le culte Dan du python royal et le culte vodou), les populations côtières du Cameroun, les Kongo de la RDC, au Congo-Brazaville (mbumba) et au Ghana. 

Les croyances africaines subiront toutefois l’influence des européens à partir du 15e siècle grâce aux récits de leurs marins et à leurs navires qui portaient très souvent des sculptures de sirènes. Il se raconte également que le symbole imagée de la mamy wata « charmeuse de serpent » arrive au 19e siècle. Inspirée des déesses hindoues, elle influence également  la représentation pictographique de la "Mamy Wata" des croyances africaines, en lui donnant un visage et des caractères « humains ». 

Dernière modification le mercredi, 28 juin 2017 12:19

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