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Des évêques anglophones prôneraient le retour au fédéralisme

Des évêques anglophones prôneraient le retour au fédéralisme

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Paru le vendredi, 30 décembre 2016 16:46

Sur certaines chaines de télévision et radio locales, l’information selon laquelle 5 évêques anglophones revendiquent le retour au fédéralisme au Cameroun est diffusée. Est-ce exact ?

Des journalistes arguent que ces prélats exigent que la partie anglophone et francophone du pays jouissent indépendamment d’une autonomie dans l’organisation de la vie sociopolitique et économique de ces zones. Une position qui serait contenue dans le mémorandum ci joint adressé au président de la République et rendu public le 22 décembre dernier par les évêques de Kumbo, Bamenda, Manfe, Buea et Kumba. Lesquelles  localités, selon la structure du clergé catholique au Cameroun, constituent la province ecclésiastique (anglophone) de Bamenda.

Ce mémorandum existe bel et bien. Dans cette lettre à Paul Biya, d’une dizaine de pages, ces évêques soulignent plutôt l’urgence d’un dialogue social pour une société qui aspire à la justice. «À court terme et parce que la grève des avocats et des enseignants a paralysé nos systèmes juridiques et scolaires, il est impératif pour le gouvernement de dialoguer avec les avocats et les enseignants le plus tôt possible et d'accepter une feuille de route possible concernant leurs revendications légitimes et authentiques. Nous ne pouvons pas résoudre un problème si nous ne voulons pas nous parler », écrivent-il.

Etats fédérés

Sur le long terme, les prélats suggèrent en effet le fédéralisme en invoquant  un projet de constitution qui accorderait une autonomie politique, financière et fiscale importante aux deux États fédérés, aux provinces à l'intérieur des deux provinces (anglophone et francophone) et aux communautés de chaque province.  «Ce serait pour nous une solution durable à l'ennuyeux problème anglophone et serait acceptable pour la majorité des Camerounais anglophones et francophones», lit-on.

Les cinq évêques dénoncent par ailleurs les entorses aux droits de l’homme qui ont récemment  été perpétrés dans la partie anglophone du pays par les forces de l’ordre. Ce mémorandum relève que le problème anglophone existe bel et bien au Cameroun en déroulant une longue liste des accords postcoloniaux non respectés ;  ce qui a débouché sur ce qu’ils considèrent comme des injustices criardes. La position du Conseil national des évêques du Cameroun reste attendue sur le même sujet.

Monique Ngo Mayag

Dernière modification le vendredi, 30 décembre 2016 17:01

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