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Ngaoundéré : le collège Mazenod au centre d’un conflit interreligieux entre musulmans et chrétiens

Ngaoundéré : le collège Mazenod au centre d’un conflit interreligieux entre musulmans et chrétiens

Paru le dimanche, 12 septembre 2021 11:17

Des fidèles musulmans ont pris d’assaut l’esplanade de la préfecture de Ngaoundéré, vendredi dernier. Ces derniers sont venus protester contre la convocation de l'imam de la grande Mosquée de la ville, Cheikh Mahmoud Ali, par les autorités préfectorales. En motif de la convocation, l’iman est invité à répondre de son appel au boycott du collège Mazenod, un établissement confessionnel catholique installé dans la ville depuis 1954.

À l’origine des faits, un communiqué daté du 9 septembre demandant aux fidèles musulmans de ne plus inscrire leurs enfants au collège Mazenod. Le chef de culte justifie cette décision par le fait que ce collège impose aux élèves d’arborer un écusson sur lequel est présente une croix. Pour lui cette manœuvre « s’apparente à une méthode subtile d’évangélisation savamment orchestrée », de sur quoi en contradiction avec les préceptes islamiques. « Il est strictement interdit aux musulmans de porter une croix, symbole du christianisme », a signifié l’Iman.

Cette affaire crispe les relations entre musulmans et chrétien. Le préfet, Bertrand Awounfack, fait savoir que, la principale préoccupation est donc de restaurer l’esprit du vivre ensemble entre les deux communautés. Une préoccupation partagée par l’Association des anciens élèves de Mazenod qui, dans un courrier adressé au principal de l’établissement, demande « de changer d’écusson avec un nouveau logo qui ne montre pas de signe distinctif religieux ; ou alors d’abolir la règle sur l’écusson ». Pour le groupe ces solutions semblent les seules capables de préserver la paix.

Pour les responsables de l’établissement, le port de la tenue en bonne et due forme, c'est-à-dire agrémentée d’un écusson, est inscrit dans le règlement intérieur de l’école. L’Abbé Honoré Ngonzo, principal du collège est clair. La décision ne vise pas les élèves musulmans comme on le fait croire sur les réseaux sociaux : « tout ce que nous avons demandé à tous les élèves de se conformer à l’uniforme vestimentaire ».

Alors qu’une opération de sabotage contre le collège Mazenod se prépare à partir de demain lundi, certains parents s’attendent à ce qu’un terrain d'entente soit trouvé pour permettre aux élèves de poursuivre sereinement leur scolarité.  

La part des élèves musulmans inscrits dans cette école est de plus en augmentation. En 2007 la contribution de cette tranche dans les caisses de l’établissement s’élevait à 75 millions de FCFA, selon les comptes officiels. Aujourd’hui, on estime que ce chiffre aurait doublé. 

Vanessa Ngono Atangana

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