Rumeurs, idées reçues, clichés, superstitions, légende : qui dit vrai ? qui dit faux ?
Non, l'acte décrit par la vidéo n'a pas été posé au Cameroun

Non, l'acte décrit par la vidéo n'a pas été posé au Cameroun

La réponse est :
Paru le mardi, 30 avril 2019 07:10

Un message viral met en garde contre l’achat d’oranges non mures colorées au Cameroun. Vraiment ?

 

Un texte sur whatsapp décourage l’achat d’oranges pelées en bordure de route. Le texte est accompagné d’une vidéo où l’on aperçoit une jeune femme peler des oranges non mures et les plonger dans ce que le texte décrit comme « un produit chimique qui les rends instantanément jaunâtre ». Ce texte recommande par ailleurs la prudence.

Bien qu’il soit partagé par des camerounais, à ce jour il n’a jamais été fait cas d’une telle pratique auprès des marchands d’agrumes que ce soit dans les médias, par des sources officielles ou toutes autres sources au Cameroun.

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Par contre dans le pays, des cas d’injections de formol à de la viande  (pour la conserver plus longtemps) par des marchands peu scrupuleux sont décriés en juin 2018 dans un article du site web www.actucameroun.com.

La scène décrite dans la vidéo, ainsi que dans la mise en garde qui l’accompagne se déroule plutôt au Ghana en Juin 2017. A cette époque 2 femmes sont arrêtées, lors d'une descente de la police et des responsables de la Food and Drugs Authority (FDA) au marché de Madina près d’Accra. L'incursion des éléments de la Police et de la FDA dans ce marché est alors motivée par cette même vidéo virale qui montre une jeune femme qui trempe ses oranges pelées dans une solution chimique pour en modifier la couleur.

L’arrestation de ces 2 femmes le 13 juin 2017, favorisera la naissance et la propagation d’une rumeur selon laquelle la majorité des oranges sur le marché ghanéen sont colorées. Ce que l’Association Ghanéenne des vendeurs d’orange (OSAG) dément le 29 juin 2017, lors d'une conférence de presse.

Mise au point

Durant cette conférence qui se tient à Agbogbloshie, une banlieue d'Accra, la capitale du Ghana, la révérende Mary Owusu, la présidente de l’OSAG explique que depuis l'arrestation des personnes impliquées, l'association a mené ses enquêtes qui ont révélé qu'aucun de ses membres n'est impliqué dans cet acte et «ne colorera ou n’utilisera [par ailleurs] jamais d’additifs artificiels pour modifier la couleur des oranges ».

La plate-forme web www.graphic.com.gh qui rapporte cette conférence de presse, rend compte de la tenue le même jour, d’une mini manifestation organisée par les membres de cette association. Revêtus de brassards et de couvre-chefs rouges, ils ont exprimé leur mécontentement; à cause de la publicité négative suscitée par la rumeur de coloration des oranges sur le marché ghanéen, ils avaient été contraints de jeter une quantité importante d'oranges valant des milliers de Cedis (devise officielle du Ghana).

Le 29 juin 2017, cette association appelera également les personnes impliquées dans la coloration d'oranges à mettre fin à cet "acte illégal" avec effet immédiat.

R.S

Dernière modification le mardi, 30 avril 2019 07:19
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