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Comment Yaoundé puise dans les caisses de la CNPS pour surmonter ses tensions de trésorerie

Comment Yaoundé puise dans les caisses de la CNPS pour surmonter ses tensions de trésorerie

Paru le samedi, 01 mai 2021 08:29

 

Dans sa revue mensuelle, publiée le 23 avril 2021, la Caisse autonome d’amortissement (CAA), organisme de gestion de la dette publique, révèle que la dette de l’administration centrale vis-à-vis des entreprises publiques et parapubliques s’élève à 297,3 milliards de FCFA au 31 mars. Et plus de 44% de cette dette est détenue par la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). L’État doit en effet 132,2 milliards de FCFA à l’organisme public de gestion de la sécurité sociale.

De cette dette, 57,9 milliards de FCFA représentent « des avances de trésorerie » selon la CAA. Les avances de trésorerie sont des crédits d’une courte durée (moins d’un an) accordés en vue de compenser ses besoins de trésorerie liés aux décalages entre les encaissements et les décaissements.

En d’autres termes, quand Yaoundé a un besoin urgent d’argent, il fait souvent recours à la CNPS. Ce fut notamment le cas en 2018 et en 2019 où il a respectivement sollicité 27,9 et 30 milliards de FCFA, selon la CAA. Mais les conditions d’emprunt obtenues par l’administration centrale sont loin de celles des avances de trésorerie. En effet, selon la CAA, les 57,9 milliards ont été obtenus à un taux d’intérêt de 3,4% pour une maturité moyenne de 8 ans.

L’autre partie de la dette est constituée d’anciennes conventions de 69,6 milliards et 4,7 milliards dus dans le cadre de la réhabilitation par la CNPS de l’immeuble ministériel dit de l’émergence, apprend-on de la même source. Ces anciennes conventions et la réhabilitation l’immeuble ministériel ont été obtenues à un taux d’intérêt nul pour une maturité de plus de 10 ans. Un vrai cadeau au regard du coût de ce type de prêt sur le marché local des capitaux. « L’État sollicite assez souvent, et pour toutes sortes de raisons, la CNPS au regard de la santé financière de l’entreprise », justifie un cadre du ministère des Finances (Minfi).

En effet, la CNPS passe aujourd’hui pour la plus performante des entreprises publiques. À fin 2020, elle a réalisé un bénéfice net (excédent) de plus de 70 milliards de FCFA. Le portefeuille de ses actifs est passé de près de 85 milliards en 2015 à plus de 320 milliards en 2019, dont près de 221 milliards d’actifs liquides (180 milliards de dépôts à terme et 41 milliards d’obligations).

Justement, souffle une source bien introduite au Minfi, l’État sollicite régulièrement la CNPS à travers ses banques lors des émissions des bons et obligations du Trésor sur le marché des titres publics de la Banque des États d’Afrique centrale (Beac).

« Nous sommes partis pour les cinquante prochaines années sans difficulté particulière », s’enthousiasme son directeur général, Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame. Ce dernier serait sans doute plus optimiste si toutes les 30 000 entreprises immatriculées étaient à jour du paiement de leurs cotisations sociales. À ce jour, près de 4000 entreprises accumulent des arriérés de cotisations sociales pour une dette globale qui dépasse largement 60 milliards de FCFA.

Dominique Mbassi

Dernière modification le samedi, 01 mai 2021 15:19

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