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Région de l’Est : le contrôle de la production du tabac de cape au cœur d’une bataille judicaire

Région de l’Est : le contrôle de la production du tabac de cape au cœur d’une bataille judicaire

Paru le mardi, 09 février 2021 11:57

Le tabac de cape camerounais, très prisé par les fabricants mondiaux de cigare, et uniquement produit dans le bassin de l’Est-Cameroun, suscite des batailles opposant les trois opérateurs de la filière : la Fédération des planteurs de tabacs du Cameroun (FPTC), la Compagnie des tabacs camerounais (CTC) et la Cameroon Golding Wrapper Group (CGWG).

Le 4 février 2021, le tribunal de première instance de Bertoua a débouté la CTC, qui avait saisi la justice pour lui demander de « désigner un administrateur séquestre de tous les stocks de tabac clandestinement acquis par la CGWG SARL et se trouvant dans ses divers entrepôts ou entre les mains de tous tiers, afin de sauvegarder et préserver les droits et intérêts de la requérante ».

L’entreprise requérante estime que la CGWG, contrôlée par un Camerounais, est « une pseudo entreprise, (…) non reconnue dans le fichier des contribuables de l’Etat et travaille dans le secteur en toute clandestinité ». CTC se plaint aussi de ce que ces concurrents qu’elle estime être dans l’informel, achètent le tabac auprès des producteurs subventionnés par ses soins.

Le promoteur de la CTC, le Canadien Joshua Meerapfel, évalue ses pertes à « plus de 100 tonnes de tabacs pour une valeur de près d’un milliard de FCFA, sous réserve des constatations idoines ultérieures ». Or, devant le tribunal, la CGWG a produit tous les documents remis par la délégation régionale du Commerce de l’Est, qui confirme son statut officiel d’exportateur de tabac.

De plus, une descente de terrain effectuée par des responsables des ministères du Commerce et de l’Agriculture a permis d’établir que la CGWG encadre 400 planteurs cultivant sur 82 hectares, pour une production de 41 tonnes par an.

La bataille judiciaire entre la CTC et la CGWG, qui vient de s’achever, remet au goût du jour le problème de l’encadrement des producteurs, généralement soutenus par les opérateurs qui leur offrent équipements et intrants. En retour, le producteur doit réserver sa production à celui qui a offert la subvention.

Mais à cause de la précarité ambiante, il arrive très souvent que le planteur vende sa production à un concurrent, provoquant des tiraillements entre opérateurs de la filière qui produit annuellement près de 1000 tonnes de tabac de cape.

Dominique Mbassi

Dernière modification le mardi, 09 février 2021 12:00

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