Rumeurs, idées reçues, clichés, superstitions, légende : qui dit vrai ? qui dit faux ?
Avec l’élection de Joe Biden, Yaoundé disposée à renforcer ses relations avec Washington

Avec l’élection de Joe Biden, Yaoundé disposée à renforcer ses relations avec Washington

Paru le lundi, 09 novembre 2020 07:14

« M. le président élu Joe Biden, il me plaît de vous adresser mes vives et chaleureuses félicitations, vœux de succès dans l'exercice de votre haute fonction », peut-on lire dans le message que Paul Biya a adressé ce 8 novembre à Joe Biden, le président américain nouvellement élu.

« Je vous assure de ma disponibilité à contribuer au renforcement des excellentes relations entre nos pays », ajoute Paul Biya. Il faut dire pendant le mandat de Donald Trump, les relations entre Yaoundé et Washington ont enregistré des coups de froid. La crise anglophone et l’alternance politique ont été des sujets de friction.

Le tollé provoqué au sein de la classe dirigeante au lendemain du 18 mai 2018 en est une illustration. Ce jour-là, à la sortie d’une audience à lui accordée par le président de la République, Peter Henry Barlerin, l’ambassadeur des États-Unis au Cameroun d’alors, déclare avoir suggéré à Paul Biya de « réfléchir à son héritage et à comment il souhaite que l’on se souvienne de lui dans les livres d’Histoire ».

La réponse de Yaoundé ne s’est pas fait attendre. D’Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication d’alors à Lejeune Mbella Mbella, en charge des Relations extérieures, en passant par Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la présidence de la République (SGPR), le diplomate américain en eu pour son grade à la suite de cet impair qui de l’avis du gouvernement, « infantilisait » le Cameroun et violait « tous les usages diplomatiques, ainsi que les règles de civilité en la matière ».

AGOA

L’autre coup de froid remonte à janvier 2019. Les États-Unis ont décidé d’annuler des programmes d’aide militaire destinés au Cameroun en invoquant de « graves violations des droits humains » qu’auraient commises les forces de défense et de sécurité camerounaise dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

L’exclusion du Cameroun des pays africains bénéficiaires de l’AGOA, un programme mis en place par le gouvernement américain pour faciliter les exportations africaines vers les États-Unis, participe également de cette à cette logique de tension entre le gouvernement camerounais et l’administration de Donald Trump. Washington a motivé cette décision par le non-respect de certains droits de l’Homme au Cameroun.

Les relations commerciales n’ont, non plus, été au beau fixe. En effet, selon l’ambassade des USA à Yaoundé, le montant total des échanges commerciaux entre les deux pays a atteint 366 millions de dollars (près de 212,44 milliards de FCFA) en 2018. Or, en 2014, les échanges commerciaux entre le Cameroun et les USA avaient déjà atteint 294,5 milliards FCFA. Ce qui représente une chute de plus de 82 milliards FCFA.

Dans le top 10 des plus importants acheteurs de produits camerounais au monde, les USA (4,4%) sont classés 4e derrière l’Union européenne (47,4%), la Chine (13,7%), l’Inde (10,6%) en 2019, selon le rapport sur les investissements européens au Cameroun.

Sylvain Andzongo

Lire aussi:

Alternance, crise anglophone, droit de l’Homme… : Peter Henry Barlerin se lâche

Peter Henry Barlerin : « Je quitte le Cameroun le cœur serré »

Cameroun–États-Unis : fin d’un séjour tout en crise pour Peter Henry Barlerin

● E-Arnaques


● Fact Cheking






Inscription à notre newsletter

Chaque semaine la newsletter StopBlaBlaCam


 

Soumettez nous une rumeur à vérifier par nos équipes de journalistes