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Corruption : Dieudonné Massi Gams fait le procès du système judiciaire

Corruption : Dieudonné Massi Gams fait le procès du système judiciaire

Paru le mardi, 14 juillet 2020 09:49

La 4e édition de la Journée africaine de lutte contre la corruption a été célébrée le 10 juillet 2020 au Cameroun sur le thème : « Combattre la corruption grâce à des systèmes judiciaires efficaces et performants ». S’exprimant face à la presse pour la circonstance, le président de la Commission nationale anti-corruption (Conac), Dieudonné Massi Gams (photo), a présenté le système judiciaire comme la poutre centrale de la bonne gouvernance.

Et pour jouer efficacement son rôle de pilier de la lutte contre la corruption, il doit non seulement être porté par des institutions judiciaires fortes, mais aussi entretenir une étroite collaboration avec les autres acteurs de la croisade contre ce véritable cancer social.

Mais à en croire le patron de la Conac, le système judiciaire apparait comme le talon d’Achille de la lutte contre la corruption au Cameroun. La faute aux magistrats, qui ne résistent pas à la tentation. Dieudonné Massi Gams dénonce la « corruption rampante des magistrats » dans une correspondance adressée au président de la République le 23 novembre 2018.

Justice bafouée

Il cite par exemple le conflit opposant des magistrats d’un tribunal de Douala au groupement de gendarmerie territorial de la même ville. Les procureurs « contre de l’argent, torpillent les procédures, ordonnent arbitrairement la libération de criminels et bafouent la justice dans cette partie du pays », s’émeut le président de la Conac.

Dieudonné Massi Gams précise que « les pratiques dénoncées dans le cas d’espèce trahissent un état des lieux général de l’administration de la justice ». Ce malaise, poursuit-il, se caractérise par des griefs comme « le versement des dessous de table, le monnayage des décisions de justice et des actes administratifs, les lenteurs judiciaires et l’embourgeoisement des magistrats ».

Pas de surprise donc que dans ses différents rapports sur l’état de la corruption au Cameroun la justice fasse toujours partie du peloton de tête.

Prévention de la corruption

Pour prévenir et juguler la corruption dans la magistrature au Cameroun, le président de la Conac suggère à Paul Biya « la réforme profonde du Conseil supérieur de la magistrature, afin d’alléger et d’accélérer la procédure de sanction des magistrats dont l’impunité accentue les pratiques décriées ».

Dieudonné Massi Gams recommande également la révision du statut de la magistrature, avec en prime la revalorisation des salaires des magistrats. Tout comme il se convainc que la mobilité régulière des magistrats constitue une solution, la longévité à un poste alimentant ces mauvaises pratiques. On saura si les recommandations du président de la Conac ont trouvé une oreille attentive à l’issue de la prochaine session du Conseil supérieur de la magistrature, prévue le 6 août prochain.

Dominique Mbassi

Dernière modification le mardi, 14 juillet 2020 09:53

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