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Sommet extraordinaire de la Cemac : les enjeux vus d’Etoudi

Sommet extraordinaire de la Cemac : les enjeux vus d’Etoudi

Paru le mercredi, 18 août 2021 06:59

« Évaluation de la situation macroéconomique de la zone Cemac en contexte de pandémie du Covid-19 et analyse des mesures de redressement ». C’est le thème du sommet extraordinaire des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) qui se tient en visioconférence ce 18 août dans l’après-midi. Les travaux seront présidés par le président de la République, Paul Biya, président en exercice de la conférence des chefs d’État de la sous-région.

Selon le dossier de presse fourni par la présidence de la République du Cameroun, ce sommet extraordinaire devrait : « dresser un état des lieux de la situation depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19 en 2019 et la résurgence des crises sécuritaires ; procéder à une évaluation des différentes mesures mises en œuvre dans le cadre de la riposte à la pandémie et répondre aux conséquences économiques, monétaires, financières liées aussi bien au Covid-19 qu’à la crise économique de 2016 ; convenir éventuellement des mesures nouvelles à prendre, tenant compte du contexte actuel caractérisé par les fronts suivants : sécuritaire, sanitaire, économique, monétaire, financier et social ».

Au plan politique, indique Etoudi, la Cemac (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) est appelée à se mobiliser au plus haut niveau et à démontrer son engagement solidaire à faire face aux crises. Au plan sécuritaire, il est question de réaffirmer l’engagement des chefs d’État en faveur de la paix et de la sécurité, et de condamner les actes barbares et criminels perpétrés par les groupes terroristes (notamment djihadistes) dans la sous-région. Au plan sanitaire et social, les chefs d’État comptent en appeler à la mobilisation en faveur de la vaccination contre le Covid-19 pour atteindre le niveau d’immunité collective, en plaidant pour le financement de l’accès au vaccin et renforcé la protection sociale des personnes vulnérables.

Le cœur du Sommet

La participation de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), des présidents des groupes de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement et du ministre français de l’Économie et des Finances indique que les questions économiques, financières et monétaires seront au cœur du Sommet.

Au plan économique, indique Etoudi, il s’agit de : renouveler l’engagement solidaire en faveur du Programme des réformes économiques et financières au sein de la Cemac (Pref-Cemac), et l’entrée des pays de la Cemac dans des programmes de seconde génération avec le FMI ; décider de l’affectation partielle des ressources issues des droits de tirage spéciaux (DTS) au FMI en vue de la réduction des arriérés intérieurs et du renforcement des fonds propres du système bancaire ; atténuer l’exposition des banques sur les États.

Aussi, le Sommet extraordinaire des chefs d'État entend soutenir l’appel de la conférence de Paris du 18 mai 2021, sur la relance des économies africaines, pour une allocation globale d’un montant de 100 milliards de dollars en DTS au profit de l’Afrique. Sans oublier d’exprimer la solidarité de la Cemac en faveur des déclarations d’Abidjan au sujet de la reconstitution des ressources 2020 de l’Association internationale de développement (IDA 20) ; un organisme de la Banque mondiale dont les ressources proviennent de ses États membres les plus riches.

Au plan monétaire, le Sommet a pour ambition de consolider la situation des réserves de change, assurer un retour progressif et prudent à des politiques monétaires et prudentielles orthodoxes, poursuivre les réflexions sur la coopération monétaire internationale vers un cadre plus flexible, réitérer l’engagement des États de la Cemac à conclure des programmes de seconde génération avec le FMI.

Au plan budgétaire, les chefs de l’État, selon la présidence de la République du Cameroun, entendent continuer la consolidation, assurer la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques, veiller à la soutenabilité de la dette en privilégiant les ressources financières à caractère concessionnel. En matière de réformes, il est question de souscrire à une transformation structurelle des économies vers plus de diversification et d’intégration sous-régionale, intensifier la lutte contre la corruption et promouvoir un climat des affaires propice à l’investissement privé.

Selon la Commission de la Cemac, une évaluation récente des incidences de la pandémie de la Covid-19 démontre que les économies de la sous-région continuent de payer le lourd tribut de la pandémie. L’institution évoque : l’augmentation du stock de la dette passé de 49,1% à 55,6% du PIB en un an, le recul des réserves de change (1 116 milliards FCFA, soit 0,3 mois d’importation de biens et services, perdus en un an) et les finances publiques qui se sont privées de 2 747 milliards FCFA du fait des mesures économiques pour soutenir les entreprises.

Sylvain Andzongo

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Dernière modification le mercredi, 18 août 2021 07:04

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