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La transition politique, la question anglophone, la dépendance de la justice… identifiées comme entraves à l’émergence

La transition politique, la question anglophone, la dépendance de la justice… identifiées comme entraves à l’émergence

Paru le mercredi, 18 novembre 2020 09:33

Le gouvernement, pendant l’élaboration du document « Cameroun Vision 2035, Cameroun émergent », a identifié la transition politique, la gestion du double héritage francophone et anglophone, la dépendance du pouvoir judiciaire, le déficit de justice sociale et de participation des populations à la prise des décisions comme des entraves à l’émergence du pays.

S’agissant de la transition politique, le document rappelle que depuis son indépendance il y a 60 ans, le Cameroun a connu une seule transition politique à la tête de l’État. C’était lors du passage de témoin de manière pacifique le 4 novembre 1982.

Depuis ce temps, le pays a connu quelques soubresauts liés notamment à la contestation des résultats des élections ou à l’avènement du pluralisme politique. Le risque d’une instabilité au cours du processus de transition politique existe et pourrait constituer un frein au processus démocratique et de développement.

Héritage anglophone et francophone

Le ministère de l’Économie, qui a élaboré ce document édité pour la première fois en 2009 et réédité en 2019, note que la gestion inadéquate du double héritage francophone et anglophone constitue une entrave au développement. « Donnée majeure dans l’organisation de l’administration, elle lui donne un caractère hybride. Cette dualité se traduit concrètement par un souci permanent d’ajuster les institutions et la répartition dans les hautes fonctions de l’État aux deux composantes du système. » Cette situation nourrit des revendications d’autonomie.

Plus loin, le document souligne que le fait pour le président de la République de nommer les magistrats et de présider le Conseil supérieur de la magistrature est difficilement conciliable avec l’aspiration à une justice indépendante. Et ne milite pas pour une véritable séparation des pouvoirs.

De plus, « les magistrats forment un corps de fonctionnaires dont les modalités de recrutement obéissent aux mêmes canons que les autres agents publics. Ils n’ont donc pas d’onction populaire et ne jouissent pas d’une légitimité identique à celle des députés ou du président de la République », indique « Cameroun Vision 2035, Cameroun émergent ».

Justice sociale

La justice sociale s’adosse sur l’équilibre régional visant à freiner les pulsions des communautés tentées de s’appuyer sur une faible représentativité pour justifier des comportements revendicatifs pouvant entraîner des désordres civils. Toléré dans sa formulation générale, ce principe, dans sa mise en œuvre, donne souvent lieu à des interprétations différentes. Car pour d’aucuns, il s’oppose de fait au principe d’égalité et vogue à contre-courant des exigences de performance. Du coup, pour le gouvernement, « le risque est grand de voir des revendications irrédentistes se multiplier et entraver la bonne marche du pays vers l’atteinte de son objectif de long terme. »

L’hégémonie administrative de l’anglais et du français constitue un frein à la participation d’une importante frange de la population à la gestion publique. Car la maîtrise des deux langues officielles exige une formation scolaire, dont est dépourvue une masse nombreuse et faiblement scolarisée, exclue de facto des centres de décision et de pouvoir.

Gestion publique

Or, insiste « Cameroun Vision 2035, Cameroun émergent », « la participation étant devenue l’une des clés de réussite de toute initiative de développement, réaliser la vision de développement du Cameroun dépendra de la manière avec laquelle les populations seront associées aux mécanismes de gestion. La nécessité d’entreprendre des stratégies pour valoriser nos langues afin de leur donner un statut de dignité, puis d’envisager des organisations même péri-administratives qui les utilisent et permettent à la population de participer aux débats sur le développement se perçoit dans cette perspective ».   

Toutes ces questions ont été remises au goût du jour lors de la présentation officielle de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) le 16 novembre 2020. Elle planifie la deuxième phase de la Vision d’émergence en 2035 et intervient après le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) implémenté de 2010 à 2019. La SND30 nourrit l’ambition d’une transformation structurelle de l’économie en opérant des changements fondamentaux dans les structures productives, industrielles, financières, administratives, sociales et environnementales afin de faire passe le Cameroun de pays à revenu intermédiaire de tranche inférieur à supérieure. Pour y parvenir, il importe de lever les entraves sus-identifiées qui justifient en partie les résultats mitigés obtenus par le DSCE.

Dominique Mbassi

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Dernière modification le mercredi, 18 novembre 2020 10:03

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