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Autoroute Yaoundé-Douala : la mise en service des 60 premiers kilomètres n’est pas pour bientôt

Autoroute Yaoundé-Douala : la mise en service des 60 premiers kilomètres n’est pas pour bientôt

Paru le vendredi, 21 août 2020 05:39

Les 60 premiers kilomètres de l’autoroute Yaoundé-Douala ne seront pas livrés au 30 décembre 2020 comme prévu par le calendrier réactualisé des travaux. L’adjudicataire du marché, China First Highway Engineering Company Ltd (CFHEC), négocie une troisième rallonge des délais auprès du gouvernement. Il faut dire que la première phase de cette infrastructure qui doit, à terme, relier les deux capitales du pays (196 Km), débutée le 13 octobre 2014, pour une durée de 48 mois, a déjà connu deux prolongations de 12 (13 octobre 2018 au 12 octobre 2019) et 14,5 mois (13 octobre 2019 au 31 décembre 2020).

« L’entreprise nous a proposé la date du 31 octobre 2021 », indique Simon Pierre Mbousnoum, le directeur des investissements routiers au ministère des Travaux publics (Mintp). Selon ce responsable, le ministre Nganou Djoumessi a opposé une fin de non-recevoir à cette requête du constructeur chinois. « Le ministre des Travaux publics entend apprécier jusqu’à la fin des délais contractuels, tous les efforts que doit faire l’entreprise », glisse-t-il.

Les raisons du retard

Du côté de China First Highway Engineering, on parle d’un ralentissement des travaux provoqué par les retards dans la libération des emprises et surtout dans le paiement des décomptes. En effet, selon les chiffres avancés par le Mintp, les impayés des travaux exécutés par CFHEC s’élèvent à 40,742 milliards de FCFA. De cette somme, 38, 956 milliards de FCFA doivent être décaissés par Eximbank China et de 1,785 milliards de FCFA par l’État du Cameroun au titre des fonds de contrepartie.

Mais le bailleur chinois conditionne le décaissement de cette somme par le paiement des fonds de contrepartie et la signature du document consacrant le mécanisme de remboursement du prêt adossé au projet. Selon Emmanuel Nganou Djoumessi, le ministère de l’Économie a soumis ce document aux services du Premier ministre pour sanction le 9 juillet 2020. « L’opérationnalisation de ce mécanisme est un engagement lié à la convention, qui stipule qu’après 70% de décaissement du montant du prêt, un mécanisme de remboursement doit être signé entre les deux parties avant tout autre décaissement par le partenaire financier », expliquait-il lors du conseil de cabinet du 29 juillet 2020.

À ces raisons s’ajoutent l’impact de la crise sanitaire due à la pandémie du Covid-19, la laborieuse démolition des masses rocheuses entre PK 40 et PK 60 et les difficultés rencontrées dans les travaux de terrassement en cours sur ce même tracé.

Et même si CFHEC arrivait à respecter ce calendrier, la mise en service de la première portion de l’autoroute ne se fera pas avant 2022. Son exploitation étant conditionnée par la construction de deux voies de raccordement sur un tracé de 25 km.

Ouvrages de raccordements

Le premier ouvrage d’une longueur 10 km est une route (2 X 2 voies) qui permettra aux usagers de rallier le PK 00 de l’autoroute en partant de la poste centrale situé au centre de la ville de Yaoundé. Le deuxième ouvrage de raccordement se fera sur un linéaire de 13 km et partira de Bibodi (PK 60) pour rejoindre la route nationale N° 3 au niveau de Boumnyebel.

Le Cameroun a opté pour un partenariat public-privé (PPP) pour l’exécution de ces « travaux supplémentaires ». Les négociations du PPP avec China Communications Construction Company (CCCC), maison-mère du constructeur de l’autoroute, sont en cours.

Le Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariat (Carpa) confirme que l’État du Cameroun et le partenaire chinois ont pris langue. Mais l’on n’ose pas se prononcer sur le temps que pourraient durer les négociations entre les deux parties. « CCCC n’a même pas encore déposé son offre initiale », informe un cadre du Carpa.

Nonobstant l’étude actuellement menée par Scet/Tunisie et Louis Berger, dit-on « pour réduire les coûts » et arrêter le montant final de ces travaux, tout porte à croire qu’entre la signature du PPP, l’exécution des travaux des ouvrages de raccordement (libération des emprises, terrassements, bitumage, etc.), la mise en service de la première section autoroutière Yaoundé-Douala n’est pas pour demain.

Baudouin Enama

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Dernière modification le vendredi, 21 août 2020 05:46

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