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À Bafoussam, les bonnes affaires de la CAN font rêver de l’organisation d’une Coupe du monde au Cameroun

À Bafoussam, les bonnes affaires de la CAN font rêver de l’organisation d’une Coupe du monde au Cameroun

Paru le mercredi, 26 janvier 2022 10:03

A Bafoussam, la Coupe d’Afrique des nations (CAN) est une aubaine pour l’économie locale, mise à mal par la pandémie de Covid-19 et les mesures prises par les autorités pour endiguer la propagation du virus. « Ça n’a pas été facile avec cette histoire de coronavirus, surtout avec cette limitation du nombre de passagers dans les transports. Alors oui, la CAN pour nous est l’espoir de faire de bonnes affaires et d’essayer un peu d’améliorer notre situation financière », affirme Cédric Tagne, taximan depuis 9 ans.

Le jeune homme de 30 ans se frotte les mains depuis le début de la compétition. C’est que, son chiffre d’affaires et passé du simple au double. « Avant, ma recette journalière était autour de 13 000 francs, hors carburant. Aujourd’hui, c’est le double », confie ce natif de Bafoussam. Cédric a multiplié les aller-retour entre le centre urbain, l’aéroport, le stade de Kouekong et les hôtels où étaient notamment logées les équipes et les délégations de la poule B (Sénégal, Zimbabwe, Malawi et Guinée).

 « La plus grosse somme que j’ai gagnée en une journée est 30 000 francs. J’avais porté des journalistes sénégalais de leur hôtel pour les amener à l’hôtel Tagidor à Bangou (où sont logés les Lions de la Téranga, à une quarantaine de minutes de Bafoussam, NDLR) et les ramener ensuite en ville. Je l’ai fait deux fois », se souvient le taximan, qui a dû réorganiser ses horaires en fonction de ses clients providentiels. Avec l’argent gagné durant cette période, il espère achever la construction de sa maison dont les travaux ont démarré il y a 9 mois.


Clientèle variée


La CAN a également boosté les activités de Mamoudou Djibrilla. « Ma recette journalière aujourd’hui tourne dans les 15 000 francs et plus quand les affaires sont bonnes. Avant, je rentrais chaque jour avec 6 000 francs », affirme le vendeur de tchaï (terme employé dans le septentrion pour désigner le thé), installé depuis 14 ans au quartier Akwa, une zone très fréquentée en soirée. Ses clients se recrutent parmi les locaux, les nationaux et les étrangers.

À un jet de pierre de son commerce se trouve un snack-bar très populaire, construit il y a 20 ans et rénové dans la perspective de la CAN. L’établissement reçoit désormais une clientèle variée. « La CAN nous a apporté des clients étrangers : Sénégalais, Guinéens, Gabonais, Congolais, etc. Nous espérons maintenir ce cap après la CAN », confie l’un des gérants qui se fait appeler Demetrios. Une fréquentation qui a fait grimper les ventes. « Si avant la CAN on vendait 100 francs, aujourd’hui on vend 150, voire plus », poursuit le gérant, peu disposé à s’attarder sur les chiffres.

Du côté des restaurants, le secteur connaît également un regain d’activités avec la CAN. « Il y a beaucoup de gens ici, surtout les jours de match. Et la nourriture se vend plutôt bien et les boissons encore plus », souffle une des serveuses de ce restaurant situé au quartier Tamdja. Le propriétaire a ajouté les mets traditionnels au menu pour satisfaire des clients étrangers en quête de sensations exotiques. Pour un plat de pommes pilées (l’une des spécialités locales), il faut débourser 1 000 francs, contre 2000 francs FCFA pour un plat de poulet.
Les commerçants de produits dérivés de la CAN se « sucrent » également, les maillots du Cameroun et autres gadgets aux couleurs nationales (vuvuzelas, drapeaux, chapeaux, etc.) étant très sollicités par les supporters aussi bien d’ici que d’ailleurs. Marc, vendeur d’articles de sport au marché central, s’est engouffré dans le filon. Et il ne s’en plaint pas.

« C’était timide au début, mais au fur et à mesure que les Lions gagnaient, je gagnais aussi de nouveaux clients », raconte-t-il. « Certains n’ont pas acheté le maillot parce qu’ils pensaient que les Lions (indomptables) allaient être éliminés au premier tour. Vu que nous sommes qualifiés pour les huitièmes de finale, c’est sûr que d’autres viendront acheter le maillot avant le match de lundi prochain (24 janvier, NDLR). Et si on arrive en finale, c’est l’espoir de vendre encore plus », ajoute Marc, à l’affût de clients à accoster.

Rêve de coupe du monde

Le secteur hôtelier, l’un des plus durement impactés par la crise sanitaire, a réussi à tirer son épingle du jeu pendant cette CAN. Depuis le début de la compétition, les hôtels affichent complet, selon les autorités locales. « Les hôtels sont pleins, il n’y a plus de place. Parfois on m’appelle pour me demander si des hôtels sont encore disponibles », soutient le gouverneur de l’Ouest, Awa Fonka Augustine, par ailleurs président de site de la CAN à Bafoussam.

Faute de trouver une chambre dans un hôtel ou en raison des prix, certains se rabattent sur les appartements meublés. À l’hôtel Talotel, l’une des infrastructures retenues pour la CAN, la chambre qui coûtait jadis 30 000 francs est passée à 50 000 francs et celle de 50 000 francs à 80 000 francs. Cette hausse des prix fait partie de la nouvelle grille tarifaire de l’hôtel, adopté suite aux investissements consentis pour moderniser l’établissement de trois étoiles vieux de 35 ans et le mettre aux normes de la Confédération africaine de football (CAF), explique Julianna Yeba, sa directrice d’exploitation. Cet hôtel était notamment le point de chute des journalistes accrédités pour la couverture du tournoi.

 « Nous avons été très touchés par la Covid-19. Cette période n’était vraiment pas facile. La CAN nous permet de sortir la tête de l’eau. Elle nous a aussi permis de gagner en visibilité, car nous avons de nombreux retours sur les réseaux sociaux », ajoute Julianna Yeba. « Il faut qu’on organise autre chose après la CAN pour que je travaille encore bien », espère Cédric le taximan qui, comme beaucoup d’autres, rêve de l’organisation d’une Coupe du monde, séduit par l’idée de se renflouer les poches.

Patricia Ngo Ngouem, de retour de Bafoussam

Dernière modification le mercredi, 26 janvier 2022 10:06

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