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Non, l’Église catholique n’interdit pas la consommation de la viande les vendredis de carême

Paru le vendredi, 03 avril 2020 13:32

Une assertion répandue au Cameroun prétend que l’Église catholique romaine « interdit » de consommer de la viande les vendredis pendant le carême, temps de pénitence pour les fidèles qui dure depuis le mercredi des Cendres jusqu’au jour de Pâques correspondant à la résurrection de Jésus-Christ. En réalité, il ne s’agit pas d’une interdiction comme le croit l’imagerie populaire, mais plutôt d’une « recommandation », précise-t-on du côté du clergé.

« L’église conseille. Pour quelqu’un qui mange rarement la viande, s’il la voit le vendredi, il ne va quand même pas s’abstenir. Il la mangera sans souci, car la véritable abstinence ou pénitence est celle du cœur. “Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements”, nous dit Ésaïe ou encore, selon le Psaume 51 : “Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un cœur broyé en esprit brisé”. Mais si on a l’habitude de consommer la viande tous les jours, on peut s’abstenir de le faire le vendredi », explique un prêtre sous le couvert de l’anonymat.

« L’Église propose à ses fidèles de s’abstenir de viande pendant les deux jours de jeûne strict : le mercredi des Cendres qui marque le début du carême, et le Vendredi saint, jour de la mort de notre Seigneur sur la croix. Les autres vendredis de carême dépendent de la capacité d’un chacun à jeûner dans son vécu spirituel », précise un autre prêtre.

Dans le passé cependant, l’Église catholique défendait aux fidèles de manger de la viande le vendredi, jour de la crucifixion du Christ. « C’est la passion qu’on célèbre. Donc, il est recommandé d’éviter tout ce qui a trait au sang et de se concentrer sur la prière qu’on va élever », justifie un troisième prêtre. Le concile du Vatican II, vaste consultation des évêques tenue de 1962 à 1965, a entraîné l’assouplissement de nombreuses traditions de l’Église catholique, apprend-on.

« Beaucoup de choses ont changé aujourd’hui, notamment avec le Code du droit canonique de 1983 », indique le religieux susmentionné. Le droit canon énonce en effet que « l’abstinence de viande ou d’une autre nourriture (…) sera observée chaque vendredi de l’année, à moins qu’il ne tombe l’un des jours marqués comme solennité ; mais l’abstinence et le jeûne seront observés le mercredi des Cendres et le vendredi de la passion et de la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ ». En d’autres termes, l’Église catholique invite ses fidèles à « faire maigre » particulièrement le Vendredi saint, afin de s’associer à la souffrance du Christ et se rapprocher de « ce qui nourrit vraiment ».

« Longtemps dans l’histoire de l’Église, la viande a été privilégiée pour marquer les fêtes et les célébrations. Dans la plupart des cultures anciennes, la viande était considérée comme un mets délicat et on ne “tuait le veau gras” que s’il y avait quelque chose à fêter. Étant donné que le vendredi était considéré comme un jour de pénitence et de mortification, manger de la viande pour “célébrer” la mort du Christ semblait inapproprié », relate ce site chrétien. Aujourd’hui, la viande n’est plus ce « mets délicat » et les chrétiens sont invités à jeûner de manière globale, en s’abstenant de ce qui les conduit au péché.

Patricia Ngo Ngouem

Dernière modification le samedi, 04 avril 2020 07:37

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