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Non, jeûner n’augmente pas les risques de contracter la Covid-19

Paru le lundi, 27 avril 2020 09:23

Le ramadan a officiellement commencé ce vendredi 24 avril 2020 au Cameroun, dans un contexte marqué par la pandémie de coronavirus (Covid-19). Pendant ce mois sacré, les fidèles musulmans doivent respecter certaines obligations, notamment celle leur interdisant de manger et de boire durant la journée, entre l’aube et le coucher du soleil.

Mais de nombreux fidèles se demandent si le jeûne n’augmente pas les risques de contracter la Covid-19. Une crainte non fondée, selon les médecins. «Si jeûner est compris comme étant une privation de nourriture et/ou d’eau, cela n’accroît pas les risques d’être atteint du coronavirus», affirme le Dr Patrick Nzogang. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) précise également qu’on peut jeûner sans risque, à condition d’être en bonne santé.

«Aucune étude n’a été réalisée sur le jeûne et le risque d’infection par le virus de la Covid-19. Les personnes en bonne santé devraient pouvoir jeûner pendant ce ramadan, comme les années précédentes», indique l’Oms qui a publié mi-avril ses recommandations concernant ce mois de privations et de pénitence qu’on peut retrouver ici.

Toutefois, recommande cette agence onusienne, les fidèles musulmans atteints par le nouveau coronavirus «devraient envisager de ne pas le faire, suivant les dérogations prévues par la religion, en concertation avec leur médecin, comme pour toute autre maladie». En effet, bien que le jeûne du ramadan (l’un des cinq piliers de l’islam) soit une obligation pour chaque musulman, les malades en sont dispensés.

«L’une des conditions pour jeûner est d’être en bonne santé. Dieu dit dans le Coran que quiconque d’entre vous est malade devra rattraper un nombre égal de jours. Donc un malade, dont la maladie ne lui permet pas de jeûner maintenant, peut suspendre le jeûne mais il doit rattraper les jours manqués après. Les personnes souffrant de maladies chroniques, qui imposent la prise des médicaments tout le temps, sont également dispensées du jeûne. Elles vont tout simplement, pour chaque jour de jeûne non accompli, nourrir un pauvre. La liberté est laissée à la personne d’apprécier elle-même le degré de sa maladie. Si elle estime qu’en jeûnant elle sera gênée, elle a la possibilité de suspendre le jeûne», explique l’imam professeur Souley Mane, porte-parole de la Commission nationale du croissant lunaire, structure habilitée à communiquer le début et la fin du ramadan dans le pays.

En clair, les malades souffrant d’une pathologie lourde sont dispensées du jeûne. Cette pratique est également fortement déconseillée aux personnes âgées, les plus vulnérables aux formes graves de coronavirus. De nombreuses études scientifiques démontrent les avantages du jeûne intermittent sur la santé, notamment dans le cas de certaines pathologies comme le diabète et les maladies cardiovasculaires.

«Ce dernier booste nos défenses immunitaires en augmentant l’autophagie qui élimine les cellules malformées, malades ou mortes, génératrices de maladies. L’adopter revient à s’accorder une sorte de purification de l’intérieur, à pratiquer un nettoyage de l’organisme», assure le Dr Frédéric Saldmann, médecin cardiologue et nutritionniste français

Grâce au jeûne, «les défenses immunitaires montent en puissance, une véritable cure de jouvence du système immunitaire entre en action et aide à remonter le temps. Parallèlement au jeûne, l’hormone de croissance antivieillissement grimpe jusqu’à 3000%. Et, surtout, l’inflammation - porte d’entrée des infections virales et de nombreuses autres maladies - chute complètement», ajoute le spécialiste, dont les propos sont rapportés dans cet article.

Patricia Ngo Ngouem

Dernière modification le samedi, 16 mai 2020 12:16

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