Rumeurs, idées reçues, clichés, superstitions, légende : qui dit vrai ? qui dit faux ?

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Absent du meeting qui s’est tenu à Paris (France) le samedi 3 juillet, Maurice Kamto, le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) a salué dans une déclaration signée le 4 juillet à Yaoundé, « la réussite éclatante et populaire » de cette manifestation. « Vous avez montré à ceux qui avaient annoncé votre dispersion et votre découragement que vous êtes plus mobilisés, plus rassemblés et déterminés que jamais », a-t-il lancé à l’endroit des centaines de militants qui ont battu le pavé.

Un enthousiasme qui tranche avec une précédente sortie sur ce meeting. « Le MRC n'organise aucune manifestation ce jour devant l'ambassade des USA à Yaoundé ou ailleurs dans le monde. Il n’en organise aucune devant l'ambassade d'aucun pays dans le monde. Les commanditaires de tels projets doivent se dévoiler et en assumer l’entière responsabilité », a tweeté Maurice Kamto quelques heures avant la manifestation.

Imbroglio

Une position réitérée le 4 juillet par Joseph Emmanuel Ateba, l’un des porte-paroles du MRC. « Le MRC est un parti politique sérieux qui assume et annonce officiellement ses manifestations et n'accepterait pas que des activités soient organisées sous son couvert ». Pour en rajouter à l’ambiguïté, Me Emmanuel Simh déclare le même jour sur un plateau d’Équinoxe TV que « la manifestation d’hier (samedi 3 juillet, NDLR), était organisée par la diaspora camerounaise ». Et le 3e vice-président de ce parti d’opposition d’ajouter : « Ce n’était pas le MRC qui était maitre d’ouvrage. Il y avait évidemment nos militants qui étaient impliqués parce que c’est des Camerounais ».

Le trésorier national du parti tente une explication à cet imbroglio. « Il me semble que c'était en prévision et pour stopper de marches des suppôts du régime diligentées par le régime en direction des ambassades », indique Okala Ebode en réponse à question de savoir pourquoi le président du parti se félicite du succès d’une manifestation qu’il a désavouée. Et d’ajoute que le Maurice Kamto était pour la marche de Paris de samedi 3 juillet : « Dans sa situation, qui ne le serait pas ? », réagit-il.

Parti affaibli

Le MRC a, en effet, été affaibli depuis la présidentielle de 2018 où son président national est arrivé officiellement deuxième avec 14, 23%, loin derrière le président sortant Paul Biya (71,28%). Une suite de déconvenues et de décisions incomprises (contestation des résultats de la présidentielle, boycott des élections , marches du 22 septembre , affaire SCSI…) a entrainé le découragement dans ses rangs. Certains des militants, dont de nombreux cadres et des alliés du parti ont ainsi pris leurs distances.

Le secrétaire national aux droits de l’Homme, Célestin Djamen, a même démissionné et créé son propre parti. Par ailleurs, la rupture a été consommée entre Maurice Kamto et le Christian Penda Ekoka, le coordonnateur du mouvement Agir, allié du MRC. Les deux personnalités ont violemment divergé sur la gestion de Survie Cameroun Survival Initiative (SCSI), une initiative de lutte contre le coronavirus.

Le meeting de Paris, auquel Maurice Kamto a d’abord été annoncé, apparaissait dès lors comme un nouveau test de mobilisation pour ce parti d’opposition crée en 2012. « Nous devons tirer toutes les leçons des expériences électorales passées et des épreuves récentes (…) pour préparer les échéances politiques à venir dont nous ne connaissons pas les échéances. Nous ne devons pas nous laisser surprendre », a déclaré Maurice Kamto dans son communiqué du 4 juillet 2021. Pour cet ancien ministre de Paul Biya, les militants du MRC doivent rester mobilisés « pour ne pas manquer le virage historique qui se profile devant notre peuple ». 

Ludovic Amara

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Maurice Kamto (photo), a rendues publiques, cette semaine, les conclus du second audit diligenté après que le premier, confié au cabinet ACDB Consulting, est été incapable d’établir de manière formelle l’origine de l’écart constaté entre le montant affiché sur le site internet de collecte des dons (www.cameroonsurvival.org) et le montant mis à la disposition de Survie-Cameroon Survival Initiative (SCSI), une opération de collecte de fonds qu’il a lancée en avril 2020 pour participer la lutte contre le Covid-19 au Cameroun.

Ce second audit, conduit par un consortium de trois firmes, dont deux néerlandaises et une indienne (Adequi, HCS Company et Loop IT Methods), a conclu qu’un bug informatique est à l’origine de ce gap estimé à plus de 300 millions d’euros, soit près de 200 millions de FCFA.

« L’écart est créé par un bug informatique créé par certaines composantes du logiciel pour comptabiliser les dons sur le site Cameroonsurvival.org. Il s’agit notamment du plugin commercial WordPress (Give WP) et du convertisseur de devises (currency switcher) qui interprétait de manière erronée le “.” et la “,” pour certaines devises », explique un communiqué produit à l’occasion.  

Le bug se serait manifesté à compter du mois de juin 2020 lorsque, à la demande de donateurs, la possibilité a été offerte d’effectuer des dons en ligne en des devises autres que l’euro qui était jusque-là la devise de base. Créant ainsi des difficultés de comptabilité pour ces dons effectués dans une devise qui utilise un séparateur décimal différent de celui utilisé en euros. Au total 91 dons effectués en dollars des États-Unis d’Amérique et en livres sterling sont concernés.

Alors que des inquiétudes commençaient à se manifester sur cette question, le Pr Kamto a tenu à rassurer les donateurs. La confusion ne concerne que le cumul des dons sur le site internet et pas au niveau du compte bancaire. 

« Le bug informatique en question n’a affecté que les montants affichés sur le site internet de SCSI. Tous les dons effectués en ligne ont pu être reçus dans leur intégralité par Stripe et PayPal et entièrement reversés à SCSI. En conséquence, aucune perte financière de quelque nature que ce soit n’a été subie ni par SCSI ni par les donateurs », a indiqué celui qui est par ailleurs président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun. 

À la suite de ces éclaircissements, l’initiateur du projet a annoncé ultérieurement un rapport moral sur la gestion des fonds.   

Vanessa Ngono Atangana

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Martin Ambang n’est plus conseiller spécial de Maurice Kamto, le président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). « Je refuse de continuer à militer dans ce parti dont les pratiques ont cessé depuis longtemps de cadrer avec mes convictions. Nous avons mis le MRC en place pour aboutir à un véritable changement dans notre pays et non pour faire partir Paul et installer Maurice », a-t-il déclaré hier 11 février 2021 à Yaoundé.

Ancien journaliste de la CRTV, Martin Ambang fait partie des cadres de la première heure du MRC dont il a rejoint les rangs en 2012 avant d’en devenir le 2e vice-président en septembre de la même année. Au bout de neuf ans de militantisme au sein du MRC, ce transfuge du Social Démocratic Front (SDF) ne digère plus d’être marginalisé et surtout la mauvaise gestion du parti caractérisée par des décisions prises de manière unilatérale par le président national, « comme si cela avait fait l’objet d’un débat au sein du directoire du parti ».

Parmi les points d’achoppement entre Maurice Kamto et son ancien conseiller, figurent en bonne place les mécanismes de dévolution du pouvoir au sein du MRC. En effet, Martin Ambang et certains autres cadres du parti accusent Maurice Kamto de verrouiller les textes à sa guise pour maintenir le parti sous son contrôle et de rester indéfiniment à la tête du MRC. « Les statuts réactualisés du MRC en 2018 voient certaines de ses dispositions modifiées au profit du président national, qui souligne que son mandat commence en 2018 alors que les statuts adoptés ne contenaient pas cette disposition. Où est donc la différence avec ceux qui sont actuellement au pouvoir. Ça veut dire qu’il ferait la même chose une fois au pouvoir », critique le démissionnaire.

L’organisation des marches de contestation et la non-participation du MRC aux élections législatives et municipales de février dernier sont également à l’origine du divorce entre le président du MRC et Martin Ambang. « Le Pr Kamto qui vient de nous faire travailler pendant trois jours et trois nuits vient nous annoncer à la fin que le MRC n’ira pas aux élections législatives et municipales, alors qu’il savait avec deux ou trois membres du directoire qu’on n’ira pas à ces élections », se souvient-il.

Sur ce dernier point, le choix du président du MRC est vertement critiqué au sein de son parti. Avant Martin Ambang, Célestin Njamen (démissionnaire) et Michèle Ndoki militante du MRC (jusqu’ici), ont récemment désapprouvé cette décision à visage découvert.

De fait, le boycott des scrutins du 9 février 2020 a provoqué un malaise en sourdine qui mine le mouvement depuis près d’un an. Certains militants du MRC, estiment en effet qu’en optant pour ce boycott, Maurice Kamto a fait preuve « d’égoïsme » dans la mesure où cette non-participation aux élections a brisé les carrières politiques de plusieurs cadres du MRC. Autant dire que le départ de Martin Ambang ne clôt pas la liste des démissionnaires du MRC.

Baudouin Enama

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L’audit commandé par Maurice Kamto n’a pas permis de faire toute la lumière sur la destination des fonds mobilisés dans le cadre de l’opération Survie Cameroon Survival Initiative (SCSI). Il s’agit d’une initiative lancée, le 3 avril 2020, par le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), afin de lutter contre la pandémie de Covid-19.

De la note de synthèse de l’audit, réalisé par le cabinet « ACDB Consulting », on apprend que « la totalité des dons nets reçus dans le compte SCSI (806 300 euros, près de 530 millions de FCFA) a été affectée aux dépenses liées à l’objectif principal de l’initiative survie Cameroun ; soit 85% consacrés directement à l’objectif, 10% consacrés aux frais juridiques et aux frais de mobilisation et 5% de solde ». Mais l’auditeur avoue être dans l’incapacité de dire si tous les fonds collectés ont été virés dans le compte de SCSI. C’était pourtant l’une des missions qui lui avaient été assignées.

Effet, selon le président du comité de gestion de SCSI, Christian Penda Ekoka, l’idée de réaliser « cet audit indépendant » est née « suite à l’écart constaté entre le montant affiché sur le site internet (de collecte des dons) et le montant mis à la disposition de SCSI ». Le cabinet confirme certes le gap, évalué à 331 122 euros (soit plus 217 millions de FCFA). Mais, il affirme qu’« en l’état actuel des observations, il n’a pas été possible d’établir de manière certaine et formelle l’origine de cet écart ».

9 administrateurs pour un site

ACDB Consulting, qui demande une enquête plus approfondie, privilégie cependant, la piste de « la mise en place d’un système multi-passerelle ou l’implémentation d’un compte bancaire en ligne alternatif en lieu et place du compte officiel ». C’est que, le site internet de collecte des fonds compte pas moins de neuf administrateurs avec les mêmes droits et privilèges. « La multiplicité des administrateurs sur un site internet est un facteur de risque important », explique l’auditeur. « De plus, il s’agit d’un site de collecte de dons dans lequel nous avons démontré, dans les protocoles, que la suppression de lignes de don ou la modification du statut d’un don est une opération facile à appliquer », poursuit-il.

La synthèse de l’audit est par ailleurs muette sur le sort du secrétaire de la fédération régionale du MRC en Europe. Henri Djoko, soupçonné de malversations dans la collecte des dons, avait même été suspendu par Maurice Kamto. « L’intéressé devra se tenir à la disposition de l’auditeur commis dans le cadre de cet audit pendant toute la durée de celui-ci. Il devra fournir à l’auditeur toutes les informations en sa possession dont celui-ci aurait besoin pour un bon accomplissement de sa mission, notamment celles relatives aux plateformes de collectes de dons et aux comptes bancaires liés à l’opération SCSI », précise la décision de suspension.

Volonté de transparence contrariée

En effet, c’est cette fédération qui a créé un site internet dédié à la collecte des dons à travers les opérateurs bancaires Stripe et PayPal. Elle avait également la charge de virer dans un compte domicilié à la banque CIC basée à Strasbourg en France.

En plus le même jour, un communiqué publié à Zurich vient en rajouter à la confusion : « Une synthèse de ce rapport (d’audit NDLR) a été rendue publique via les réseaux sociaux. L’équipe technique, pourtant partie prenante, n’a curieusement pas été auditée et reste à cet instant toujours en attente dudit rapport ».

Christian Penda Ekoka, pour couper court à toutes les conjectures, clame sa volonté de transparence. Il promet, dès la fin de l’audit complémentaire, de mettre à la disposition de tout le monde « tous les documents relatifs à l’initiative SCSI, y compris le rapport intégral de l’auditeur indépendant, à travers un site internet dédié qui sera plus facile d’accès dans les toutes prochaines semaines ».

Sauf que d’aucuns doutent de cette volonté, en rappelant, par exemple, que l’auditeur a été recruté sans appel à candidats, sur une base que seul Christian Penda Ekoka connait.

Dominique Mbassi

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Dans une interview accordée hier 21 janvier 2021 à la chaine de radio ABK, Michel Ndoki a critiqué le mot d’ordre boycott des élections observé par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).

« Concernant le fait que le MRC a décidé de boycotter les dernières élections législatives et municipales, sincèrement je n’étais pas très à l’aise avec le processus ayant conduit à cette décision. Je trouve regrettable que la décision a été prise le dernier jour du délai d’inscription aux élections », a déclaré la vice-présidente de l’organisation des femmes du MRC.

Sans le citer, l’avocate qui s’apprêtait à faire acte de candidature aux législatives du 9 février 2020, soupçonne le président du MRC, Maurice Kamto (photo), d’avoir décidé tout seul ou avec « quelques membres du parti » de boycotter ce scrutin.

Rixe

La sortie de Michèle Ndoki rejoint les déclarations formulées par Célestin Njamen, l’ancien secrétaire aux Droits de l’Homme du MRC qui a claqué la porte de ce mouvement politique le 14 décembre dernier.

Même si l’avocate a tenté de calmer le jeu en précisant : « aujourd’hui ça fait partie du passé. Il faut à présent se préoccuper du présent et de l’avenir du peuple camerounais […] Je n’ai pas l’intention de démissionner du MRC ! », cette sortie de Michèle Ndoki a provoqué le tollé au sein du MRC.

La critique de la jeune avocate a même suscité une levée de boucliers chez les fervents supporters de Maurice Kamto. Dans un poste commis sur sa page Facebook, le rappeur Valsero s’est par exemple attaqué à Michèle Ndioki en ces termes : « Ils ne s’intéressent à vous que parce que vous avez une carte de membre du MRC et que vous parlez de Maurice Kamto. La seule chose qui vous rend intéressant à leurs yeux c’est qu’à travers vous ils peuvent nuire à Maurice Kamto ».

Et d’ajouter : « Une fois que vous aurez démissionné, parce que vous finirez par démissionner, vous n’aurez plus la moindre valeur à leurs yeux, votre activisme ne sera que l’expression d’une grande frustration sans la moindre possibilité de les inquiéter. Alors ils vous jetteront comme une orange pressée. Les exemples sont légion ».

Malaise

Ce désaccord entre Valsero et Michèle Ndoki n’est en réalité que le côté visible d’un malaise souterrain qui mine le MRC depuis quelques mois. De l’avis de certains militants du MRC, Michèle Ndoki et Célestin Njamen ne seraient que des porte-voix de ce malaise qui perdure. 

Cette franche d’adhérent « tièdes » estime en effet qu’en optant pour le boycott, Maurice Kamto a fait preuve d’égoïsme. « Pendant l’élection présidentielle, nous nous sommes investis financièrement et humainement pour soutenir sa candidature. C’était dans un contexte marqué par la crise anglophone et le même code électoral. D’où vient-il qu’à notre tour, ils nous empêchent d’aller à la conquête des postes de conseillers municipaux, de maires et de députés ? », s’interroge un militant. Et de conclure « Ce choix a brisé les carrières politiques de certains de nos membres ».

Baudouin Enama

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Dans une communication rendue publique le 9 décembre 2020, le secrétaire à la communication du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Jacques Fame Ndongo, soutient qu’au Cameroun, les partis politiques qui ont boycotté un scrutin depuis l’élection de la toute première Assemblée représentative le 22 décembre 1947 ont toujours raté un rendez-vous avec l’Histoire.

Pour le porte-voix du parti au pouvoir, « ceux qui se réfugient dans la politique de l’autruche, en boycottant les élections et en quêtant ou en guettant en vain le soutien du peuple camerounais sans affronter les urnes, sont condamnés à attendre un ‘’deux ex machina’’ qui descendrait du ciel ou de la rue pour leur octroyer le pouvoir ».

Jacques Fame Ndongo fait une allusion à peine voilée au Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), qui a appelé au boycott et organisé des marches de protestation contre les élections régionales du 6 décembre 2020.

Le leader du MRC, Maurice Kamto, avait déjà prôné le boycott des élections législatives et municipales du 6 février, ruinant de ce fait ses chances aux régionales. En effet, le MRC ne dispose d’aucun conseiller municipal parmi les plus de 10 000 qui constituent l’un des deux collèges électoraux.

Dans une déclaration sur les élections régionales du 6 décembre, Maurice Kamto explique que « de manière récurrente, le MRC a informé en son temps l’opinion publique nationale et internationale qu’il refusait de prendre part aux élections législatives et municipales de cette année, en l’absence d’une réforme consensuelle du système électoral et la résolution politique de la crise anglophone ».

Avec une pointe d’ironie, Jacques Fame Ndongo note plutôt qu’« on ‘’combat’’ légalement un adversaire politique en respectant scrupuleusement les lois et règlements de la République, sans état d’âme ni jérémiade ». « Au lieu de se livrer à un ubuesque jeu de politique-fiction et d’hétéro-diabolisation, les partis qui abhorrent les urnes doivent, se préparer dès à présent aux échéances électorales futures » qui, d’après le communicateur du parti présidentiel, sont lointaines mais certaines.

D.M

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Le gouvernement se félicite du bon déroulement des premières élections régionales le 6 décembre 2020, en dépit des « menacées proférées par les terroristes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’assassinat par ceux-ci d’un conseiller municipal de Widikum et les appels au boycott lancés par des partis politiques en perte de vitesse ou animés par un projet insurrectionnel ».

Et au regard du calme qui règne dans le pays, le ministre de la Communication (Mincom) et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, annonce dans un communiqué publié le 8 décembre, un « réajustement des mesures prises pour mettre en échec le mouvement insurrectionnel lancé par le MRC (Mouvement pour la renaissance du Cameroun) le 22 septembre 2020 ».

Ce jour-là en effet, le leader de ce parti d’opposition, Maurice Kamto, a appelé à des marches de protestation contre la convocation des deux collèges électoraux le 7 septembre en vue de la tenue du scrutin de dimanche dernier. Une initiative qui a valu à plusieurs dizaines de militants de cette formation politique d’être interpellés et conduits en prison et à son leader d’être assigné à résidence surveillée.

L’allègement des mesures annoncé se traduit déjà par le relâchement de « plusieurs personnes interpellées dans le cadre de ce mouvement insurrectionnel, d’autres le seront au fur et à mesure de l’évolution des procédures judiciaires et en considération de leur degré d’implication et de la menace qu’ils représentent pour la société », annonce le ministre de la Communication (Mincom) et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, dans un communiqué publié le 8 décembre.

Interrogées par SBBC, plusieurs sources au sein de l’appareil sécuritaire évoquent la levée imminente du dispositif des forces de maintien de l’ordre positionné autour de la résidence de Maurice Kamto. Cependant, poursuit le Mincom, « la situation du leader du MRC et de son parti continuera de faire l’objet d’un examen attentif par les instances judiciaires et administratives compétentes ».

Pour René Emmanuel Sadi, la mesure d’allègement du gouvernement traduit l’attachement du président de la République, Paul Biya, « au dialogue et à la concertation dans la recherche des solutions aux problèmes auxquels notre pays est confronté ».

D.M.

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Dans une tribune libre publiée vendredi dernier, Djeukam Tchameni critique la qualité des rapports entretenus entre les membres de l’opposition politique au Cameroun. « Il règne depuis 2 ou 3 ans un climat malsain au sein de ce que l’on peut appeler opposition au Cameroun », déplore le président du Mouvement pour la démocratie au Cameroun et l’interdépendance (MDI). Une entité politique qui œuvre pour la mise en place d’un « Large Front de toutes les forces du changement ».

« Certains qui s’autoproclament des « vrais opposants » accusent les autres d’être des taupes », note cet acteur qui a occupé les premières lignes dans le combat politique lors de la venue du multipartisme (années 1990). Ancien compagnon de lutte d’Anicet Ekane, Me Yondo Black, Ni John Fru Ndi etc. Djeukam Tchameni, fustige également le manque de reconnaissance des jeunes loups de la nouvelle classe opposante à l’endroit des anciens. 

« D’autres qui ont fait leur entrée dans la lutte récemment déclarent que tous ceux qui ont lutté avant eux ont échoué et n’ont rien à apporter -même sous forme de conseils- dans le combat de l’heure, car les temps ont changé », fulmine-t-il. L’intolérance « extraordinaire » et la « promotion de la pensée unique » qui caractérisent ces responsables politiques qui ambitionnent de prendre la place de Paul Biya, l’incommode au plus haut point. « Soit tu es d’accord en tous points de vue avec moi, soit tu es un infiltré qui fragilise l’opposition ».

Pis, « Les chantres de ce doute systématique et cette suspicion généralisée sont paradoxalement des anciens rdpcistes récemment convertis à l’opposition. Ayant un passé douteux qu’ils souhaitent cacher, ils veulent effacer l’histoire des luttes antérieures. Ne s’étant pas départis de l’esprit dictatorial du parti unique, ils sont allergiques à tout débat contradictoire ».

Si Djeukam Tchameni se garde de citer nommément les personnalités politiques visées par son brulot, la cible de cette volée de bois vert se précise dans la suite de sa déclaration : « Ce qui est le plus amusant est que ces anciens collaborateurs de Biya que l'on a accepté par tolérance démocratique au sein de l'opposition veulent désormais être ceux qui distribuent les bons points et dire qui est un ‘’vrai opposant’’ et qui ne l'est pas. ? c'est le monde en l'envers », assène-t-il.

Pour qui connaît l’environnement politique du pays, les choses semblent claires. A l’analyse, cette saillie donne à penser que Djeukam Tchameni s’adresse en premier chef à Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).

En tout cas, la lecture entre les lignes des deux dernières strophes ci-dessus tirées de sa tribune laisse peu de place au doute quant à ce que cette sortie vise à accabler l’ancien membre du gouvernement qui a occupé le strapontin de ministre délégué auprès du ministre de la Justice entre 2004 et 2011.

De plus, classés 2e avec 14,23 % des suffrages à l’élection présidentielle de 2018, Maurice Kamto et son parti se positionnent comme la principale force politique de l’opposition face au régime de Paul Biya. Sur les réseaux sociaux, des membres de ce mouvement politique qui ont boycotté les récentes élections législatives et municipales, sont très souvent pris à partie pour leur intolérance vis-à-vis de ceux qui osent porter critique sur leur leader.

Alors que le MRC s’activait à organiser les marches interdites du 22 septembre dernier, Dominique Djeukam Tchameni avait été reçu au siège du MRC par Maurice Kamto. « Avec Maurice Kamto, nous avons parlé de la construction d'une collaboration MDI-MRC en vue de la mutualisation de toutes les forces politiques et sociales du Cameroun et de la diaspora, afin d'obtenir la paix dans le NOSO et un code électoral consensuel et ce, par tous les moyens légitimes et pacifiques. L'unité fera notre force… », avait déclaré le président du MDI. C’est à croire qu’après cette charge du Leader du MDI, les termes de cette « collaboration » vont changer. Surtout après la levée de boucliers observée depuis la publication de ce pamphlet le réseau social Facebook.

Baudouin Enama

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Pour Cabral Libii, l’assignation à résidence de Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), est un « abus ». Invité de l’émission Sacré-Matin diffusée sur Radio Balafon, une chaine urbaine basée à Douala, le député et président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) s’est exprimé au sujet de la situation de cet opposant dont le domicile est bouclé depuis trois semaines par les forces de maintien de l’ordre.

« Le Pr Kamto ne peut être surpris par sa situation actuelle, parce que ce type d’abus et de brimades existent dans ce pays depuis bien longtemps, y compris quand il était au ministère de la Justice », a lâché le candidat classé troisième à la présidentielle d’octobre 2018 avec 6% des suffrages exprimés.

Dans un extrait posté sur son compte Twitter officiel, le parlementaire estime que la privation de mouvement, appliqué à cette figure de la nouvelle opposition politique au Cameroun, aura des répercussions sur les activités du MRC.

Maurice Kamto et son parti sont à l’origine des manifestations observés dans quelques villes du pays le 22 septembre dernier. Ces marches visaient à protester contre la tenue des élections régionales avant la résolution de la crise anglophone et la réforme du système électoral, en appelant au départ du président Paul Biya, donné vainqueur de la présidentielle de 2018 avec 71% des votes contre 14% pour le leader du MRC.

Soupçonné de fomenter un projet insurrectionnel visant à renverser le pouvoir de Yaoundé, Maurice Kamto a vu sa résidence placée sous la surveillance des unités de police et de gendarmerie. À l’en croire, personne n’est autorisé à entrer ni sortir.

Lundi dernier, le groupe de travail des experts placés sous l’égide du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH) a demandé la libération de l’agrégé de droit public. Selon le gouvernement, sa situation fait l’objet d’un « examen approfondi » par les autorités judiciaires.

BE

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Dans un communiqué publié le 12 octobre, les experts des droits de l’Homme de l’ONU demandent au gouvernement camerounais de « libérer le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, Maurice Kamto, qui est assigné à résidence avec sa famille » depuis le 21 septembre dernier.

De l’avis de ces experts indépendants qui travaillent sous l’égide du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH), « L’assignation à résidence de Kamto pourrait constituer une privation de liberté, en violation de ses droits à la liberté de réunion pacifique et d’association, ainsi que de la liberté et à la sécurité de sa personne ».

Le communiqué publié sur le site du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme informe que les préoccupations d’experts ont déjà été signifiées aux autorités camerounaises. Selon eux, « le Cameroun devrait célébrer et accepter la dissidence, car une véritable démocratie prend en compte les demandes de la population au lieu de les réprimer ».

Enquête

Le groupe de travail demande par ailleurs à Yaoundé de libérer les autres individus arrêtés lors de manifestations organisées le 22 septembre 2020. Sur la même lancée, il suggère l’ouverture d’une enquête « impartiale » sur « les violations des droits de l’Homme, y compris les allégations de disparitions forcées, de détention arbitraire et de mauvais traitements infligés aux manifestants, et de traduire les auteurs de ces actes en justice ».

Le gouvernement camerounais n’a pas encore réagi à cette sortie. À l’origine d’une série de manifestations interdites par les autorités camerounaises, Maurice Kamto est soupçonné de fomenter un projet insurrectionnel visant faire partir le président Paul Biya, réélu à 71% en octobre 2018, du pouvoir.

Pour le gouvernement, les arrestations des manifestants ne sont pas perçues comme une violation des droits de l’Homme. Ils participent des opérations de maintien de l’ordre public dans la mesure où, malgré l’interdiction des manifestations et des mises en garde formulées par les pouvoirs publics, les marcheurs du 22 septembre dernier ont tenté de braver l’autorité de l’État.

Un communiqué publié le 26 septembre dernier par le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, précise que les personnes arrêtées dont les responsabilités ont été jugées « infimes » ont été libérées. En revanche, les donneurs d’ordre et les meneurs des marches « répondront de leurs actes devant la justice ».

Le porte-parole du gouvernement avait par ailleurs indiqué que la situation du MRC et de son leader fait l’objet d’un examen attentif par les ministères de la Justice, et de l’Administration territoriale, tutelle des partis politiques au Cameroun.

BE

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