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POLITIQUE

POLITIQUE (1476)

Paul Biya menace de sanctionner les DG d’entreprises publiques pour des voyages à l’étranger sans autorisation

Une lettre du secrétaire général de la présidence de la République (SGPR), datée du 19 février dernier, consultée par SBBC, et adressée au secrétaire général des services du Premier ministre, révèle que le palais d’Etoudi souhaite réguler les déplacements des Directeurs généraux d’entreprises d’État. Dans cette lettre, le SGPR Ferdinand Ngoh Ngoh avertit que des « sanctions appropriées seront désormais prises à l’encontre de tout haut responsable qui s’aviserait de quitter le territoire national sans l’autorisation préalable du chef de l’État ». À en encore le ministre d’État SGPR, le but de ce contrôle strict est la « réduction des dépenses de fonctionnement de l’État ».

Cette mise en garde vient d’après un constat de ce proche collaborateur du chef de l’État que « les directeurs généraux, directeurs généraux adjoints et président de conseil d’administration des entreprises et établissements publics continuent de se rendre à l’étranger sans avoir obtenu au préalable les autorisations de sortie requises à cet effet ». Les ministres qui assurent la tutelle technique de ces entreprises publiques sont chargés de transmettre ces instructions. Une mesure qui les concerne, par voie de conséquence, de nombreux ministres sont des présidents de conseil d’administration des entreprises publiques.

À noter que l’avertissement du SGPR Ngoh Ngoh est assorti d’une mobilisation des autorités aéroportuaires et des responsables des forces de sécurité « en vue de la stricte application » des instructions du président de la République relatives à la sortie du pays des hauts responsables concernés.

En rappel, une circulaire du 23 février 2018 du Premier ministre Joseph Dion Ngute avertissait déjà ces hautes responsables d’entreprise que « l’attention du président de la République a été appelée de manière récurrente sur plusieurs dérives observées dans le cadre des missions et déplacements à l’étranger des présidents des conseils d’administration, administrateurs, directeurs généraux et directeurs généraux-adjoints des entreprises et établissements publics. Outre le fait que certaines de ces missions s’effectuent sans autorisation préalable des autorités de tutelle compétentes, leur plus-value pour l’entreprise ou l’établissement public concerné(e) n’est pas toujours établie ».

Un avertissement qui ne semblait pas avoir été pris en compte, car en novembre 2022, déjà, c’était la DG de la Cameroon Telecommunications (Camtel) qui se faisait remonter les bretelles par sa tutelle technique, la ministre des Postes et Télécommunications à propos de ses « déplacements récurrents » à l’étranger qui s’effectuaient « en violation des textes en vigueur ».

Cette fois, c’est la présidence de la République qui menace de sanctions les hauts responsables de sociétés d’État qui voyageraient à nouveau sans autorisation du président Paul Biya.

L.A.

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Paru le vendredi, 01 mars 2024 11:49

Célestin Tawamba critique la qualité des financements proposés aux entreprises camerounaises par l’Union européenne

A la Business Week que l’Union européenne organise à Yaoundé du 20 au 22 février à Yaoundé, pour présenter les projets gouvernementaux et ceux des PME aux investisseurs européens, le président du patronat camerounais a mis à l’index les investissements des 27 au Cameroun. Pour Célestin Tawamba, président sortant du Gicam et unique candidat à la présidence du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), les PME camerounaises ont besoin de financements, pas d’aide.

« Nous avons besoin de financements, des vrais. Et lorsqu’on donne des investissements, il faut que ce soit adapté à celui qui a besoin. Mais souffrez que l’on vous dise que beaucoup d’investissements que vous faites ne sont pas adaptés à ce dont nous avons besoin », a déclaré Célestin Tawamba. Il s’exprimait ainsi lors de son exposé dans le panel sur l’environnement des affaires, le climat des investissements et les opportunités de commerce et d’investissements au Cameroun.

Pour l’homme d’affaires, « très souvent, les montants des coûts des guichets sont trop élevés. Beaucoup entendent des chiffres, des centaines de milliards. Ils ont besoin juste des millions, mais ils ne les ont pas », a-t-il insisté. À l’en croire, si l’Union européenne déclare souvent appuyer des banques, celles-ci restent inaccessibles. « J’entends dire, nous appuyons les banques, nous leur donnons des garanties. Mais ces banques ne sont pas alignées avec ce que vous donnez, parce que les conditions sont extrêmement élevées ».

À titre de comparaison, l’ancien président du Gicam prend l’exemple de la Côte d’Ivoire. « Comparés à la Côte d’Ivoire, les investissements de l’Union européenne (au Cameroun) sont beaucoup trop peu. Il faudrait augmenter de manière massive les investissements au niveau du Cameroun », a-t-il souhaité, avant de relever que pour les PME, il faudrait changer de paradigme. « Vous donnez, mais les conditions sont inaccessibles, donc à la fin, vous ne donnez pas », a-t-il conclu.

Piqué au vif par ce discours et les applaudissements qui l’ont accompagné, l’ambassadeur chef de la délégation de l’Union européenne au Cameroun a déploré, sans le citer, les reproches du chef du patronat camerounais. Luc Chataignier a défendu l’approche de l’Union européenne et ses instruments de financements au Cameroun. « L’esprit de cet évènement (la Business Week), l’esprit de partenariat, c'est de travailler ensemble, de co-construire ensemble, de réfléchir ensemble aux choses qui vont bien et aux choses qui vont mal, et pas forcément de se jeter des noms d’oiseaux en disant, vous faites les choses mal, vous n’êtes pas utiles. Non, L’idée de ce n’est pas cela », a réagi le diplomate.

En déclarant avoir « entendu dans les applaudissements les besoins de financements des PME camerounaises », Luc Chataignier a reconnu : « sur les questions de PME, on a bien conscience que l’accès des PME aux financements n’est pas simple au Cameroun en général parce que le secteur des banques est un peu adverse aux risques et aussi parce que le taux de sinistralité des entreprises dans le secteur bancaire est assez élevé ». Aussi, a-t-il précisé : « il n’y a pas un cercle vertueux de financement qui existe pour les PME. Nous sommes en train de travailler dessus, nous avons mis en place des instruments ».

L.A.

Paru le mercredi, 21 février 2024 10:21

En 2024, le Mintp prévoit de transférer 14 milliards FCFA aux Collectivités territoriales pour l’entretien des routes

Pour l’année en cours, le ministère des Travaux publics (Mintp) a prévu de transférer pas moins de 14 milliards FCFA aux Collectivités territoriales décentralisées. Ces fonds décentralisés sont destinés à des travaux d’aménagements et d’entretien routier. Les 10 conseils régionaux devraient recevoir 2 milliards FCFA contre 12 milliards FCFA pour 360 communes que compte le pays.

Chacune des régions devrait recevoir à parts égales 200 000 millions FCFA pour des travaux de réhabilitation ou de construction d’ouvrage d’art. Le total du linéaire concerné est évalué à 119 km, d’après un document du Mintp consulté par SBBC.

Du côté des communes, c’est plus de 1 200 km de routes qui devraient être aménagées ou réhabilitées.

En rappel, le ministère des Travaux publics prévoit de livrer cette année plus de 800 km de routes bitumées, 504 km de routes bitumées entretenues et 2 500 km de routes en terre entretenues. Pour ce faire, le Mintp a demandé et obtenu du Parlement l’allocation d’un budget 2024 qui s’élève à 569 milliards FCFA, 508 milliards FCFA pour l’investissement et 45 milliards FCFA destinés au Fonds routier.

L.A.

Paru le jeudi, 15 février 2024 13:07

Des obsèques officielles pour le Joseph Owona, ancien ministre et ancien membre du Conseil Constitutionnel

Dans un décret signé hier 14 février, le président de la République décide de l’institution d’obsèques officielles, « en l’honneur de monsieur Owona Joseph, ancien ministre, membre du Conseil constitutionnel ». Ces obsèques officielles se tiendront le samedi 17 février à Akom Bikoe, dans le département de l’Océan, région du Sud.

Professeur agrégé et universitaire émérite, le professeur Joseph Owona était un enseignant de droit constitutionnaliste. Il est décédé le 6 janvier dernier en France.

Après avoir été plusieurs fois ministre, secrétaire général de la présidence de la République et éminence grise du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) au pouvoir, le professeur Joseph Owona a dirigé un comité de réécriture des textes de la Fédération camerounaise de football. Depuis 2020, il était l’un des membres du Conseil constitutionnel.

L.A.

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Nécrologie : décès du professeur Joseph Owona, ancien ministre et proche collaborateur de Paul Biya

Paru le jeudi, 15 février 2024 10:49

79e Assemblée générale de l’ONU : Philemon Yang adoubé par l’UA pour le poste de président

SBBC a appris de sources diplomatiques que l’ancien Premier ministre (2009-2019), Philemon Yang (photo), a été adoubé ce 14 février par l’Union africaine (UA) pour occuper la fonction, en septembre prochain, de président de la 79e Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui correspond à la session de l’année 2025. « Tout s’est joué au sein du Comité ministériel de l’UA sur les candidatures africaines aux postes de responsabilité dans le système international », précise un diplomate camerounais présent à Addis-Abeba, siège de l’UA.

« On sait qu’après cet adoubement, le reste sera des formalités c’est-à-dire l’adoption de la décision par le Conseil exécutif de l’UA et par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UA. Puis, l’élection elle-même à New York, entre mars et juin 2024, devrait être aussi une formalité, le poste revenant à l’Afrique cette année pour succéder au Trinidadien actuellement en poste », confie notre source. Pour elle, il s’agit donc d’une première victoire non seulement pour le Cameroun, mais aussi pour la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) qui a décidé de faire bloc derrière la candidature du Cameroun. Les onze États membres de la CEEAC s’étaient en effet accordés à apporter leur soutien à Philemon Yang, lors de la 23e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation sous régionale en juillet dernier au Gabon.

Si Philemon Yang est élu, il deviendra le deuxième président de l’Assemblée générale originaire d’Afrique centrale à occuper cette fonction depuis la création de l’ONU, après le Gabonais Jean Ping en 2005. Jusqu’ici, ce poste sourit davantage aux pays anglophones du continent qui l’ont déjà occupé neuf fois.

L’Assemblée générale est la principale instance d’élaboration des politiques de l’ONU. Son président, choisi chaque année trois mois avant l’ouverture de la séance plénière, occupe une fonction administrative. Elle consiste à organiser les débats et les travaux de l’instance mondiale. À ce poste, Philemon Yang aura à prononcer l’ouverture et la clôture de chaque séance plénière, diriger les discussions, assurer l’application du règlement ou encore donner la parole. Le président peut également émettre des recommandations à l’Assemblée sur l’ordre du jour. Il détient en outre le pouvoir de limiter le temps de parole et le nombre d’interventions des représentants, de même qu’il peut ajourner la séance, selon le règlement intérieur de l’ONU.

Patricia Ngo Ngouem

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Présidence de la 79e AG de l’ONU : Yaoundé promeut la candidature de Philemon Yang en marge du sommet des Brics

Paru le jeudi, 15 février 2024 08:15

Fonction publique : Joseph Lé répond aux accusations de « détournements » et « tripatouillages » de Cabral Libii

Le ministère de la Fonction publique et de la réforme administrative (Minfopra) n’est pas resté atone après le message du député Cabral Libii aux jeunes camerounais, quelques jours avant la célébration du 11 février, la Fête nationale de la jeunesse. La cellule de communication du Minfopra parle « d’une mise au point suite à la sortie médiatique indélicate » du président national du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN).

Dans cette mise au point, le Minfopra dément tous les soupçons de détournements de deniers publics évoqués par Cabral Libii. Quand ce dernier dénonce des soupçons de prévarication de plus de 15 milliards de FCFA dans le cadre de la mise en œuvre du projet Sigipes II (Système informatisé de gestion intégrée du personnel de l'État et de la solde), le Minfopra assure que, depuis l’arrivée de Joseph Lé (photo) au Minfopra en mars 2018, la mise en œuvre de ce projet, censé améliorer la gestion du personnel de l’État, se poursuit sans anicroches.

Polémique

Il en est des soupçons de détournements comme des tripatouillages mis à l’index par le député Cabral Libii. Le Minfopra dément toutes accusations du genre. A commencer par la polémique sur l’intégration de près de 10 000 personnes dans la fonction publique sans passer par voie de concours au prétexte qu’il s’agissait d’anciens personnels de la présidence de la République. « Cette déclaration est totalement fausse, invraisemblable, dénuée de tout sens et de toute raison, pour qui maîtrise le dispositif y relatif », peut-on lire dans la mise au point du Minfopra.

Ce document poursuit : « en application des très hautes instructions du président de la République, la situation administrative des personnels en condition d'emploi précaire en service dans quatre administrations, à savoir la présidence de la République (intendance et cabinet civil), les services du Premier ministre, le Mindef (ministère de la Défense) et le ministère en charge du Contrôle supérieur de l'État, a été régularisée ».

Dans son message, Cabral Libii dénonce aussi des tripatouillages d’un ancien chef de secrétariat particulier au Minfopra, qui vendait des places à la fonction publique contre des sommes d’argent. « Le chef de secrétariat particulier d’un département ministériel, dont les missions sont clairement indiquées par le texte organique, n’est mêlé, ni de près ni de loin, aux opérations de recrutement des agents publics », précise la mise au point du Minfopra. Qui dément ces accusations.

Michel Ange Nga

Paru le mercredi, 14 février 2024 10:42

Candidature unique de l’opposition en 2025 : le PCRN de Cabral Libii favorable aux « échanges constructifs » avec l’APC

Pour le député Cabral Libii (photo), l’Alliance pour le changement (APC), une plateforme politique qui milite pour une candidature unique de l’opposition à la prochaine élection présidentielle, censée se tenir en octobre 2025, est « une initiative indiscutablement opportune ». Le leader national du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) le reconnaît dans une correspondance qu’il adresse, ce 12 février, au député Jean-Michel Nintcheu, le coordonnateur par intérim de l’APC. Cabral Libii va plus loin en ouvrant la porte pour « des échanges constructifs » entre son parti et l’APC.

En réalité, cette correspondance de Cabral Libii est une réponse à l’invitation de l’APC, qui souhaite que le PCRN rejoigne cette dynamique pour une candidature unique. Sauf qu’il est difficile de croire que les échanges proposés par Cabral Libii aboutissent sur une solution concertée. Pour cause, l’APC a d’ores et déjà validé la candidature de Maurice Kamto, le président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), le deuxième homme de la dernière élection présidentielle. Alors même que le PCRN de Cabral Libii croit qu’une alliance pour une candidature unique de l’opposition est un processus qui s’achève avec la désignation concertée du candidat.

Une fenêtre d’opportunité

Ce langage de sourd n’est pas nouveau. C’est pourquoi la chronique populaire avait pris le pari que Cabral Libii ferme la porte à l’APC. Et même maintenant que le PCRN a fait le choix de discuter avec les responsables de l’APC, beaucoup d’internautes sont convaincus que cette initiative va faire pschitt. Ce n’est pourtant pas le cas du politologue Aimé Bounoung. Il explique : « contrairement à ce que pensent beaucoup, ces discussions peuvent aboutir. Nous sommes dans un contexte où on sent qu’il y a un réel besoin de transition. C’est une fenêtre d’opportunité pour la réussite d’une candidature unique de l’opposition ».

Il ajoute toutefois que si on admet pour hypothèse que les opposants veulent tout simplement gagner et non faire barrage au régime en place, il ne faut pas s’attendre dans ces conditions à voir le PCRN rejoindre l’APC. Aimé Bounoung indique que quand les hommes politiques issus de l’opposition font des calculs, la présidentielle est un moment unique de grappiller des points et de monter en grade. Et par ricochet, une candidature unique les étouffe.

Michel Ange Nga

Lire aussi : Présidentielle 2025 : Cabral Libii rejette l’idée d’une coalition de l’opposition construite autour de Maurice Kamto

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Paru le mardi, 13 février 2024 17:42

Crise anglophone : Paul Biya condamne l’attentat « odieux » de Nkambe, lors de la fête de la jeunesse

Le président de la République a condamné l’attentat qui a frappé le défilé des élèves marquant la célébration de la 58e fête nationale de la jeunesse, le 11 février dernier à Nkambe, dans la région du Nord-Ouest. « Alors que la Jeunesse camerounaise célébrait le jour qui lui est consacré, des lâches criminels ont posé un acte odieux à Nkambe dans la région du Nord-Ouest. Je condamne fermement cet attentat terroriste », a écrit le chef de l’État Paul Biya sur ses pages sociales.

Le dimanche 11 février en effet, une bombe artisanale a explosé sur la grande place de la ville de Nkambe, dans le département du Donga Mantung, alors que des élèves étaient réunis après le défilé à l’occasion de la fête de la jeunesse. L’attentat a fait un mort, Cherish Limnuyu, une élève de 15 ans du Lycée de Nwagri, tel que le confirme le président de la République. De nombreux blessés graves sont également à déplorer.

L’ambassade des États-Unis à Yaoundé a aussi condamné cette attaque. « Rien ne peut justifier une attaque contre des civils, et des enfants en particulier », s’est offusquée la représentation diplomatique américaine.

L’attentat n’a pas été revendiqué, mais porte la marque des groupuscules séparatistes armés dans la région du Nord-Ouest.

L’éducation est l’une des cibles des séparatistes armés depuis le déclenchement du conflit en 2017 dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Dans un rapport publié en janvier dernier, l’ONU compte que près de 7 000 établissements scolaires avant la crise, seuls près de 3 000 sont opérationnels à ce jour.

L.A.

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Paru le mardi, 13 février 2024 06:43

L’ambassadeur d’Israël appelle les Camerounais à lutter contre l’antisémitisme, dans un contexte de guerre israélo-Hamas

A la faveur de la commémoration de la Journée internationale dédiée aux victimes de l’Holocauste, organisée le 27 janvier dernier à Yaoundé par le Centre international des Nations unies pour l’information, l’ambassadeur d’Israël a appelé les Camerounais à lutter contre les discriminations, dont l’antisémitisme. « J’appelle donc tous mes frères et sœurs Camerounais à se lever contre les idées génocidaires, à dénoncer l’antisémitisme, à lutter contre toute forme d’exclusion et violence… et promouvoir les valeurs des droits de l’Homme afin que des atrocités comme l’Holocauste ne se reproduisent plus jamais et ne soient pas oubliées », a déclaré l’ambassadeur Raphaël Morav (au centre sur la photo).  

La commémoration de cette année intervient dans un contexte d’acrimonie envers Israël depuis le déclenchement de la guerre contre le Hamas, le 7 octobre dernier, dans la Bande de Gaza. En effet, après une attaque du Hamas palestinien qui a fait une centaine de morts sur le sol de l’État hébreu, Israël a riposté en bombardant massivement un la Bande de Gaza, le tout accompagné d’une opération terrestre. Une opération qui a suscité une vague internationale de réprobation. Beaucoup accusent en effet l’État hébreu d’être passé de victime de l’Holocauste à bourreau du peuple palestinien.

Au Cameroun, l’ambassade d’Israël tente de rallier l’opinion à sa cause. En octobre dernier, l’ambassade a suscité un tollé en mobilisant des élèves pour condamner l’attaque du Hamas.

De son côté, le gouvernement a toujours montré son soutien à Israël. À l’ONU, le Cameroun s’est plusieurs fois abstenu de voter des résolutions condamnant l’opération armée d’Israël dans la Bande de Gaza. Yaoundé et Tel-Aviv entretiennent en effet des liens très étroits en matière de défense et de sécurité. De nombreux instructeurs israéliens forment les troupes d’élite de l’armée camerounaise.

Pour l’ambassadeur Raphaël Morav, « nous avons tous une responsabilité. L’Holocauste ne se répétera plus jamais parce que l’État d’Israël est fort. Cependant, nous devons garantir que la vie juive puisse s’épanouir partout dans le monde de la même manière ».

Ludovic Amara

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Paru le vendredi, 02 février 2024 15:19

Présidentielle 2025 : Cabral Libii rejette l’idée d’une coalition de l’opposition construite autour de Maurice Kamto

Le député et président national du Parti pour la réconciliation nationale (PCRN) a développé ce jour sur son compte Twitter, sa vision d’un candidat soutenu par l’opposition lors de la présidentielle. Pour Cabral Libii (photo), des partis d’opposition doivent au préalable créer une « Coalition de transition ». Puis, « après consultation publique des principaux corps sociaux et des syndicats, ils publient le Document de l’offre politique mutualisée de transition (DOPMT) », propose-t-il. Ce qui débouche en fin sur « le candidat de l’opposition ».

Cabral Libii ne détaille pas comment le choix du candidat de l’opposition doit se faire. Cependant, en 2018, lors de la dernière présidentielle, il avait proposé des « primaires de l’opposition », marqué par des débats entre candidats pour désigner celui qui devait affronter le candidat du pouvoir, le président sortant Paul Biya.

Cette nouvelle approche de Cabral Libii intervient des semaines après l’appel du député de l’opposition Jean Michel Nintcheu à s’aligner derrière Maurice Kamto, du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). En effet, le 12 janvier dernier, l’ancien président régional du Social democratic Front (SDF), aujourd’hui président du Front pour le changement du Cameroun (FCC) et coordinateur national par intérim de l’Alliance politique pour le changement (APC) construite pour porter à la candidature de Maurice Kamto, a écrit à Cabral Libii au sujet de cette alliance. Jean Michel Nintcheu pressait ainsi le député du PCRN à adhérer à l’APC. Une invitation à laquelle le leader du PRCN n’a pas répondu formellement. Et ce jour, il a exposé le processus qui doit conduire à la désignation d’un candidat consensuel de l’opposition, comme pour exprimer son désaccord avec la démarche de l’APC.

En rappel, en 2018, l’opposition n’avait pas pu s’entendre sur un candidat contre le parti au pouvoir. En 2004 déjà, une telle initiative avait volé en éclat à quelques jours du scrutin lorsque feu Ni John Fru Ndi du SDF, leader de l’opposition, avait claqué la porte d’une coalition. Ce qui avait condamné ladite opposition à affronter Paul Biya en rangs dispersés.

Ludovic Amara  

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Paru le mardi, 30 janvier 2024 17:08

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