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Gestion forestière : brouille entre le Cameroun et l’Union européenne sur le Sigif II

Gestion forestière : brouille entre le Cameroun et l’Union européenne sur le Sigif II

Paru le jeudi, 01 avril 2021 17:35

Dans un communiqué rendu public ce 1er avril, l’Union européenne (UE) et la KFW de la GIZ (la coopération allemande) font savoir qu’elles ne reconnaîtront pas le Système informatique de gestion des informations forestières de deuxième génération (Sigif II) réalisée par le ministère camerounais des Forêts et de la Faune (Minfof) et lancé ce jour à Yaoundé.

« Par conséquent, les certificats émis par le Sigif II ne pourront pas être reconnus ou validés, dans le cadre du Règlement bois de l’Union européenne (RBUE) et encore moins dans le cadre de futures autorisations Flegt, qui permettraient un accès direct et prioritaire au marché européen », avertissent-ils déjà.

Sigif II est un logiciel « qui doit nous permettre d’améliorer nos performances en termes de lutte contre l’exploitation forestière, nos performances fiscales, nos performances en matière même de maîtrise de la production forestière », explique le Minfof Jules Doret Ndongo. Logiciel développé depuis 2015 avec l’accompagnement de l’UE et sous financement de la coopération allemande.

Griefs

Seulement, les deux partenaires du Cameroun ne sont satisfaits ni du résultat final ni du processus. Les Européens reprochent tout d’abord à la partie camerounaise la longueur d’exécution du marché de développement de ce logiciel, 34 mois au lieu des 15 mois contractuels. En cause : « des validations compliquées de livrables intermédiaires par la Commission de réception ».

Ensuite, livrée en novembre 2018, « Sigif II n’a pas été réceptionnée par la Commission ad hoc, pour non-conformité au cahier de charges », peut-on lire dans le communiqué. Dernier grief à l’encontre de la partie camerounaise : « les tests réalisés par un consultant indépendant ont en effet révélé des dysfonctionnements majeurs ».

Pour ces raisons « l’Union européenne et l’Allemagne ne peuvent pas reconnaître la version actuelle du Sigif II, qui a été retenue de manière unilatérale par les services du Minfof, et pourtant développée sur des financements européens, qu’il conviendra donc de justifier devant les parlements européens ».

Réponse du Cameroun

Côté camerounais, on défend fermement le produit final. « Je ne pense pas que c’est de la fiabilité de ce système dont il question», commente Anicet Ngomin, directrice des Forêts au Minfof. Et d’ajouter : « Nous pouvons démontrer aujourd’hui que ce système est l’un des plus robustes ; et très peu de pays se sont dotés d’un tel outil ».

D’après ce responsable, en plus, d’émettre tous les titres émis par le Sigif I « Ce système permet également de générer les documents sécurisés qui permettent le transport du bois d’un point de la forêt vers son point d’extraction ou les unités de transformation du bois […]. C’est un système qui est fiable ».

Il reconnaît par contre « qu’il y a eu des divergences dans le cadre de la mise en place de ce système avec notre principal partenaire qu’est l’Union européenne ». Pour autant, il minore ces désaccords : « je voudrais indiquer ici que les divergences dans le cadre de la construction de quelque chose sont consubstantielles. Ce n’est pas cela qui doit faire peur. Nous continuerons avec l’Union européenne. Nous allons finir par trouver un terrain d’entente ».

À Yaoundé, les responsables du Minfof sont formés depuis deux jours à la maîtrise du Sigif II. « Compte tenu de la digitalisation et de la dématérialisation que ce processus met en place, il faudra que les personnels s’habituent également à ces nouveaux procédés », explique le ministre Jules Doret Ndongo.

Ludovic Amara

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