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Grève : les avocats boycottent les prétoires

Grève : les avocats boycottent les prétoires

Paru le mardi, 01 décembre 2020 09:52

L’ambiance qui règne dans les tribunaux camerounais est inhabituelle. Depuis hier 30 novembre 2020, les audiences se déroulent en l’absence des avocats. C’est le cas au Tribunal de première instance (TPI) de Douala-Bonanjo, où seuls les juges, les greffiers et le ministère public étaient présents dans les salles d’audience. A l’appel de leurs affaires, des justiciables (accusés ou plaignants) ont répondu aux questions des juges ou du ministère public en absence de leurs avocats.

Au Tribunal de première instance de Yaoundé-Centre administratif, les portes de la salle des avocats sont restées closes. Dans les salles d’audience, bien que pleines, l’espace habituellement occupé par les hommes et femmes en robes noires était vide. Mais « les audiences sont renvoyées, puisque les parties demandent à être assistées par leurs avocats », rapportent nos confrères du journal Mutations citant un greffier du TGI.

Solidarité 

Le mot d’ordre de grève lancé par le Barreau camerounais a également été respecté dans la région de l’Est. Pour la journée d’hier, les avocats ont brillé par leur absence au Palais de justice de Bertoua. « Autour de 10 h, il y a eu une seule audience de prestation de serment du nouveau receveur municipal de la commune de Bertoua 2e au Tribunal de première instance. Étaient présents au tribunal le président du tribunal, le procureur de la République et le greffier. Après les réquisitions du procureur de la République, le président du tribunal a rendu sa décision. Il n’y avait donc pas d’avocat », renseigne un fonctionnaire.

« Nous sommes solidaires de nos confrères. Nous ne pouvons accepter l’injustice faite contre eux. Et puis, en pareille circonstance, nous devons faire corps et s’aligner à la décision de la majorité. Cette décision est de ne pas se présenter à l’audience pendant quelques jours. Le reste on verra », a réagi un avocat inscrit au Barreau du Cameroun.

Rapports tendus

Les rapports entre les avocats et les magistrats sont tendus depuis quelque temps au Cameroun. La situation s’est davantage détériorée le 10 novembre dernier à la suite des échauffourées survenues au TPI de Douala-Bonanjo.

Ce jour, alors qu’un groupe d’avocats s’opposait au retour en prison de leurs confrères, des policiers sont intervenus à coup de matraque et de gaz lacrymogène pour les déloger de la salle d’audience. 

En rapport avec cet incident, deux autres avocats, à savoir Richard Tamfu Ngarka et Armel Tchuemegne Kenmegne, ont été placés en détention provisoire. Puis condamnés à six mois de prison avec sursis pour « rébellion en groupe et destruction des biens publics » par le TPI de Douala-Bonanjo.

Pour manifester son indignation contre ce qu’il considère comme une « persécution programmée des avocats au barreau », le conseil de l’Ordre des avocats du Cameroun avait déjà annoncé la suspension du port de la robe, du 30 novembre au 4 décembre, pour tous les avocats et dans tout le pays.

Baudouin Enama

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