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Boycott des prétoires : le malaise des avocats du RDPC

Boycott des prétoires : le malaise des avocats du RDPC

Paru le mercredi, 02 décembre 2020 08:57

Le mot d’ordre de grève lancé par le Conseil de l’Ordre des avocats du Cameroun fait des grincements de dents chez les robes noires. En témoigne la lettre adressée le 27 novembre dernier au Bâtonnier par intérim, par un groupe d’avocats qui s’en désolidarisent.

Ce regroupement d’une dizaine de personnalités, dont des figures de proue de la profession d’avocat (Me Louis Gabriel Eyangoh, Me Mbita Blaise, Me Emmanuel Pensy) ne proteste pas contre tous les aspects de la résolution 008/2020 adoptée le 21 novembre dernier par le conseil de l’ordre.

Il s’oppose surtout à l’article 03 de cette résolution. Celui-ci suspend « jusqu’à nouvel avis, et pour tous les avocats, toute intervention devant les juridictions statuant en matière criminelle, à tous les degrés de juridiction y compris la Cour suprême et le Tribunal criminel spécial, et les juridictions statuant en manière de contentieux électoral, y compris le Conseil constitutionnel ».

Inégalité

De l’avis des avocats contestataires, cette décision foulerait au pied les textes organiques du Conseil de l’Ordre des avocats. Notamment l’article 1er de l’arrêté portant homologation du règlement intérieur du Barreau du Cameroun qui consacre un « traitement égal et équitable » de tous les membres.

Au sens de ce groupe, la résolution 3 du Conseil de l’Ordre est donc discriminatoire. C’est que, contrairement aux articles 1 et 2 qui s’appliquent à tous les membres du Barreau camerounais, « l’article 3, non seulement ne fixe aucun délai de suspension du port de la robe, mais plus grave, choisit les juridictions devant lesquelles les avocats ne pourraient intervenir », déplorent-ils.

Dessein inavoué

De fait, derrière cette disposition, le collectif Eyangoh soupçonne le Barreau d’entretenir le « dessein inavoué d’empêcher une catégorie d’avocats d’assurer la défense des intérêts de certains de leurs clients dans le cadre de certains contentieux spécifiques ». Notamment le contentieux postélectoral. 

« Comment expliquerez-vous aux avocats qui ont fait du contentieux électoral une spécialité, qui ne pourront saisir l’opportunité qui s’offre à eux tous les cinq ans de pratiquer lors du contentieux électoral qui s’ouvrira à l’occasion de l’élection des conseillers régionaux du 06 décembre 2020, pendant qu’en face, leurs confrères non concernés par ce contentieux et ceux visés par le fameux article 3, exerceront normalement la profession et gagneront noblement leur vie ? », s’interroge le collectif.

Pour bien comprendre l’affaire, il convient de préciser que les signataires de ce brûlot sont pour l’essentiel des avocats dont certains ont pour clients principaux des hommes politiques et des partis politiques.

C’est le cas de Louis Gabriel Eyangoh, Me Mbita Blaise, Me Emmanuel Pennsy, Me Kangue Ndong Ntah Xaverine, Me George Teguem, Me Nkoumou Tsala Gilbert, Me Alima Marcus dont les services ont souvent été sollicités par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir lors des contentieux électoraux.

D’ailleurs, dans le cadre des élections législatives et municipales du 9 février dernier, tous ces avocats ont été désignés comme vice-président (Me Eyangoh) ou membres de la sous-commission contentieux auprès de la commission nationale de campagne du RDPC.

La sortie de ces avocats intervient dans un contexte où le corps judiciaire camerounais traverse une crise.

La situation s’est davantage détériorée le 10 novembre dernier à la suite des échauffourées survenues au TPI de Douala-Bonanjo.

Le Conseil de l’Ordre des avocats qui accuse les magistrats de « persécuter » les membres inscrits au Barreau du Cameroun a lancé un mouvement général de boycott des prétoires dans toutes les juridictions du pays.

Depuis lundi dernier, le port de la robe est suspendu jusqu’au 4 décembre prochain, pour tous les avocats et dans tout le pays.

Baudouin Enama

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