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Crise anglophone : Paul Biya menace et tend la main dans son discours à la nation

Crise anglophone : Paul Biya menace et tend la main dans son discours à la nation

Paru le mercredi, 03 janvier 2024 14:45

Dans son discours à la nation à l’occasion de la fin d’année 2023 et du Nouvel An 2024, le président Paul Biya (photo) est revenu sur la crise anglophone qui secoue le Cameroun depuis fin octobre 2016. Il a notamment brandi la menace d’intensifier les opérations militaires pour mettre fin aux « exactions criminelles des terroristes » dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « Quant à ceux qui persistent dans la voie criminelle, qu’il s’agisse du terrorisme ou du grand banditisme, le sort qui les attend n’est pas enviable. Ils doivent savoir que notre volonté inébranlable d’assurer la sécurité de nos concitoyens ne faiblira pas », a déclaré le chef de l’État.

Cette sortie du président intervient dans un contexte de regain de violence dans les deux régions anglophones du pays. Paul Biya a ainsi condamné l’attaque de Mamfe (Sud-Ouest), l’une des plus meurtrières enregistrées depuis le déclenchement du conflit sécessionniste et qui a coûté la vie à 25 personnes et fait 9 blessés, selon le bilan officiel. « La ville de Mamfe a ainsi été, le 6 novembre 2023, le théâtre du massacre barbare d’une vingtaine de civils en pleine nuit. Je condamne, avec la dernière énergie, de telles atrocités qui défient la raison et qu’aucune cause ne saurait justifier », a réagi le chef de l’État.

Occasion pour lui d’encourager les « concitoyens » des régions « en proie au terrorisme » à continuer de collaborer avec les forces de maintien de l’ordre. Car, affirme-t-il, c’est « grâce à la collaboration active des populations avec nos forces de défense et de sécurité [que] la situation dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord (victime des exactions du groupe terroriste Boko Haram, NDLR) s’est significativement améliorée. Elle permet désormais la mise en œuvre sereine des plans de reconstruction et de développement desdites régions ».

Malgré le durcissement du ton, Paul Biya a tenu aussi à se montrer paternaliste. À cet effet, il a réitéré son appel aux groupes armés à déposer les armes et à rejoindre les centres de désarmement, de démobilisation et de réintégration. « Je note avec satisfaction qu’un nombre croissant de ces combattants a effectivement répondu à cet appel ces dernières semaines », se réjouit-il.

En rappel, la crise anglophone est née des revendications des avocats et des enseignants du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour une meilleure prise en compte de l’anglais dans ces corporations, avant de se muer en conflit armé en 2017. Un conflit qui a déjà fait plus de 6 000 morts et contraint des milliers de personnes à fuir leur domicile, selon l’organisation non gouvernementale International Crisis Group.

Patricia Ngo Ngouem

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Dernière modification le mercredi, 03 janvier 2024 14:50

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