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Présidentielle 2025 : les experts divisés sur la possibilité pour Maurice Kamto d’être candidat du MRC

Présidentielle 2025 : les experts divisés sur la possibilité pour Maurice Kamto d’être candidat du MRC

Paru le jeudi, 04 janvier 2024 18:12

Maurice Kamto a pris plusieurs personnes de cours en affirmant, le 31 décembre dernier dans son message de fin d’année, que le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) peut l’investir à la prochaine élection présidentielle à l’état actuel des choses. L’article 121 du Code électoral dispose pourtant que seuls les partis qui sont représentés à l’Assemblée nationale, au Sénat, dans un Conseil régional ou dans un Conseil municipal peuvent investir des candidats. Or, on se rappelle que le MRC a boycotté le dernier scrutin législatif et municipal tenu en 2020.

 Le principal opposant au président Paul Biya soutient, une fois encore au grand étonnement de plusieurs, que cet article ne pose pas de problème au MRC. « En vertu des dispositions pertinentes de la Constitution, et au regard de plusieurs cas précis survenus dans notre pays, le MRC compte dans ses rangs plusieurs élus issus des élections étatiques dont les mandats courent encore », a indiqué le leader du MRC, par ailleurs agrégé de droit, lors de son message de fin d’année à l’endroit de ses militants.

Pour l’avocat aux barreaux du Cameroun et de Paris, en raison du mandat impératif en vigueur au Cameroun, « l’élu qui intègre un nouveau parti ou qui en crée un autre, y transporte avec lui son statut d’élu et devient membre de ce parti qu’il représente désormais, et selon le cas, au sein du Parlement, le Conseil régional ou le Conseil municipal ». Du coup, en l’en croire, il est, de ce fait possible, qu’un parti politique comme le MRC qui n’a pas pris part aux élections législatives, municipales et qui n’a pas de sénateurs, puissent avoir des élus. Il en veut pour preuve le fait que Jean Michel Nintcheu, élu député dans le Wouri (Douala) en 2020 avec le SDF garde son mandat même après son exclusion du parti de la balance.

Pour Jean Paul Ntsengue, experts des questions électorales, le mandat impératif permet constitutionnellement à un élu de conserver son mandat même s’il quitte les rangs du parti qui l’a investi. Mais ce dernier ne peut pas être considéré comme un élu d’un autre parti qu’il rejoindrait éventuellement. Jean Paul Ntsengue soutient de ce fait que même si Nintcheu, qui s’est rapproché du MRC, adhère à ce parti, il ne peut pas être considéré comme un élu du parti de Maurice Kamto. « Il reste un député élu à l’Assemblée nationale, sans affiliation politique », conclut l’expert.

Entre ces deux positions, difficile de savoir pour le moment laquelle est juste. Mais tout semble indiquer, selon Jean Paul Ntsengue, qu’on se dirige vers un « contentieux du droit d’éligibilité » lors de la prochaine élection présidentielle. On aura alors une jurisprudence sur la question.

Michel Ange Nga

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