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Le ministre de la Communication reconnait les difficultés de la presse privée au Cameroun

Le ministre de la Communication reconnait les difficultés de la presse privée au Cameroun

Paru le mardi, 04 mai 2021 18:05

Dans une déclaration le 3 mai 2021, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, le ministre de la Communication (Mincom) René Emmanuel Sadi, présente le Cameroun comme un pays par excellence de démocratie et des libertés.

Le porte-parole du gouvernement en veut pour preuve l’existence de 600 titres de la presse écrite, d’une centaine de stations de radio, d’une trentaine de chaînes de télévision et le foisonnement « fort impressionnant » de la presse cybernétique.  

Mais le Mincom admet qu’en dépit des efforts des pouvoirs publics, « des journalistes et professionnels des médias font encore l’objet de sérieuses entraves, voire des sévices de toutes sortes, dans le cadre de l’exercice de leur profession ».  D’après lui, cet état d’insécurité hante les hommes et femmes de médias à plus d’un titre.

Il observe et regrette une certaine tendance à la récurrence des dérives professionnelles se traduisant par la publication de fausses nouvelles, l’atteinte à l’honneur, la diffamation, les injures, les appels à la sédition, la propagation du discours de haine et de discrimination tribale.

Instrumentalisation de la presse

Le Mincom n’oublie pas « l’instrumentalisation des médias et journalistes par des lobbies et autres acteurs tapis dans l’ombre, donnant naissance à une presse à gage ».

Dans le même temps, René Emmanuel Sadi reconnait que la presse camerounaise évolue dans un environnement difficile qui garantit à peine la viabilité économique des entreprises. « De manière générale et plus grave, l’instabilité voire l’inexistence des salaires et des profils de carrière dans la plupart des entreprises de presse rendent difficile l’exercice de la profession », concède-t-il.

Parfait Siki, journaliste ayant dirigé plusieurs rédactions et aujourd’hui responsable de la communication de la Fédération camerounaise de football, abonde dans ce sens : « Les entreprises sont structurellement déficitaires, elles accumulent des arriérés de salaires, limogent à tout vent, se créent et se ferment au gré des combats gagnés ou perdus, se livrent au mieux offrant, expression pudique pour éviter de dire qu’elles se prostituent ».

Etranglement économique

« Notre presse, la presse écrite surtout, la mère de la presse, s’est progressivement appauvrie du fait de l’absence d’appui de l’Etat. Si la presse d’Etat bénéficie des subventions continues du gouvernement, la manière dont la presse privée est traitée est une atteinte à nos valeurs démocratiques bien plus qu’à la viabilité de centaines d’entreprises de presse qui emploient de milliers de jeunes », enfonce-t-il.

Ce dernier se convainc qu’« en affaiblissant la presse par étranglement économique, en refusant de l’oxygéner, on travaille à provoquer à la longue l’asphyxie de la démocratie ».

Le Mincom ne partage pas ce pessimisme en rappelant qu’il existe bien un appui de l’Etat aux médias privés. Lors de la dernière session de la commission d’octroi, 98 millions de FCFA ont été distribués à une centaine d’organes de presse. Pour compenser la modicité de cet appui, René Emmanuel Sadi annonce la mise en place des plateformes paritaires pour trouver des solutions durables à la rationalisation des coûts de production et la structuration des réseaux de distribution.  

Mais, prévient-il, toutes ces actions entreprises par le gouvernement ne pourront produire des résultats probants en termes de viabilité économique des médias et d’émergence d’une presse prospère et de qualité que si les acteurs se résolvent à faire leur propre mue.

Dominique Mbassi

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