Rumeurs, idées reçues, clichés, superstitions, légende : qui dit vrai ? qui dit faux ?
Covid-19 : Amnesty International appelle à la protection des détenues

Covid-19 : Amnesty International appelle à la protection des détenues

Paru le mercredi, 06 mai 2020 12:11

« Les autorités doivent de toute urgence protéger du Covid-19 les personnes détenues ». C’est l’un des messages que véhicule la déclaration faite le 2 mai 2020 par Amnesty International. L’organisation non gouvernementale (ONG) revendique aussi des soins médicaux adéquats au profit de ceux qui séjournent dans les 91 prisons du Cameroun.

La démarche d’Amnesty International s’appuie sur la surpopulation carcérale. Reprenant les statistiques de la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés, l’ONG parle d’un « taux d’occupation très élevé dans de nombreuses prisons, atteignant 432% à Kondengui, 729% dans la prison de Bertoua à l’Est, 481% à Sangmélima dans le Sud et 567% dans la prison centrale de Kumba dans le Sud-Ouest ».

« Et les mauvaises conditions de détention dans ces établissements risquent d’en faire des épicentres de la pandémie », se convainc Amnesty. L’ONG cite plusieurs sources faisant état de plusieurs morts suspectes de Covid-19 à la prison centrale de Yaoundé. C’est le cas de Jean Baptiste Nguini Effa. L’ancien DG de la SCDP, en prison depuis onze ans, soutenait dans une lettre au ministre de la Justice en date du 21 avril que l’infirmerie de la prison centrale de Yaoundé est saturée de détenus malades et le personnel médical débordé.

Mesures de décongestion des prisons

Amnesty International reconnait cependant que le 23 avril, les autorités ont pris « des mesures visant à contenir le virus dans la prison centrale de Yaoundé, notamment avec la suspension des corvées à l’extérieur et la création de cellules d’observation pour les cas suspects de Covid-19, la mise en place d’opérations de désinfection et l’instauration de gestes barrières ». En réalité, cette mesure s’applique à toutes les prisons.

L’ONG admet également que le président de la République a signé un décret le 15 avril portant commutations et remises de peines aux prisonniers en vue de décongestionner les prisons. « À la suite de ce décret, plusieurs centaines de personnes incarcérées ont été libérées dans toutes les régions du pays », consent-elle.

Mais Amnesty estime que cette mesure, pour le moins louable, ne suffit pas. Notamment parce qu’elle n’a pas permis la libération des personnes âgées ou souffrant de graves pathologies les rendant vulnérables au Covid-19. Cette demande de l’ONG a également été formulée par les Nations unies et la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés.

D.M.

Lire aussi :

17-04-2020- Près de 58% des prisonniers exclus du bénéfice de la grâce présidentielle

15-04-2020- Paul Biya décongestionne les prisons sous la menace du Covid-19

30-03-2020- L’Ordre des avocats du Barreau du Cameroun redoute une crise sanitaire et sécuritaire dans les prisons

● E-Arnaques


● Fact Cheking






Inscription à notre newsletter

Chaque semaine la newsletter StopBlaBlaCam


Please publish modules in offcanvas position.