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Crise anglophone : nouvelle plaidoirie de Médecins sans frontières accusé de collusion avec les groupes armés

Crise anglophone : nouvelle plaidoirie de Médecins sans frontières accusé de collusion avec les groupes armés

Paru le mardi, 06 juillet 2021 11:33

Suspendu d’activités dans la région anglophone du Nord-Ouest en crise depuis fin 2020, Médecins sans frontières (MSF) multiplie des initiatives en vue de lever cette décision. La dernière action en date est une déclaration. Dans ce texte, rendu public le 5 juillet 2021, MSF « rejette de la façon la plus catégorique qui soit les allégations portées à son encontre quant à un soutien aux combattants séparatistes du Nord-Ouest ».

« Nous affirmons avec la plus grande énergie n’avoir jamais facilité le transport d’armes, munitions ou combattants armés, et n’avoir jamais fourni d’appui logistique ou financier à aucune des parties au conflit », écrit l’ONG internationale présente au Cameroun depuis 35 ans, et dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2018. Depuis ce temps, MSF dit opérer dans le respect strict de sa charte, qui « impose d’agir dans un cadre le plus total d’indépendance, de neutralité et d’impartialité et d’appliquer une politique de tolérance zéro vis-à-vis de la présence d’armes dans les structures soutenues et dans les véhicules ».

Le gouverneur du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique, a pris une décision portant suspension du partenariat entre MSF et l’hôpital catholique Saint Mary Soledad de Bamenda le 8 décembre 2020. Cette décision s’appuie notamment sur le rapport circonstancié du 28 août 2020 sur les activités de l’ONG dans la région. Ce rapport accuse l’ONG d’aider les séparatistes dans cette région. En effet, d’après des sources sécuritaires, l’appui de MSF permettrait non seulement à l’hôpital Saint Mary Soledad de prendre en charge les membres des groupes armés séparatistes, mais aussi de leur offrir une protection.

Aveu des contacts avec les séparatistes

Tout en rejetant ces accusations, MSF avoue néanmoins que ses équipes sont en contact avec « toutes les forces en présence, étatiques et non-étatiques ». Pour l’ONG, ces contacts visent à « assurer au maximum la sécurité de leurs équipes et des patients et garantir l’accès aux soins » et ne sauraient être assimilés à une collusion avec l’une ou l’autre des parties à un conflit. MSF affirme d’ailleurs avoir quelquefois été, en violation des principes humanitaires, victime de harcèlement, de menaces de mort. L’organisme déplore même la mort d’un agent de santé communautaire dans le Sud-Ouest. Ses ambulances ont aussi parfois essuyé des tirs ou été stoppées de longues heures alors qu’elles transportaient des patients en état critique.

Un discours qui peine à passer jusqu’ici auprès des autorités. Après avoir échoué à convaincre le gouvernement camerounais de sa bonne foi, MSF a lancé une campagne pour faire pression sur Yaoundé. Cette plaidoirie publique est à inscrire dans cette dynamique.

Dominique Mbassi

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