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En dépit de la loi, le ministre Atanga Nji suspend la vente des armes d’auto-défense

En dépit de la loi, le ministre Atanga Nji suspend la vente des armes d’auto-défense

Paru le vendredi, 07 mai 2021 13:57

La vente des pistolets traumatiques (susceptibles de causer des trauma ou frappant sans distinction) est suspendue sur toute l’étendue du Cameroun depuis le 6 mai 2021. Le ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji (photo), a pris cette décision à l’issue de sa rencontre avec le collectif des propriétaires d’armureries le même jour, « au regard du contexte sécuritaire actuel, et compte tenu de l’usage abusif de cette catégorie d’arme par des individus de moralité douteuse ».

Pour le Minat, cette mesure s’est imposée en dépit des dispositions de la loi du 14 décembre 2016 portant régime général des armes et munitions, qui dispose que cette catégorie d’arme d’auto-défense est en vente libre et ne nécessite pas d’autorisation.

C’est que, déplore Paul Atanga Nji, « le nombre d’armes en circulation est largement supérieur à celui des autorisations dûment accordées, et en ce moment plus de 3000 armes à feu circulent de manière illégale au Cameroun ».

Les autorités reconnaissent aussi que la région de l’Est, par exemple, est propice à la circulation des armes en raison surtout de la situation sécuritaire qui persiste depuis de nombreuses années en République centrafricaine. Ce pays voisin est en effet le théâtre de l’activité de multiples bandes armées qui sont actives le long de la frontière commune.

Prolifération illicite des armes à feu

Déjà, en mai 2018, Paul Atanga Nji tirait la sonnette d’alarme : « La prolifération et la circulation illicite des armes à feu de tous calibres et de leurs munitions ont, depuis quelque temps, atteint des proportions préoccupantes et représentent une réelle menace à l'ordre public ». 

« Cette situation s’est davantage aggravée par le fait que, contrairement à ce que prescrit la loi, les responsables des différentes armureries ne tiennent pas de manière systématique les fichiers numériques et physiques devant permettre de retracer toutes les opérations », note le Minat.

Ce dernier pointe aussi la non-transmission régulière des rapports d’activités au Minat, la mauvaise tenue des registres, l’absence de qualification des personnels des armureries ou encore la méconnaissance de la règlementation sur la commercialisation des armes et munitions.

Défaillances des armureries

En raison de toutes ces défaillances, explique Paul Atanga Nji, le Minat ne dispose pas de données précises et fiables sur les ventes et achats d’armes et munitions, les identités et domiciles des détenteurs. Et pour y remédier, il envisage « de mettre en place une procédure permettant une identification complète des acquéreurs des pistolets traumatiques en vue de mieux connaître leur moralité ».

« Nous prenons acte des instructions du ministre grâce à la politique du président de la République, les armureries ont été conservées malgré les remous sécuritaires que nous connaissons », a réagi Fernand Belibi Edza, président du collectif des propriétaires d’armureries.

Mais pour le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, « un accent particulier doit être mis sur le partage de l’information, le partage d’expertise et les campagnes nationales de sensibilisation » si l’on veut réduire la circulation illicite d’armes légères et de petits calibres.

Dominique Mbassi

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