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Aboubakar Shekau, chef de Boko Haram, est mort, confirme l’État islamique en Afrique de l’Ouest

Aboubakar Shekau, chef de Boko Haram, est mort, confirme l’État islamique en Afrique de l’Ouest

Paru le lundi, 07 juin 2021 05:27

Aboubakar Shekau, chef du groupe terroriste Boko Haram, est bien mort en mai dernier. C’est en tout cas ce qu’a annoncé l’État islamique en Afrique de l’ouest (Iswap). Dans un enregistrement audio, ce groupe terroriste rival confirme l’information qui circulait depuis plusieurs mois. « Shekau a préféré l’humiliation dans l’au-delà à l’humiliation sur terre. Il s’est donné la mort en déclenchant un explosif » a indiqué l’enregistrement diffusé dans les canaux habituels de diffusion des messages de l’Iswap.

L’enregistrement audio décrit les combats qui ont opposé les troupes d’Abubakar Shekau et celles de l’Iswap, dans la forêt de Sambisa durant le mois dernier. Selon le groupe, affilié à l’État islamique (EI), le chef de Boko Haram, acculé par les feux ennemis, a « battu en retraite et s’est échappé, errant à travers la brousse pendant cinq jours ». Néanmoins, ajoute-t-il, « les combattants (de l’Iswap) ont continué à le chercher et à le traquer jusqu’à ce qu’ils soient capables de le localiser ». Sommé de se rendre, le leader terroriste a préféré se donner la mort, conclut la voix, attribuée au chef de l’Iswap, Abu Musab Al-Barnawi.

La mort d’Abubakar Shekau avait été annoncée le 20 mai dernier, par des sources sécuritaires qui avaient également évoqué la thèse du suicide suite à une altercation entre Boko Haram et l’Iswap. Cependant, ni les terroristes ni l’armée nigériane n’ont confirmé cette information. Abuja avait seulement annoncé l’ouverture d’une enquête pour vérifier ce qui n’était alors qu’une rumeur.

Il faut rappeler que des affrontements entre la secte Boko Haram de Shekau et l’Iswap avaient déjà eu lieu par le passé. Formant au départ une seule et même entité, les deux groupes se sont scindés en 2016, lorsque Shekau, qui avait auparavant prêté allégeance à l’État islamique, a été écarté « extrémisme ». Depuis lors, ils sont devenus des rivaux et se sont affrontés occasionnellement. La traque ayant abouti à la mort d’Abubakar Shekau aurait été ordonnée par le calife de l’EI lui-même, basé en Orient.

La présence sur le territoire nigérian de ces deux organisations terroristes a compliqué la riposte du gouvernement central contre l’extrémisme religieux. Depuis l’insurrection djihadiste du groupe Boko Haram en 2009, on estime que l’organisation a tué 40 000 personnes et forcé près de 2 millions à fuir leurs domiciles.

Si d’autres sources confirment la mort de Shekau, les pays du bassin du lac Tchad, dont le Cameroun, seraient probablement débarrassés de l’une des plus grandes menaces à leur sécurité et intégrité territoriale. Cependant, cette disparition laisse un boulevard à l’Iswap qui cherche manifestement à étendre sa zone d’influence à la forêt de Sambisa, considérée comme la base arrière de Boko Haram.

La mort du chef terroriste a plusieurs fois été annoncée par le gouvernement nigérian au cours des années précédentes. Il avait à chaque fois démenti ces allégations à travers des vidéos.

Moutiou Adjibi Nourou

Dernière modification le lundi, 07 juin 2021 05:30

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