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Décentralisation : regards croisés sur le bilan des 10 Conseils régionaux un an après leur élection

Décentralisation : regards croisés sur le bilan des 10 Conseils régionaux un an après leur élection

Paru le mardi, 07 décembre 2021 17:07

Un an après leur élection le 6 décembre 2020, le bilan des tout premiers présidents des 10 Conseils régionaux du Cameroun varie en fonction de la posture des différents acteurs de la décentralisation.

« Pour une première année de fonctionnement, je dois dire que je suis globalement satisfait des résultats obtenus, qui attestent de l’engagement des Conseils régionaux à relever les défis qui les interpellent », note d’emblée le ministre de la Décentralisation et du Développement local (Minddevel), Georges Elanga Obam.

Dans une interview au quotidien gouvernemental Cameroon tribune du 7 décembre 2021, le membre du gouvernement poursuit : « D’une région à l’autre, l’on observe un déploiement très actif des exécutifs et membres des Bureaux régionaux sur le terrain pour approfondir la connaissance des attentes et préoccupations des populations. »

René Daniel Mintya renforce cette position du Minddevel. « Outre les sessions de plein droit, les Conseils régionaux ont effectivement siégé pour l’adoption du budget et dans certains cas, comme dans la région du Sud, les sessions budgétaires ont été précédées des sessions de formation des conseillers régionaux », souligne l’expert en décentralisation et en développement local.

Allocation budgétaire

Pour lui, il ne fait pas de doute que « l’Etat a effectivement alloué des dotations budgétaires conséquentes pour la première année de démarrage des régions, comme prévu par la loi ». En effet, les pouvoirs publics ont débloqué une enveloppe de 3 milliards FCFA en faveur de chacun des 10 Conseils régionaux.

Grâce à cette dotation budgétaire, « de nombreuses initiatives de nature à impulser leur développement socio-économique ont été engagées et transparaissent d’ailleurs dans les orientations de leurs budgets. Je ne peux m’empêcher de noter avec une grande satisfaction le déploiement des régions sur le chantier de l’élaboration des Plans régionaux de développement (PRD), en tant qu’outils de vision stratégique de leur développement arrimés aux orientations stratégiques nationales », se félicite Georges Elanga Obam.

« On peut néanmoins regretter le retard concédé dans la mise en place et l’opérationnalisation des services régionaux (personnels qualifiés, biens meubles et immeubles). Il est impossible d’entrevoir une régionalisation efficace, efficiente et inclusive sans des personnels et services régionaux en quantité et en qualité suffisantes », bémolise René Daniel Mintya.

Compétences non transférées

Tout en lui emboîtant le pas, des présidents de Conseils régionaux vont plus loin. « Ce qui me tient à cœur, c’est que les compétences nous soient transférées », déplore Mohamadou Dewa, président du Conseil régional de l’Adamaoua. Qui veut se convaincre que « une fois qu’elles seront transférées, les ressources financières vont suivre ». En effet, la loi prévoit que l’Etat affecte 15 % de ses recettes aux collectivités territoriales décentralisées.

Mais en attendant que l’Etat se conforme à cette disposition, « nous espérons que, dans les prochaines années, la mise en place de la fonction publique locale sera effective. Elle devrait nous permettre de recruter des collaborateurs avec qui nous devons travailler sur le terrain », espère Jules Hilaire Focka Focka, président du Conseil régional de l’Ouest.

« Jusqu’ici, les principaux écueils restent, d’une part la non disponibilité des textes, notamment ceux relatifs à l’organigramme, aux transferts des compétences, à la fonction publique locale, et d’autre part l’insuffisance des moyens financiers mis à la disposition des Conseils régionaux », s’épanche Wouamane Mbele, président du Conseil régional de l’Est.

Pourtant, « depuis 2018, nous sommes dans la phase d’accélération de la décentralisation. Ce qui veut simplement dire qu’il faut aller plus vite dans sa mise en œuvre, compte tenu du retard et des défis qui se présentent à nous et dont le plus pressant est sans doute la résolution définitive de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest », rappelle René Daniel Mintya. D’après lui, « mettre des projets en œuvre dès la première année aurait été possible si les administrations centrales en charge du portefeuille de la régionalisation s’étaient prises à temps ».

D.M.

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