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La Commission Musonge lance une grande offensive contre la recrudescence du discours haineux

La Commission Musonge lance une grande offensive contre la recrudescence du discours haineux

Paru le mardi, 09 mars 2021 10:43

Face à la recrudescence du discours de haine et des publications à caractère xénophobe diffusés aussi bien dans les médias que sur les réseaux sociaux, le président de la République, Paul Biya, a prescrit un nouveau déploiement à la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (CNPBM).

« Le discours de haine et la xénophobie fragilisent l’unité nationale, le vivre ensemble, la cohésion sociale, l’intégration nationale, la paix durable et la stabilité sociale », a rappelé le président de la CNPBM, l’ancien Premier ministre Peter Mafany Musonge, au cours d’un échange avec la presse le 5 mars 2021. Il ajoute que ces cancers sociaux « structurent les replis identitaires et concourent au dénigrement et au rejet de l’autre. Le discours de haine contribue à l’exacerbation ainsi qu’à l’instrumentalisation de nos différences ».

Pendant les 3 prochains mois, la CNPBM va donc déployer, dans les 10 régions, son plan de lutte contre la haine et la xénophobie qui recourt notamment aux campagnes de sensibilisation et au rappel de la réglementation internationale et nationale réprimant le phénomène.

Lourdes peines et amendes

La mise en œuvre de cette stratégie fera intervenir acteurs société civile, journalistes, opérateurs téléphoniques, l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication, la Commission des droits de l’homme du Cameroun, le Conseil national de la communication ou encore l’Agence de régulation des télécommunications.  

 La croisade contre ces dérives ne signifie nullement « entrave à la liberté d’expression, qui n’est pertinente que dans le strict respect des lois et des règlements de la République », fait observer Peter Mafany Musonge.

Qui précise que le discours haineux renvoie à toute incitation à la discrimination, au harcèlement, à la menace ou violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe en raison de leur origine, sexe, appartenance à une tribu, une ethnie, une race ou une religion.

Si la xénophobie correspond au sentiment de crainte, d’hostilité voire de haine envers les étrangers, dans notre contexte, cette notion renvoie à ceux qui n’appartiennent pas au même groupe ethnique, culturel, linguistique, etc.

La loi réserve de lourdes amendes et des peines d'emprisonnement à quiconque suscite la haine ou le mépris par voie de presse, de radio, de télévision, de réseaux sociaux ou tout autre moyen d'atteindre le public. Le code pénal prévoit des peines sévères si l'auteur du discours de haine est un fonctionnaire, un responsable de formation politique, de média, d'une organisation non gouvernementale ou d'une institution religieuse.

D.M.

Dernière modification le mardi, 09 mars 2021 10:44

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