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Pour Viviane Ondoua Biwolé, les DG s’enracinent à leur poste faute de visibilité sur la suite de leur carrière

Pour Viviane Ondoua Biwolé, les DG s’enracinent à leur poste faute de visibilité sur la suite de leur carrière

Paru le jeudi, 09 septembre 2021 19:49

Depuis le 22 décembre 1999, les mandats des directeurs généraux des sociétés à capital public et de leur adjoint sont limités à 9 ans au Cameroun (voir article 47 de la loi nº 99-16 du 22 décembre 1999 portant statut général des établissements publics et des entreprises du secteur public et parapublic). Cette disposition a été maintenue dans les lois de 2017 (voir article 36 de la loi nº 2017/010 du 12 juillet 2017 portant statut général des établissements publics et article 70 de la loi nº 2017/011 du 12 juillet 2017 portant statut général des entreprises publiques) qui ont remplacé celle de 1999. Et pourtant, certains DG cumulent jusqu’à 31 ans à la tête de la même structure.

La principale cause de cet enracinement « réside dans l’absence de plan de carrière des acteurs sociaux des entités publiques », affirme Viviane Ondoua Biwolé, dans une tribune libre rendue publique le 1er septembre. Elle est intitulée « Violation de la durée des mandats des dirigeants des entités publiques camerounaises : au-delà du juridisme ». Pour arriver à cette conclusion, l’experte en management public dit avoir mené une analyse exploratoire auprès de ces dirigeants. Et « tous ceux rencontrés (22 au total) reconnaissent qu’il n’y a pas de visibilité de carrière à la fin de leur mandat ». « Rien n’est prévu pour la mobilité des mandataires sociaux », reconnaissent-ils.

Aussi craignent-ils de se retrouver en complément d’effectif dans leur administration d’origine pour les plus jeunes et à la retraite pour ceux ayant déjà atteint l’âge. Et de ce fait, de perdre tous les avantages liés à leur fonction. Ils se résolvent donc à « l’entretien du réseau relationnel pour se maintenir » ou espérer une autre promotion du président de la République. « Les raisons de légistiques évoquées, celles de la discrétion du chef de l’État et de ses hautes instructions sont autant d’outils utilisés pour entretenir les failles du système et profiter des avantages qu’il peut offrir », affirme l’universitaire.

Depuis quelques jours, le débat sur la longévité des dirigeants à la tête d’entreprises publiques fait à nouveau rage. Le président du Front des démocrates camerounais (FDC), Denis Émilien Atangana, compte 18 directeurs généraux en dépassassent de la durée légale. D’où la saisine du Conseil constitutionnel aux fins de connaître cette situation. Mais sa requête a été rejetée pour défaut de qualité.

Ludovic Amara  

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