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La mise en garde de Paul Atanga Nji aux médias fait des vagues

La mise en garde de Paul Atanga Nji aux médias fait des vagues

Paru le mardi, 10 mars 2020 14:49

Au cours d’un point de presse donnée ce 9 mars 2020 à Yaoundé, le ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji (photo), a critiqué le travail de certains médias camerounais. « Avant de relayer une information, il faut tenir compte de sa véracité. Mais lorsqu’un média reçoit des fonds d’une ONG aux ordres, il est obligé de diffuser des affabulations dont l’objectif est de discréditer l’action gouvernementale », a déclaré le membre du gouvernement.

Dans sa déclaration, le Minat interpelle « particulièrement et singulièrement » les chaines de télévision Équinoxe TV et STV, la Radio Balafon et quotidien privé Le Jour, accusé d’être des « relais des rapports erronés » contre les forces de défense et de sécurité diffusés par les « ONG aux ordres ».

Les récriminations du Minat concernent le traitement réservé par ces médias aux différents rapports publiés par Human Rights Watch, Amnesty International, International Crisis Group, OCHA, le REDHAC, qui seraient « engagés dans une démarche conspirationniste contre le Cameroun et contre les forces de défense et de sécurité », selon le Minat.

Tollé

Si pour le patron de la préfectorale « le Cameroun n’a pas besoin d’une radio de mille collines », ses propos ont provoqué un tollé dans les milieux médiatiques camerounais. « Radio Balafon n’est, et ne sera jamais la Radio des mille collines, parce que nous offrons une information impartiale et complète qui permette à chacun de prendre, en toute connaissance de cause, des décisions qui lui incombe de prendre en tant que citoyen », a réagi Cyrille Bojiko, le président directeur général de radio Balafon, une chaine urbaine émettant à partir de Douala.

Séverin Tchounkeu, promoteur de la chaine de télévision s’est dit « heurté » par les « accusations » du Minat. « Nous essayons de bien faire notre travail dans le respect des principes d’éthiques et de déontologie », a-t-il déclaré. « Rendre compte d’un rapport ne signifie pas partager ce qui est contenu dans ce rapport. Nous rendrons compte de tout ce qui se passe. Le Minat devrait s’adresser à l’organe de régulation pour savoir qui sont ceux qui peuvent être assimilés à une télévision mille Collines », a indiqué celui qui officie par ailleurs comme président de la Commission nationale de délivrance de la carte de presse, un des organes de régulation du secteur médiatique.

Cette sortie du ministre Atanga Nji relance par ailleurs le débat de l’accès aux sources d’informations publiques. Des journalistes des médias privés se plaignent de l’inaccessibilité des sources officielles. Une situation qui justifierait, en partie, le déséquilibre parfois observé dans leur traitement de l’information.

En même temps, le débat sur le rôle de journalisme en temps de conflit refait surface : « Les médias sont-ils indépendant d’un État pris pour cible part des séparatistes/terroristes ? », interroge par exemple, William Bayiha. Le journaliste camerounais officie pour la chaine de télévision panafricaine Africanews.

BE

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