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Crise anglophone : les ONG sur le bûcher

Crise anglophone : les ONG sur le bûcher

Paru le mardi, 10 mars 2020 17:09

Le pouvoir de Yaoundé est vent debout contre les Organisations non gouvernementales (ONG). Après le ministre de la Communication, qui a accusé Human Rights Watch et Médecin sans frontière d’intelligence avec les séparatistes anglophones, le ministre de l’Administration territoriale (Minat) est monté, à son tour, au créneau, ce 9 mars 2020.

Face à la presse, Paul Atanga Nji a dénoncé le « comportement irresponsable » de certaines ONG qui « volontairement », masqueraient ou minimiseraient les atrocités commises par les combattants séparatistes qui sévissent dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO).

« Human Rights Watch, Amnesty International, International Crisis Group, OCHA, le REDHAC et bien d’autres, sont engagées dans une démarche conspirationniste contre le Cameroun et contre les forces de défense et de sécurité », a déclaré le patron de la préfectorale.

Selon Paul Atanga Nji, ces ONG sont « aux ordres des ennemis du Cameroun ». Les informations qu’elles véhiculent, sur la gestion de la crise dans le NOSO par le gouvernement, seraient « fausses et erronées ». Pis, ces organismes seraient « des officines de fabrication de faux rapports dont le but est de ternir la noble image de nos forces de défense et de sécurité », a soutenu le Minat et non moins secrétaire permanent du Conseil national de la sécurité.

Financements « occultes »

Les organisations incriminées auraient, selon Paul Atanga Nji, été financées à hauteur de 5 milliards FCFA par « des réseaux occultes à l’intérieur et à l’extérieur du Cameroun… » Ceci pour « : déstabiliser les institutions républicaines (…) démontrer que le Cameroun ne serait pas en mesure de gérer les déplacées internes ; prouver par tous les moyens que la crise dans les deux régions s’enlise ».

Cet état de choses est « inacceptable », selon le gouvernement camerounais. Ce d’autant plus que ces organisations actives dans l’humanitaire et la protection des droits de l’Homme, ne respecteraient pas la réglementation camerounaise en la matière. « Depuis deux ans, le Minat n’a reçu aucun rapport annuel des ONG, y compris celles du Système des Nations Unies. Avant de faire des déclarations à la presse, les ONG ont d’abord l’obligation de transmettre annuellement leurs rapports d’activités au Minat », soutient le patron de la préfectorale.

Réactions

Pour Yaoundé, le silence « coupable » des ONG face aux atrocités contre nos vaillantes Forces de défense et de sécurité et contre les populations civiles, serait une « preuve irréfutable de la caution » qu’elles accordent aux factions séparatistes.

Le Réseau des défenseurs des droits de l’Homme en Afrique centrale (REDHAC) a qualifié les propos du Minat de « mensongers ». « En ce qui concerne le REDHAC, on ne trouvera pas une trace de plus de 50 millions de FCFA dans notre compte », s’est défendue Maximilienne Ngo Mbe, la directrice exécutive du REDHAC.

Une position partagée par Me Alice Nkom, une avocate activiste proche des ONG. « Vous ne pouvez pas apporter la moindre preuve de vos déclarations », a-t-elle répondu au membre du gouvernement.

Si le sentiment du gouvernement sur l’action des ONG dans le cadre de la crise anglophone est partagé par une partie de l’opinion publique, Raoul Sumo Tayo estime que s’en prendre à ces organisations est contreproductif. « Ce type de démarche permet de faire l’économie d’une introspection lucide de ses propres responsabilités dans les mécanismes qui, à des degrés divers, ont produit les situations actuelles », indique le chercheur camerounais en défense et sécurité.

BE

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