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Marches du 22 septembre : le rapport à charge du MRC contre les forces de maintien de l’ordre

Marches du 22 septembre : le rapport à charge du MRC contre les forces de maintien de l’ordre

Paru le mardi, 10 novembre 2020 16:39

Au 6 novembre 2020, 155 personnes sont détenues dans le cadre des manifestations interdites du 22 septembre 2020, informe le collectif d’avocats Me Sylvain Souop. Ce Collectif constitué pour porter assistance juridique aux militants et sympathisants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), était face à la presse lundi 9 novembre à Yaoundé.

Selon un rapport présenté par Me Hyppolite Meli membre de ce Collectif, trois personnes sont encore « entre les mains de la police et de la gendarmerie sans titre » et 152 autres ont été « placées sous mandat de détention provisoire ». Ces justiciables sont détenus dans les villes de Nkongsamba (05), Bafoussam (05), Mfou (08), Yaoundé (53) et Douala (81).

Tortures

Dans le même document, la défense du MRC, instigateur des marches interdites du 22 septembre 2020, déroule une série d’abus dont seraient victimes certains manifestants en détention. Il évoque notamment le cas de Pommier Djielieu, « résidant dans le Haut-Nkam, aujourd’hui paralysé à la suite d’une injection d’un liquide jusqu’à présent non déterminé, par un officier de gendarmerie au cours des manifestations », charge le rapport. Le nommé Patrick Kopwa, lui aussi serait « entre la vie et la mort dans un centre hospitalier, diagnostiqué comme souffrant d’un hématome du bras antérieur du noyau caudé gauche en rapport avec un AVC hémorragique », dénonce le document.

Abus

Dans ce même registre des injustices, le Collectif Me Sylvain Souop relève que « 45 sur 53 détenus à la prison centrale de Yaoundé ont fait un minimum de 40 jours dans les maisons de sûreté de la police et de la gendarmerie (…) avant d’avoir accès à un magistrat militaire ou civil ». Ce qui constitue « une violation des prescriptions du Code de procédure pénale », regrette Me Meli Tiakouang.

Dans la même lancée, les avocats du MRC accusent les forces de maintien e l’ordre d’avoir « abusivement confisqué » des « biens, avoirs, documents et effets mobiliers » appartenant à des manifestants arrêtés.  « Il s’agit des objets et biens qui ne sont ni placés sous consigne, ni placés sous scellés transmis aux juridictions saisies », précise le collectif.

Le collectif que conduit Me Emmanuel Simh s’est également exprimé sur le cas de Mamadou Mota, le 1er vice-président national du MRC. Elargi par la Cour d’appel du Centre dans l’affaire des émeutes de la prison de Yaoundé survenues le 22 juillet 2019, le vice-président du MRC est toujours en détention. Malheureusement le conseil du MRC dit être dans l’impossibilité d’obtenir copie de l’arrêt de la Cour.

Pour l’instant le gouvernement n’a pas réagi à ces allégations de l’opposition. Mais les autorités camerounaises ont toujours soutenu que les manifestations du 22 septembre 2020 constituaient une menace à l’ordre public d’où leur interdiction. L’essentiel des détenus a été inculpés pour « rébellion et attroupement ».

La doctrine gouvernementale en termes de maintien de l’ordre repose sur la fermeté, le professionnalisme et le respect de la loi. En témoigne la sortie du 14 septembre dernier de Paul Atanga Nji : « Le maintien de l'ordre doit se faire sans la moindre complaisance avant, pendant et après élection des Conseillers Régionaux du 06 décembre 2020. Néanmoins prescrire comme d'habitude le professionnalisme au Forces de Maintien de l'Ordre (FMO), lors des opérations de maintien de l'ordre en dépit des actes de provocation dont ils font souvent l'objet », insistait le ministre de l’Administration territoriale.

Baudouin Enama

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