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Human Rights Watch dénonce l’implication « forcée » des civils dans la lutte contre Boko Haram

Human Rights Watch dénonce l’implication « forcée » des civils dans la lutte contre Boko Haram

Paru le samedi, 11 juillet 2020 14:23

À Mozogo, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, des soldats auraient contraint des civils à assurer des gardes de nuit pour prévenir les attaques du groupe islamiste armé Boko Haram. La situation est dénoncée par Human Rights Watch. « Des soldats ont roué de coups ou menacé ceux qui refusaient de s’acquitter de cette tâche », rapporte l’ONG dans un communiqué à charge contre le 42e Bataillon d’infanterie motorisée (BIM), une unité militaire basée à Mozogo.

HRW affirme que le 42e BIM « a établi avec les autorités locales des listes d’environ 90 hommes qui devaient assurer les gardes de nuit. Elles ont été affichées dans des lieux publics. Les soldats ont identifié au moins 12 sites à Mozogo et à proximité comme postes de garde nocturnes, affectant neuf civils par site. Les récalcitrants ont été traqués dans leurs quartiers et menacés de mort et de violences ».

Pour Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch, « les autorités camerounaises devraient immédiatement cesser de forcer les civils à exercer des fonctions de surveillance la nuit, et au contraire protéger les civils par des moyens légaux ». L’organisation demande par ailleurs l’ouverture d’une enquête sur ces allégations « de passages à tabac », et qualifie l’implication des populations dans les gardes de nuit de « travail forcé ».

Réserves

Les autorités camerounaises n’ont pas encore réagi à ces allégations. L’ouverture d’une enquête permettra de voir clair dans ce qui apparaît comme un « abus » aux yeux de HRW. Mais il faut souligner que nombre d’experts attribuent le succès de la lutte contre Boko Haram à la collaboration entre les forces de défenses et les populations locales victimes des attaques de la secte terroriste.

Les autorités locales et les habitants de l’Extrême-Nord, plus directement victimes de la menace terroriste, sont, en effet, très souvent passé à l’action notamment en instaurant des comités œcuméniques de vigilance mêlant chrétiens et musulmans. « Ce sont des jeunes, des chômeurs et des vieillards qui se mobilisent. Aucune frange de la population n’est mise de côté pour donner la réplique aux terroristes. Ces villageois se comportent en citoyens prêts au sacrifice suprême pour leur sécurité propre, mais aussi pour le pays. Ils s’organisent et assurent des patrouilles nocturnes », explique un officier de l’armée. D’ailleurs ajoute-t-il, « à leur actif, on compte des dizaines de membres de Boko Haram, arrêtés et livrés aux forces de défense et de sécurité ».

Malgré son affaiblissement, Boko Haram continue de faire des victimes dans la région de l’Extrême-Nord. Depuis 2013, ces violences ont occasionné le déplacement de plus de 297 000 personnes à l’intérieur de la région de l’Extrême-Nord. Le Cameroun accueille également environ 113 000 réfugiés qui ont fui les attaques de Boko Haram au Nigéria. Depuis janvier 2020, Boko Haram a lancé plus de 200 attaques et incursions dans la région de l’Extrême-Nord, faisant au moins 126 morts, selon les chiffres compilés par la société civile.

Baudouin Enama

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