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Grève des enseignants : le PCRN demande une commission d’enquête parlementaire

Grève des enseignants : le PCRN demande une commission d’enquête parlementaire

Paru le dimanche, 13 mars 2022 12:23

Les cinq députés du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) demandent une commission d’enquête parlementaire sur les revendications des enseignants en grève depuis le 21 février dernier. Dans la proposition qu’ils ont adressée au président de l’Assemblée nationale avant l’ouverture de la session parlementaire de mars, ces élus de l’opposition justifient leur demande.

« Cette situation interpelle la représentation nationale en ce qu’elle perturbe sérieusement l’éducation de nos enfants et met en relief de graves dysfonctionnements administratifs, voire d’inacceptables incompétences dans le suivi administratif du corps enseignant », écrivent les députés du PCRN.

Mais bien avant qu’ils ne déposent cette proposition, Cabral Libii (photo), le chef de file des députés du PCRN, a pris la parole plusieurs fois en public pour apporter son soutien aux enseignants en colère. Il revendique même d’être le premier politique et parlementaire à embrasser cette cause. Un intérêt qu’il doit sans doute à la proximité qu’il entretient avec ce sujet. Son épouse et deux de ses frères et une de ses sœurs sont enseignants de lycée. « Je baigne là-dedans », affirme-t-il.

Il souhaite maintenant, comme toute sa famille politique, que le Parlement, pendant cette session, s’engage à « clarifier la situation ». Sans oublier d’établir les responsabilités grâce à une commission d’enquête parlementaire. Une proposition, qui si elle ne fait pas l’unanimité dans le landerneau politique, rencontre tout de même la sympathie dans les milieux intellectuels. « Il faut aujourd’hui attaquer les problèmes à la racine, d’où l’importance d’une enquête parlementaire », déclare un observateur de la scène politique camerounaise.

Démarche incertaine

Sauf que pour arriver à cette commission d’enquête parlementaire, Cabral Libii et les autres députés du PCRN savent qu’il va falloir intéresser d’autres députés à ce projet. Le règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit qu’une telle commission doit être validée par la majorité des députés. Mais avant ce vote crucial, la demande des députés du PCRN doit être inscrite à l’ordre du jour de la session par une décision de la conférence des présidents.

En clair, la demande formulée par le PCRN n’a aucune chance d’aboutir si elle est rejetée par les 152 députés du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), qui forme une majorité écrasante, soit 84,44% des effectifs de la chambre basse du Parlement.

Le discours d’ouverture de la session en cours, prononcé par la doyenne d’âge des députés, Laurentine Nkoa Fegue, a donné des raisons à Cabral Libii de douter : « Elle a évoqué, mais presque pour s’en moquer, la crise des enseignants du mouvement On a trop supporté. Se contentant de provoquer auprès de ses camarades du RDPC une caution aux mesurettes évasives annoncées par le gouvernement, qui se situent dans le prolongement d’autres mesurettes évasives cinq ans plutôt. Je me suis demandé cette dame, elle n’a pas d’enseignant dans sa famille, elle n’a pas d’enfants qui vont à l’école ? »

Michel Ange Nga

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