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« Succession de gré à gré », crise anglophone, réforme du système électoral : Momo convie Kamto à un duel

« Succession de gré à gré », crise anglophone, réforme du système électoral : Momo convie Kamto à un duel

Paru le lundi, 13 juillet 2020 13:15

Dans une correspondance datée du 30 juin 2020, le président du parti politique Les patriotes démocrates pour le développement du Cameroun (Paddec), Jean de Dieu Momo, invite le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, à un échange contradictoire.

Le président du Paddec, qui a soutenu la candidature de Paul Biya à la présidentielle d’octobre 2018, dit adosser son invitation sur un communiqué publié il y a quelques semaines par son homologue du MRC. Dans ledit communiqué, « trois points m’intriguent et justifient la présence lettre vous invitant, respectueusement, à un échange courtois, républicain et fraternel pour les clarifier, dans l’intérêt de nos compatriotes et de nos militants respectifs », écrit-il.

Le premier sujet, qui empoisonne le débat public depuis plusieurs semaines, porte sur ce que Maurice Kamto désigne par « succession de gré à gré » à la tête de l’État. Jean de Dieu Momo s’offusque de l’usage par Maurice Kamto de ce vocable, alors même que la Constitution ne prévoit pas une telle dévolution du pouvoir suprême.

Paul Biya, légaliste

 Surtout que, rappelle le non moins ministre délégué auprès du ministre de la Justice, Maurice Kamto a travaillé pendant près d’une décennie auprès de Paul Biya. De ce fait, il est très bien placé pour savoir que le président de la République est un légaliste.

Sur la réforme consensuelle du système électoral, le président du Paddec note la posture clivante du candidat arrivé 2e à la présidentielle de 2018, qui tantôt appelle au boycott, tantôt invite les citoyens à s’inscrire sur les listes électorales, tantôt demande à ces derniers de se tenir prêts pour faire échec à l’organisation des prochaines consultations électorales.

Le président du Paddec contrarie aussi le président du MRC quand ce dernier disqualifie les anciens militants du RDPC pour être membres du Conseil constitutionnel ou d’Elections Cameroon en charge de l’organisation des élections au Cameroun. « Si tous les anciens cadres du RDPC perdent toute crédibilité pour assumer ces fonctions, quand bien même leur compétence serait avérée, vous aussi tombez sous le coup de cette injustice, puisque vous avez activement milité au sein du RDPC au plus haut sommet », assène Momo.

Contradictions de Kamto

La crise qui secoue le Sud-Ouest et le Nord-Ouest depuis 2016 constitue l’autre pomme de discorde entre Jean de Dieu Momo et Maurice Kamto. Ici encore, le président du Paddec pointe les contradictions de son homologue du MRC. Ce dernier, regrette-t-il, appelle à la fois à une intervention étrangère pour la résolution de cette crise et donne « les gages du candidat qui veut ramener le Cameroun sous le joug colonial et nous faire perdre notre souveraineté ».

À ceux qui lui font le reproche d’avoir déjà exposé tous ses arguments dans son invitation, rendant du coup le débat contradictoire sans objet, Jean de Dieu Momo dit les avoir dévoilés afin de permettre à son interlocuteur de mieux préparer sa contradiction. À moins que, soupçonne-t-il, Maurice Kamto n’évite la confrontation pour préférer répondre par écrit.

Sur la suite réservée à cette invitation, Me Emmanuel Simh, vice-président du MRC, se contente d’admettre qu’il a déchargé un courrier estampillé « confidentiel ». Le porte-parole de Maurice Kamto a été plusieurs fois contacté par téléphone. En vain.

Dominique Mbassi

Dernière modification le lundi, 13 juillet 2020 13:18

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