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Malgré la nomination d’un nouveau PCA, l’ART peine à retrouver la sérénité

Malgré la nomination d’un nouveau PCA, l’ART peine à retrouver la sérénité

Paru le mardi, 14 juillet 2020 18:52

L’Agence de régulation des télécommunications (ART) fait de nouveau parler d’elle dans le registre des faits divers. Une note attribuée à son directeur général, Philémon Zoo Zame (photo), en circulation depuis le 8 juillet sur les réseaux sociaux, suggère l’existence d’une brouille entre ce dernier et Justine Diffo, récemment nommée présidente du conseil d’administration (PCA) de cette structure.

Le document relayé par certains organes de presse est adressé au secrétaire général du Sénat, Michel Meva’a Meboutou, présenté comme le parrain de Philémon Zo’o Zame. Il allègue que Justine Diffo aurait instruit au DG de l’ART de procéder à « des recrutements sans appel à candidature (sans concours) […]. Ce qui n’allait pas dans le sens de l’orthodoxie administrative et les principes de transparence et de bonne gouvernance ».

« Je tiens à démentir formellement l’authenticité de cette note dont l’intention est de maintenir un climat conflictuel entre les principaux dirigeants des organes sociaux de l’ART et de jeter l’opprobre sur le fonctionnement des institutions de la République », déclare le DG de l’ART dans un communiqué publié sur le site internet officiel de l’ART.

Pour le patron de l’ART, ces allégations sont d’autant plus infondées que depuis sa nomination comme PCA de l’ART, Justine Diffo « a présidé deux sessions du conseil d’administration dans un climat empreint de franche collaboration, de sérénité et de compréhension mutuelle, dans le strict respect des règles d’éthique […] ».

Contexte

Plusieurs sources affirment que la note évoquée est un faux document. Mais, elles indiquent par ailleurs que le DG et le PCA de l’ART ne sont pas sur la même longueur d’onde sur plusieurs sujets en lien avec la gestion de cette entreprise publique. L’un des points d’achoppement entre les deux responsables est la commande d’un audit de la gestion du gendarme du secteur de la télécommunication.

« En prenant les rênes du conseil d’administration de l’ART, Justine Diffo a par exemple souhaité qu’on fasse un audit sur la situation de l’entreprise avant de débuter son mandat. Mais cette mesure de prudence du nouveau PCA n’a pas été du gout du DG », confie une source proche du dossier.

Dans tous les cas, après la guéguerre opposant le DG et l’ex PCA de l’ART, Hassana Mahamat, une nouvelle escalade ne sera que très mal perçu par l’opinion. D’autant plus que la situation financière de l’organe en charge de la régulation et du contrôle des activités de télécommunications est loin d’être reluisante.

Au terme de l’exercice 2019, l’ART a par exemple déclaré un manque à gagner de 76,4 milliards de FCFA. De plus, les états financiers du régulateur dégagent un déficit de 2,20 milliards de FCFA et l’entreprise présente des « créances difficilement recouvrables » pour un montant de 55,97 milliards de FCFA.

Baudouin Enama

Dernière modification le mardi, 14 juillet 2020 18:53

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