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Drame de Mautu : après la France et le Canada, la Commission des droits de l'Homme demande l'ouverture d'une enquête

Drame de Mautu : après la France et le Canada, la Commission des droits de l'Homme demande l'ouverture d'une enquête

Paru le vendredi, 15 janvier 2021 15:53

Dans un communiqué d'hier 14 janvier, la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés (CNDHL) a demandé l’ouverture d’une enquête sur la mort présumée de civils, survenue le 10 janvier 2021 à Mautu, dans l’arrondissement de Muyuka, département du Fako, région anglophone du Sud-Ouest. « Dès lors que ces allégations font état de civils parmi les victimes, la Commission invite le ministre de la Défense à ouvrir une enquête approfondie qui permettra de déterminer les circonstances dans lesquelles des victimes civiles ont pu être enregistrées lors de cette opération militaire », formule Mouangue Kobila, président par intérim de la CNDHL.

Plus tôt dans la journée d’hier, le Haut-commissariat du Canada au Cameroun s’est également exprimé sur cette affaire. « Le Canada est vivement préoccupé par la récente recrudescence des violences au Cameroun, autour de Mbengwi, à Matazem et à Mautu, dimanche dernier », a publié cette représentation diplomatique sur son compte Twitter. Pour le Canada, une enquête « impartiale » est nécessaire afin de « faire toute la lumière et traduire les auteurs en justice. ».

Ces sorties interviennent trois jours après celle de la France. Lundi dernier, sa mission diplomatique au Cameroun a demandé l’ouverture d’une enquête sur ce « crime injustifiable » qui aurait occasionné la mort de 8 personnes civiles à Mautu.

Les autorités camerounaises n’ont pas encore réagi à ces demandes d’ouverture d’une enquête indépendante. Toutefois, dans la journée du lundi 11 janvier dernier, le ministère de la Défense, à travers son chef de la division de la communication, le capitaine de vaisseau Cyrille Serge Atonfack Guemo, a soutenu que le raid mené le 10 janvier par le Bataillon d’infanterie motorisée s’est fait « dans le strict respect des règles d’engagement ».

Selon le porte-parole de l’armée, les images des civils tués en circulation sur la Toile et présentées par certains organismes de la société civile auraient été conçues dans les officines occultes des leaders sécessionnistes pour « faire endosser à nos forces de défense, un aveugle massacre perpétré à Mautu ». Dans la même communication, l’armée informe qu’elle a ouvert une enquête pour « élucider cette entreprise souterraine et faire, le cas échéant, toute la lumière sur le contenu des images macabres en circulation ».

Quoi qu’il en soit, la Commission des droits de l’Homme et des libertés, qui demande que les résultats de cette enquête lui soient communiqués, invite l’armée à donner plein effet à la prescription du président de la République, chef des armées qui, dans son allocution à l’occasion du triomphe de la 37e promotion de l’Ecole militaire interarmées de Yaoundé, le 24 janvier 2020, s’est adressé en ces termes aux forces de défense et de sécurité : « en accomplissant vos missions, vous vous devez de respecter les Droits humains ». Une instruction réitérée dans son message à la nation du 31 décembre 2020.

Baudouin Enama

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