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Climat social : une vague de licenciements crée des tensions à l’IRAD

Climat social : une vague de licenciements crée des tensions à l’IRAD

Paru le mercredi, 15 juillet 2020 11:56

Le 23 juin 2020, le directeur général (DG) de l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD), Noé Woin, a suspendu le contrat de travail de trois délégués du personnel, en attendant « la décision de licenciement définitive des autorités compétentes ».

Les motifs invoqués pour justifier cette décision sont : insubordination caractérisée, manque de respect répété, menaces et voie de fait envers les dirigeants avec pour intention de les destituer, incitation du personnel à la désobéissance et perturbation volontaire du travail des employés.

Dans les correspondances adressées aux personnels concernés, le DG précise que la suspension de ces contrats de travail a été décidée par le conseil de discipline, qui a qualifié les motifs retenus de fautes lourdes et donné un avis favorable pour le licenciement.

Faux et usage du faux

Le même jour, Noé Woin a résilié, pour faux et usage de faux ou faux diplômes, et sans préjudice des poursuites judiciaires, les décisions d’engagement de près d’une trentaine d’agents.

La Confédération des syndicats autonomes du Cameroun (CSAC) présente une tout autre version dans une correspondance adressée le 26 juin au ministre du Travail et de la Sécurité sociale (Mintss), Grégoire Owona. Dans celle-ci, son président demande l’intervention du Mintss « pour tortures, affectations illégales, suspensions arbitraires des salaires et licenciements des délégués du personnel ».

La CSAC rappelle à Grégoire Owona qu’il s’agit en réalité d’un contentieux datant de 2011, avant même la nomination de l’actuel DG. Il est né « des multiples violations par l’IRAD des dispositions légales réglementaires du cadre juridique réservé aux missions et fonctions des délégués du personnel », précise Jean Marie Ndi, le président de la CSAC.

Administration atone

En dépit des multiples concertations, soutient Jean Marie Ndi, l’IRAD n’a réservé aucune suite favorable aux revendications des délégués du personnel. « Las d’attendre l’aboutissement de certaines de leurs réclamations, les travailleurs pour faire pression sur l’employeur ont servi à travers la CSAC un préavis de grève à compter du 18 février 2020 », souligne le président de la CSAC.

Ce dernier reconnait que cette démarche a conduit à une réunion tripartite le 6 mars. Et une réunion d’évaluation était prévue le 15 juillet. Mais faute d’action tangible et pour torpiller l’action des travailleurs, le DG a sans demande d’explications préalable traduit tous les délégués du personnel devant le conseil de discipline. La suite se décline en termes de remise de certains délégués à leurs administrations d’origine, suspension des salaires et des contrats de travail.

La CSAC déplore l’absence d’une « quelconque action concrète interpellatrice de l’administration du travail conviant cet employeur à se conformer à la réglementation en vigueur en matière de suspension de salaire, de reversement ou d’affectation du délégué du personnel » et n’entend pas en rester là.

Dominique Mbassi

Dernière modification le mercredi, 15 juillet 2020 14:18

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