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Crise anglophone : après Buea, des pensionnaires du camp DDR de Bamenda descendent dans la rue

Crise anglophone : après Buea, des pensionnaires du camp DDR de Bamenda descendent dans la rue

Paru le mardi, 16 février 2021 12:17

Au Cameroun, des ex-combattants séparatistes anglophones accueillis au Centre de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) du Nord-Ouest ont marché dans les rues de Bamenda, hier lundi 15 février 2021. La manifestation avait pour but d’attirer l’attention des autorités sur les promesses non tenues par le gouvernement, vis-à-vis de ces combattants sécessionnistes repentis.

Parti du site du DDR, ces manifestants qui arboraient le drapeau du Cameroun ont battu le pavé en chantant, jusqu’au bureau du gouverneur de la région du Nord-Ouest. « Amba doit obéir au gouvernement...si vous voulez me tuer, allez-y. Mais je ne fuirai jamais ce pays », scandaient-ils.

Lors d’un échange avec le gouverneur Adolphe Lele Lafrique, ces pensionnaires du centre DDR de Bamenda ont exprimé leurs inquiétudes au sujet de leur « avenir » et en rapport avec le traitement qui leur est réservé dans le centre de démobilisation.

« Nous voulons que le gouvernement établisse un calendrier précis pour ceux qui ont été désarmés. Nous devons savoir combien de temps nous devons rester dans le centre de DDR avant de pouvoir être réintégrés dans la société. Certains d'entre nous sont ici depuis trop longtemps », ont-ils déclaré.

Revendications 

En outre, les manifestants revendiquent l’amélioration de leurs conditions de vie. Celle-ci passerait, selon eux, par le versement d’une allocation qui leur permettrait de subvenir à certains de leurs besoins quotidiens. Les miliciens démobilisés sollicitent par ailleurs l’établissement et la délivrance des cartes d'identité mettant en exergue leur statut de combattants repentis.

La grève d’hier est le deuxième mouvement d’humeur enregistré dans les centres DDR situés dans les régions anglophones du pays. Pour des motifs quasi similaires, des pensionnaires du DDR ont bloqué la circulation sur la route qui relie Bokwango à Long Street à Buea le 1er février dernier.

A la suite de ce débrayage, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a débloqué une somme de 35 millions FCFA pour financer la réinsertion de 70 ex-combattants parmi les plus anciens du DDR de Buea. Le chef du Gouvernement a par ailleurs instruit l’établissement des cartes nationales d’identité pour ces cas supposés « déradicalisés ». Et si l’instruction du PM a ramené le calme à Buea, du côté de Bamenda plusieurs pensionnaires du DDR s’estiment discriminés et revendiquent que le gouvernement se penche également sur leur cas.

Ces manifestations surviennent alors que l’Etat vient d’investir environ 2 milliards FCFA pour construire et équiper un nouveau cadre d’accueil des ex-séparatistes à Bamenda. L’infrastructure d’une capacité de 1000 places dont les travaux sont achevés est un centre multidisciplinaire bâti sur une superficie de 30 000 m². Dès son inauguration elle offrira une palette de formations aux ex-combattants. Notamment en matière de technologies de l’information et de la communication, la mécanique automobile, la maçonnerie, la menuiserie, la couture, les métiers agropastoraux…

Le Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (CNDDR) fait face à un important challenge relatif à la remobilisation des jeunes combattants qui se trouvent encore dans les rangs des rebelles reclus dans les brousses du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

A ce jour, au moins sept milices armées ayant entre 2 000 et 4 000 combattants opèrent dans les régions anglophones du pays, estime l’ONG International Crisis Group. Le risque est que ces récriminations récurrentes des pensionnaires des DDR, découragent les jeunes encore enrôlés qui souhaitent déposer les armes.

Baudouin Enama

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