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Affaire Kingsly : le porte-parole de l’armée accusé de violer le secret de l’instruction

Affaire Kingsly : le porte-parole de l’armée accusé de violer le secret de l’instruction

Paru le jeudi, 16 juillet 2020 14:02

Les avocats de Kingsley Fomunyuy Njoka veulent en découdre avec le capitaine de frégate Cyrille Serge Atonfack Guemo (photo). Le chef de la division de la communication du ministère de la Défense fait l’objet d’une plainte déposée contre lui au tribunal militaire de Yaoundé. L’information a été donnée par Me Amungwa Tanyi Nicodemus, un membre du collège d’avocats commis à la défense de Kingsley Njoka, un journaliste accusé de « sécession et complicité de bande armée ».

Cette nouvelle affaire Njoka fait suite au passage du porte-parole de l’armée sur la chaîne de télévision Équinoxe. Les avocats de Kingsly Njoka accusent l’officier supérieur d’avoir « tenu certains propos contre » leur client en détention provisoire à la Prison centrale de Kondengui. « Notre client est encore devant le juge d’instruction, notre client bénéficie toujours de la présomption d’innocence », a déclaré Me Amungwa Tanyi Nicodemus lors d’un point de presse donné le 14 juillet dernier à Yaoundé.

En effet, dans une interview diffusée le 5 juillet dernier sur Équinoxe, le capitaine de frégate Cyrille Serge Atonfack Guemo soutient que « Nous avons un journaliste de profession […] qui est terroriste convaincu ». Plus tard, il affirme que « nous avons les déclarations de Njoka Kingsley qui avoue qu’il est le coordonnateur des Bui Warrious ».

Les avocats de Kingsley Njoka estiment que, en commettant « publiquement » ces déclarations, le capitaine de Fregate Atonfack a commis une violation du secret de l’instruction dans la mesure où il n’aurait pas obtenu l’autorisation du Commissaire du gouvernement. La plainte l’accuse par ailleurs de faire fi du respect de la présomption d’innocence.

Selon Me Amungwa Tanyi Nicodemus son client est un « présumé innocent dans la mesure où sa culpabilité n’a pas encore été légalement établie ». De son point de vue, le fait pour le porte-parole de l’armée d’affirmer le sieur Njoka est « un terroriste convaincu », constitue une violation du Code pénal camerounais.

Le journaliste Kingsley Fomunyuy Njoka a été interpellé le 15 mai dernier à Douala. Selon l’ordonnance motivant son placement en détention provisoire, il est inculpé de « sécession et complicité de bande armée ». Pour l’ONG Reporter Sans Frontières (RSF), l’arrestation de Kinglsey Fumunyuy Njoka est liée à « ses prises de positions critiques contre la façon dont les autorités camerounaises gèrent la crise dans les régions anglophones de l’ouest du pays en proie à des combats opposant militaires et séparatistes armés ».

Baudouin Enama

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Dernière modification le jeudi, 16 juillet 2020 14:03

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