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Genève : les autorités suisses interdisent la manifestation contre Paul Biya

Genève : les autorités suisses interdisent la manifestation contre Paul Biya

Paru le samedi, 17 juillet 2021 07:26

 

Le département de la sécurité du canton de Genève a interdit, le vendredi 16 juillet, la manifestation des Camerounais de la diaspora contre la présence du président Paul Biya à l’hôtel Intercontinental de la ville. Les autorités suisses motivent leur refus « en raison d’un faisceau d’indices démontrant un risque concret de débordements », comme l’a fait savoir la chargée de la communication du département de la sécurité, cité par des médias suisses. Les autorités genevoises se seraient inquiétées des déclarations incendiaires de certains Camerounais de la diaspora, sur les réseaux sociaux, qui promettaient de mettre la ville à « feu et à sang » samedi 17 juillet, jour de la manifestation.

« Des propagandistes auraient menacé Genève de guerre civile sur les réseaux sociaux. Est-ce que cela doit avoir un impact sur un citoyen comme moi qui a fait une demande régulière de manifestation ? Vous voyez le caractère arbitraire de la décision », s’est interrogé Hilaire Zoyem Djoumessi, coordonnateur de la manifestation, cité par La Tribune de Genève. D’après ce média, Hilaire Zoyem Djoumessi confirme l’interdiction de la manifestation et informe avoir introduit un recours au Tribunal administratif. « Pour moi, la manifestation reste maintenue jusqu’à avis définitif », déclare-t-il. Ce qui est faux, puisque « le recours n’a pas d’effet suspensif », selon la police genevoise.

Les informations sur l’interdiction de la manifestation contre Paul Biya à Genève ont commencé à fuser dès le début de l’après-midi du vendredi 16 juillet. Dans la confusion, des groupuscules d’activistes de la diaspora ont déclaré que la manifestation de Genève aura lieu. C’est le cas de la Diaspora camerounaise résistante qui a annoncé vendredi que « (…) cette grande manifestation pacifique et non violente aura bel et bien lieu de 17 juillet à Genève ».

Concert de condamnations

Pendant que chacun fourbit ses armes à Genève, à Yaoundé, les condamnations de cette manifestation n’ont pas cessé de fuser tout au long de la semaine. Après le gouvernement, qui a appelé, par la voix du ministre de la Communication, la diaspora au « patriotisme » à « l’honorabilité » et au sens de la « responsabilité », d’autres acteurs politiques ont condamné cette marche prévue samedi 17 juillet non loin de l’hôtel Intercontinental où sont descendus Paul Biya et son épouse, selon la presse locale.

« Le président Paul Biya n’est pas en villégiature. Il a droit à la considération et au respect inhérents à la haute et délicate charge que lui a confiée le peuple camerounais », a rappelé le ministre Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir. Pour ce haut dirigeant du parti présidentiel, « la bouffonnerie n’ébranlera pas la République ».

Dans le même ton, Dakolé Daïssala, le président national du Mouvement pour la défense de la République (MDR), un parti allié au RDPC, a condamné cette manifestation. « Quand le chef de l’État du Cameroun se déplace, estime l’ancien ministre Dakole, il porte toujours la casquette de président de la République du Cameroun (…). Il ne viendrait pas à l’idée d’accepter une quelconque manifestation désobligeante à son égard, surtout à l’étranger ».   D’après lui, « non seulement nous manquons de respect à Paul Biya, mais nous manquons de respect au chef de l’État. Cela commence à en faire un peu trop ».

Expression de la démocratie

Un avis que partage l’Union des populations du Cameroun (UPC), tendance du secrétaire général Baleguel Nkot. « Vous ne pouvez pas quitter votre pays, pour aller faire du désordre dans un autre pays disant que vous faites de la démocratie », s’étonne l’homme politique. Il ajoute : « Nous sommes un pays indépendant, nous avons notre territoire, nous avons notre constitution, nous avons nos règles, si les gens veulent faire la politique qu’ils viennent la faire ici ».

Quant au Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), une manifestation est l’expression de la démocratie. « On peut aussi manifester contre une institution. Dans une société démocratique, les manifestations ne s’adressent pas aux individus. On ne vient pas manifester devant un citoyen lambda. On manifeste devant une personne qui assume une responsabilité parce que l’on veut revendiquer quelque chose », a déclaré Franck Emmanuel Ateba, l’un des porte-paroles du parti de Maurice Kamto.

Le président Paul Biya a quitté Yaoundé le 11 juillet dernier pour un « court séjour privé en Europe », d’après son directeur de cabinet. Localisé à Genève, des activistes de la diaspora ont promis de perturber son séjour avec pour but de le contraindre à regagner le pays.

Ludovic Amara

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Dernière modification le samedi, 17 juillet 2021 08:07

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