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Session parlementaire : la pauvreté dans le Grand-Nord au cœur des débats

Session parlementaire : la pauvreté dans le Grand-Nord au cœur des débats

Paru le mardi, 17 novembre 2020 15:01

Dans un plaidoyer en faveur du septentrion, le « Mouvement 10 millions de Nordistes » invite les sénateurs et les députés de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua à prendre en main, mieux que par le passé, les préoccupations des populations de ces régions septentrionales, présentées comme « zones de convergence de tous les mauvais indicateurs de développement humain de notre pays ».

Cette mission leur est dévolue au cours de la session parlementaire ouverte au Sénat et à l’Assemblée nationale 12 novembre 2020,  qui va se clôturer par le vote de la loi de finances 2021, « le budget étant le principal répartiteur financier qui matérialise les politiques publiques ».

Alors que les régions septentrionales abritent plus du tiers des près de 25 millions de Camerounais, le Mouvement constate qu’elles « concentrent 56 % de la population pauvre, contre une moyenne nationale de 31 % ».

Ce qui se traduit notamment par un accès à l’eau potable largement en dessous de la moyenne. « Les résultats de l’Enquête démographique et de santé 2018 montrent que la région du Nord détient le pourcentage de ménages qui consomment de l’eau provenant d’une source non améliorée le plus élevé du pays (57 %). À Douala, ce pourcentage est de 0 % et de seulement 1 % à Yaoundé », souligne le Mouvement.

Santé et éducation à la traine

L’éducation reste aussi à la traine, obligeant les pouvoirs publics à déclarer les trois régions septentrionales « zones d’éducation prioritaires ». Pourtant, le Mouvement y décèle encore « un déficit de 16.000 salles de classe pour accueillir les 1. 879. 255 élèves du primaire recensés, un besoin urgent de plus de 150.000 tables-bancs et un déficit de 9.420 enseignants. Cette tendance s’observe dans l’enseignement secondaire ».

De surcroit, l’offre de santé demeure ici insuffisante et peu accessible aux populations.

« A ce jour, on ne trouve aucun hôpital général ou central dans les trois régions septentrionales, qui se contentent des hôpitaux de 3ème catégorie (hôpitaux régionaux) », pointe le Mouvement. Il trouve là une explication aux récurrentes épidémies récurrentes de choléra, de paludisme, etc. auxquelles sont confrontées les populations.

Pis, le chômage touche près de trois millions de jeunes en butte à la précarité de deux millions d’emplois informels pour l’essentiel. Au regard de ce tableau guère reluisant, le porte-parole du Mouvement, Guibai Gatama, rappelle aux parlementaires leur « impérieux devoir de peser en cette circonstance, de tout leur poids, en faveur d’une politique budgétaire volontariste susceptible de s’attaquer aux problèmes de développement de l’ensemble de notre pays ».

Le « Mouvement 10 millions de Nordistes », qui se veut apolitique, a vu le jour en vue d’une meilleure prise en compte des intérêts des trois régions septentrionales qui s’estiment lésées dans l’exécution des politiques publiques.

Dominique Mbassi

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