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Cameroun–États-Unis : fin d’un séjour tout en crise pour Peter Henry Barlerin

Cameroun–États-Unis : fin d’un séjour tout en crise pour Peter Henry Barlerin

Paru le vendredi, 19 juin 2020 17:53

L’ambassadeur des États-Unis au Cameroun, Peter Henry Barlerin, quitte Yaoundé le 17 juillet prochain. Dans une note diplomatique américaine destinée au ministre camerounais des Relations extérieures (Minrex), la porte-parole de l’ambassade, Leanne Cannon, informe le gouvernement que le chef de mission diplomatique est en fin de séjour au pays.

À partir du 17 juillet 2020 et jusqu’à l’arrivée de l’ambassadeur qui va succéder à Peter Henry Barlerin, l’intérim sera assuré par Vernelle Trim Fitzpatrick, la Chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis au Cameroun, informe le document.

Nommé à la tête de cette mission diplomatique le 18 juillet 2017 en remplacement de son compatriote Michaël Stephen Hoza, le plénipotentiaire américain aura séjourné au Cameroun pendant près de trois ans.

 Crises et coups de froid

La coopération sous l’ère Barlerin n’a pas été un long fleuve tranquille. Yaoundé et Washington ont effet connu plus d’un épisode de crise depuis son arrivée au Cameroun. Les sorties de l’Ambassadeur en fin de séjour n’ont pas toujours été au goût des autorités camerounaises. Notamment au sujet de la crise anglophone et davantage en ce qui l’alternance politique au sommet de l’État. Le tollé provoqué au sein de la classe dirigeante au lendemain du 18 mai 2018 en est une illustration.

Ce jour, à la sortie d’une audience à lui accordée par le président Paul Biya, Peter Henry Barlerin a déclaré avoir suggéré à Paul Biya de « réfléchir à son héritage et à comment il souhaite que l’on se souvienne de lui dans les livres d’Histoire ». La réponse de Yaoundé ne s’est pas fait attendre. De Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication d’alors à Lejeune Mbella Mbella des Relations extérieures, en passant par Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la présidence de la République (SGPR), le diplomate américain en eu pour son grade à la suite de cet impair qui de l’avis du gouvernement, « infantilisait » le Cameroun et violaient « tous les usages diplomatiques, ainsi que les règles de civilité en la matière ».

L’autre coup de froid entre cette coopération remonte à janvier 2019 lorsque les États-Unis ont décidé d’annuler des programmes d’aide militaire destinés au Cameroun en invoquant de « graves violations des droits humains » qu’aurait commis les forces de défense et de sécurité camerounaise.

L’exclusion du Cameroun des pays africains bénéficiaires de l’AGOA, un programme mis en place par le gouvernement américain pour faciliter les exportations africaines vers les États-Unis, participe également de cette à cette logique de tension entre le gouvernement camerounais et le régime de Donald Trump. Washington a motivé cette décision par le non-respect de certains droits de l’Homme au Cameroun.

Coopération 

Mais la coopération entre les États-Unis et le Cameroun n’a pas toujours brillé par ces moments de crise. Sur la période 2014-2017, les investissements américains au Cameroun ont dépassé les 1200 milliards de FCFA, selon Michael Stephen Hoza, le prédécesseur de Peter Henry Barlerin. Au plan sécuritaire, Washington accompagne le Cameroun dans la lutte contre Boko Haram et dans la lutte contre la piraterie maritime. Les États-Unis ont ainsi financé la création de six centres d’opérations maritimes à Limbe, Douala et Kribi en 2016.

De source diplomatique, jusqu’en 2017, les États-Unis ont appuyé l’armée camerounaise avec plusieurs bateaux à coque rigide de classe Defender pour des patrouilles en mer. L’un des bateaux Defender a été utilisé lors du sauvetage de plus de 100 victimes de naufrage en août 2019, après qu’un bateau en provenance du Nigéria a chaviré près de Limbe.

Pour l’année 2020, la marine camerounaise a d’ailleurs prévu d’acquérir deux patrouilleurs américains de 110 pieds pour accroître sa capacité à patrouiller dans la zone économique exclusive du Cameroun.

L’implication américaine pour l’amélioration des services sanitaires au Cameroun a récemment été marquée par l’inauguration le 21 juin 2019 du Centre des opérations d’urgence sanitaire, dont la construction a été financée à hauteur de 2,6 millions de dollars grâce au concours des États-Unis. À ce jour, ce centre constitue la pierre angulaire du dispositif de riposte contre la pandémie du coronavirus qui secoue le Cameroun depuis plus de cent jours.

Baudouin Enama

Dernière modification le vendredi, 19 juin 2020 17:54

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