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Maurice Kamto prépare déjà la bataille judiciaire de la marche du 22 septembre

Maurice Kamto prépare déjà la bataille judiciaire de la marche du 22 septembre

Paru le lundi, 21 septembre 2020 10:04

Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) vient de s’attacher les services du cabinet d’avocats international Amsterdam and Partners LLP. Dans un tweet posté dimanche, le président du MRC, Maurice Kamto, indique que le mandat du cabinet Amsterdam and Partners « couvre tous les participants aux manifestations pacifiques, qu’ils soient ou non membres de la Coalition pour le changement ».

Fondé depuis 40 ans par l’avocat d’affaires canadien Robert Amsterdam, ce cabinet est devenu célèbre et établit son influence internationale depuis 2003 dans l’affaire du géant pétrolier russe Yukos. La firme assurait alors la défense de Mikhaïl Khodorkovsky, ancien patron du groupe tenaillé par la justice russe. Le journal Le Monde décrit Robert Amsterdam comme un as du lobbying, de la mobilisation de réseaux, de la constitution d’équipes de juristes pointus. « Depuis l’affaire Khodorkovski, il passe plus de temps avec les politiciens qu’avec les juges », rapporte le journal français.

Réputé pour sa défense pro bono d'activistes, il a représenté le Dr Chee Soon Juan au Singapour et le journaliste Stephan Templ qui est le premier prisonnier politique juif d’Autriche. En Afrique, Robert Amsterdam est l’avocat du chanteur et opposant politique ougandais Bobi Wine. C’est également le cas de l’opposant tanzanien Tundu Lissu, candidat à la présidentielle tanzanienne de 2020.

L’après 22 septembre

Désormais, Amsterdam and Partners LLP va donc se charger d’apporter une réponse à « une série d’attaques illégales » contre le MRC et son président Maurice Kamto, annonce Robert Amsterdam. Ce dernier donne, par ailleurs, déjà le ton de sa démarché en qualifiant Paul Biya de « dictateur ». Face à des critiques similaires, le président de la République du Cameroun a toujours répondu qu'il ne se maintient pas au pouvoir par la force. Il a été régulièrement élu à la suite d’élections multipartites. 

À travers ce choix porté sur ce cabinet international, le MRC et son leader préparent déjà l’après 22 septembre. Le parti de l’opposition, qui projette de protester ce mardi contre la tenue des élections régionales, demande également le départ de Paul Biya du pouvoir. Mais cette manifestation, considérée par une frange importante de l’opinion comme un projet insurrectionnel, est jugée illégale par les autorités camerounaises.

En réaction à ce projet de manifestation, le ministre de Communication (Mincom), porte-parole du gouvernement, a indiqué que « Les forces de sécurité prendront à cet égard toutes les mesures nécessaires pour assurer fermement le maintien de l’ordre public et de la paix sociale ». Réné Emmanuel Sadi a par ailleurs prévenu que « tous ceux qui s’associent à un tel projet devront s’attendre à en répondre devant les instances judiciaires compétentes ».

Au MRC, on redoute des vagues d’arrestation contre les manifestants qui vont se mobiliser comme cela a été le cas en 2019 lors des marches blanches. Près de 200 militants dont le leader du MRC et les cadres de son parti avaient été placés en détention pendant neuf mois.

Pour sa défense, le candidat malheureux à la présidentielle d’octobre 2018 avait jeté son dévolu sur Me Éric Dupont-Moretti, un cador du barreau français récemment nommé ministre de la Justice par le président Emmanuel Macron.

Baudouin Enama

Dernière modification le lundi, 21 septembre 2020 11:30

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