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Affaire Samuel Wazizi : 15 mois après, la société civile exige la publication du rapport d’enquête

Affaire Samuel Wazizi : 15 mois après, la société civile exige la publication du rapport d’enquête

Paru le lundi, 21 décembre 2020 16:59

Plus d’un an après la mort de Samuel Wazizi, son corps n’a toujours pas été rendu à sa famille. Cette situation est dénoncée par des organisations non gouvernementales dont Reporters sans frontières (RSF) et ACAT France. « Plus de quinze mois après la disparition forcée du journaliste, les autorités camerounaises continuent à s’enfermer dans le silence sur les circonstances de sa détention et de sa mort », s'offusquent-elles dans un communiqué publié la semaine dernière.

Dans cette communication, les deux ONG françaises exhortent la présidence de la République du Cameroun à rendre public le rapport et les conclusions de l’enquête qu’il avait commanditée. « Les autorités camerounaises étaient responsables de sa sécurité pendant sa détention. Elles doivent fournir à la famille de Samuel Wazizi et ses avocats un compte-rendu complet des circonstances de sa détention et de sa mort », insiste Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF.

La Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés (CNDHL) a indiqué le 9 octobre 2020 qu’une enquête avait été menée par la Sécurité militaire et les résultats transmis au chef de l’Etat, Paul Biya.

Activités terroristes

Mais de l’avis de Clément Boursin, Responsable Afrique à l’ACAT-France, « alors que la CNDHL, normalement indépendante et impartiale, devrait peser de tout son poids pour que la lumière soit faite sur la mort d’un journaliste, elle a indiqué à l’ACAT-France qu’“au regard des activités terroristes de Samuel Wazizi au moment de son arrestation, il ne nous semble pas indispensable que le président de la République rende publiquement compte des détails relatifs à cette affaire” ».

Le journaliste Samuel Wazizi travaillait pour Chillen Music Television (CMTV), une chaîne basée à Buea, chef-lieu de la région du Sud-Ouest.

Soupçonné d’être d’intelligence avec les groupes armés affidés du mouvement indépendantiste de l’Ambazonie qui sévissent dans la zone anglophone du Cameroun, il a été interpellé le 3 août 2019 à Ekona.

Circonstances

Selon le colonel Serge Cyrille Atonfack, porte-parole du ministère de la Défense, Samuel Wazizi est décédé d’une infection généralisée le 17 août 2019 à l’hôpital militaire de Yaoundé. « Il n’a subi aucun acte de torture ou sévices corporels », affirmait-il, ajoutant que la famille avait été prévenue.

Mais la famille du défunt, ses avocats et des organismes de la société civile contestent cette version des faits. Selon Reporters sans frontières, qui soutient avoir consulté des photos du journaliste prises à Yaoundé le 13 août 2019, jour de son arrivée dans la capitale camerounaise après son transfert depuis Buea, « Samuel Wazizi présentait de nombreuses blessures sur différentes parties du corps ».

C’est sur ces entrefaites qu’au terme d’une audience avec le président Paul Biya, le 5 juin dernier à Yaoundé, Christophe Guilhou, l’ambassadeur de France au Cameroun, a indiqué que le président avait promis de lancer une enquête « pour connaître toutes les causes et les circonstances de ce décès ».

Baudouin Enama

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