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Crise anglophone : 67 Camerounais et 8 organisations qui soutiennent les séparatistes trainés en justice aux États-Unis

Crise anglophone : 67 Camerounais et 8 organisations qui soutiennent les séparatistes trainés en justice aux États-Unis

Paru le mercredi, 23 juin 2021 17:01

Une action en justice a été intentée, le 22 juin, contre 67 personnes aux États-Unis. Des Camerounais soupçonnés de financer les milices séparatistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et de commanditer des enlèvements et des exactions. Ils sont trainés devant un tribunal du Maryland par l’avocat Emmanuel Nsahlaï, du cabinet d’avocats Nsahlaï Law basé en Californie.

Parmi ces soutiens, figure en haut de la liste « Sako Ikome, président du gouvernement autoproclamé d’Ambazoni ». « Il fait partie, avec l'ensemble des membres de son cabinet, de la conspiration du terrorisme international et des crimes violents », indique l’avocat. Ce dernier pointe également Cho Lucas Ayaba qui « réside en Norvège, mais vient aux États-Unis pour financement du terrorisme. Réunit des fonds pour fabriquer des explosifs et acheter des RPG (lance-roquettes NDLR) ».

Chris Anu, dont « les messages sur les médias sociaux donnent pour instruction à ses combattants d'enlever et de tuer ceux qui n'adhèrent pas à l’Ambazonie », est aussi ciblé ; de même qu’Éric Tano Tataw qui a « ordonné à ses combattants à de multiples reprises de mutiler/couper les mains des enseignants et des élèves qui vont à l'école ». « Il existe des cas bien documentés de plus de 40 de ces mutilations directement liées aux ordres de Tataw », affirme l’avocat d’origine camerounaise Emmanuel Nsahlaï.

Quant à Ivo Tanku Tapang, sécessionniste radical de la première heure, basé au Texas, il est soupçonné d’avoir ordonné, en décembre 2019, « l'enlèvement de citoyens américains partant pour les vacances de Noël afin qu'ils fournissent des fonds pour sa cause ». Il est en plus accusé d’avoir « directement conspiré pour tuer des centaines de personnes ». Tout comme Christensia Akunju Asong qui « dans un enregistrement audio, a donné l'ordre à sa NSA (milice, NDLR) de tuer tous les étudiants et les enseignants qui vont à l’école ».

À côté de ces commanditaires de premier rang (21 au total), l’avocat liste d’« autres participants actifs ayant des postes/titres dans les organisations ambazoniene ». « Ce sont les leaders d'Ambazonie responsables de la collecte de fonds pour leurs actions terroristes et criminelles, ainsi que d'autres fonctions de gestion qui entraînent meurtre, enlèvement et préjudice pour des civils innocents ».

Enquête de l'Agence fédérale ATF

Huit organisations sont par ailleurs accusées d’avoir été formées pour lever des fonds pour « le financement du terrorisme et qui ont réussi à escroquer des millions de dollars à des dizaines de milliers de citoyens américains, et les ont utilisés pour des dépenses personnelles », en plus du « blanchiment d'argent et la violation des lois sur les impôts, les banques et les fonds », pointe l’avocat. Parmi celles-ci, l’Ambazonia Broadcasting Corporation-Amba ABC Incorporated ou encore l’Ambazonia Relief Fund Inc.

À noter que l’avocat agit pour le compte d’associations de victimes des milices séparatistes. Associations basées au Cameroun et aux États-Unis notamment. Approché par SBBC, Me Emmanuel Nsahlaï révèle que « l'enquête de l'Agence fédérale Alcohol, Tobaccoc, Firearms and Explosives (ATF) a débuté en février 2019 et nous avons collaboré avec eux pendant plus de 18 mois pour obtenir ces premières arrestations et inculpations pénales. Nous espérons continuer à collaborer, car beaucoup plus de séparatistes sont impliqués dans le complot ».

Il faut préciser que cette nouvelle action en justice se greffe à une autre. La justice américaine a en effet inculpé, il y a quelques jours, trois Camerounais d’origines pour trafic d’armes au profit des milices séparatistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Dans son discours à la nation, le 31 décembre 2020, le président Paul Biya avait appelé, « une fois de plus, à la responsabilité des pays amis qui hébergent les commanditaires et des organisations qui financent et animent, par divers canaux, les bandes armées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ». Parmi ces pays, figurent notamment les États-Unis, l’Angleterre, Norvège.

Ludovic Amara

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