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Cameroun-UE : grandes manœuvres autour de l’agenda de la prochaine session du dialogue politique

Cameroun-UE : grandes manœuvres autour de l’agenda de la prochaine session du dialogue politique

Paru le jeudi, 25 juin 2020 19:53

C’est un collectif de 29 députés européens qui mène la danse. Avec à sa tête la belge Marie Arena, présidente de la Commission des droits de l’Homme au Parlement européen, il vient de saisir le Haut représentant de l’Union européenne (UE) pour les Affaires étrangères, Joseph Borrell. Objectif : s’assurer que « le dialogue politique entre l’UE et le Cameroun initialement prévu en juin 2020 aurait bien lieu ».

Le dialogue politique est une prescription de l’Accord de Cotonou entre l’UE et les pays ACP (Afrique Caraïbes Pacifique) dont le Cameroun. Il se décline au niveau national en des rencontres de haut niveau entre le gouvernement et des plénipotentiaires de l’Union européenne accrédités à Yaoundé.

À ces sessions, qui se tiennent en principe deux fois par an (tous les six mois), la partie camerounaise est conduite par le ministre des Relations extérieures (Minrex). Il est assisté par d’autres ministres en charge des questions techniques. Tandis que la délégation de l’UE est dirigée par l’ambassadeur de l’UE au Cameroun avec à ses côtés les ambassadeurs des différents pays membres de l’UE accrédités à Yaoundé.

« C’est un moment important où on aborde très souvent des sujets qui fâchent. Ils peuvent aller du respect des droits de l’homme, aux principes démocratiques et de l’État de droit qui constituent des éléments essentiels du partenariat entre Bruxelles et Yaoundé », confie une source diplomatique.

Au-delà du débat… des engagements

Pour Marie Arena et ses paires, l’enjeu de cette opération de lobbying est d’accélérer l’agenda du dialogue politique et d’inscrire à l’ordre du jour les préoccupations liées à la crise anglophone et à la crise politique post-électorale.

Dans le principe les sujets abordés sont choisis d’accord mutuel. Mais dans la pratique, ils sont généralement préparés au niveau des représentations diplomatiques européennes à la diligence de leurs conseillers politiques.

« Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous informer des mesures que vous comptez prendre afin de soutenir une résolution pacifique du conflit basée sur l’approche du dialogue », écrivent les eurodéputés. Chaque session se referme par une déclaration signée des deux parties. Elle débouche très souvent sur « l’engagement des parties » dans l’optique de faire progresser le développement humain.

Motivations

Pour justifier leur démarche, les eurodéputés soutiennent que les mesures prises, jusqu’ici, par le gouvernement pour apaiser les tensions (Grand dialogue national, Plan présidentiel de reconstruction et de développement, libération des prisonniers...) « sont soit trop limitées, soit ne sont pas totalement mises en application faute de moyens ou de volonté politique ».

Mais certains points évoqués dans la correspondance du groupe de Marie Arena ont de quoi surprendre. Illustration : « les autorités continuent de mener des actions à l’encontre des défenseurs des droits humains, notamment avec l’inculpation de dirigeants d’ONG tels que M. Penda Ekoka Christian pour avoir récolté des fonds pour lutter contre le Covid-19 », peut-on lire.

Cette affirmation est pour le moins contestable dans la mesure où Christian Penda Ekoka, ancien conseiller à la présidence de la République, se présente lui-même comme soutien assumé à l’opposant camerounais Maurice Kamto. De plus, l’initiative « Survie Cameroun, Survival Initiative », évoquée en filigrane les parlementaires de l’UE n’a pas une existence légale. C’est du moins ce que le ministre de l’Administration territoriale qui assure la tutelle des associations, ONG et des partis politiques, a toujours soutenu.

Baudouin Enama

Dernière modification le jeudi, 25 juin 2020 19:56

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