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L’assassinat de civils dans la région du Nord-Ouest au centre d’une polémique

L’assassinat de civils dans la région du Nord-Ouest au centre d’une polémique

Paru le mercredi, 26 février 2020 10:16

Les versions divergent sur ce qui s’est passé le 14 février 2020, à Garbuh, un village du département du Ndonga Mantung, dans la région du Nord-Ouest. « Des hommes armés ont, pour une raison inconnue, ciblé ces personnes. Sur les vingt-deux victimes (…), quatorze étaient des enfants », indique James Nunan, le chef de bureau de la coordination humanitaire des Nations unies (OCHA) pour les régions anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest) du Cameroun.

Selon ce responsable onusien, les victimes ont été tuées par balles et leurs corps ont été brûlés dans des maisons incendiées. Du coup, certains responsables politiques de l’opposition indexent l’armée et le gouvernement camerounais.

 « Il s’agit tout simplement d’un malheureux accident, conséquence collatérale des opérations de sécurisation en cours dans la région », a réagi le ministère camerounais de la Défense, dans un communiqué publié ce 17 février. Et ce document parle plutôt de sept « terroristes » mis « hors d’état de nuire » et d’une femme et quatre enfants tués par un incendie qui a affecté leur maison.

À en croire la même source, l’incendie a été déclenché par l’explosion de plusieurs fûts contenant du carburant à la suite de combats entre six éléments de force de défense, en mission de reconnaissance nocturne vers « une habitation transformée en camp fortifié », et des combattants séparatistes.

Une enquête « approfondie » a été ouverte à la suite de ces évènements. Elle a été confiée concomitamment à la gendarmerie et à la sécurité militaire. « Les conclusions de cette enquête feront l’objet d’une large diffusion », promet le ministère camerounais de la Défense.

Depuis 2016, le Cameroun traverse une crise sociopolitique dans sa partie anglophone. Cette situation née des revendications corporatistes a muté en un conflit armé avec l’émergence depuis 2017 des groupes séparatistes armés.

Le gouvernement multiplie des initiatives pour résoudre la crise. En début septembre 2019, un dialogue national organisé à Yaoundé a abouti à l’adoption d’un statut spécial pour ces régions sans parvenir à un mettre un terme aux tensions.

Les chiffres officiels sur le coût humain de cette confrontation ne sont pas disponibles. Mais selon des ONG internationales, le conflit aurait fait plus de 3000 morts. À en croire l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), cette crise aurait par ailleurs contraint près de 60 000 Camerounais à chercher refuge au Nigéria et 679 000 personnes à se réfugier à l’intérieur du pays.

BE

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