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Massacre d’élèves à Kumba : indignation de la classe politique sur fond de polémique

Massacre d’élèves à Kumba : indignation de la classe politique sur fond de polémique

Paru le lundi, 26 octobre 2020 05:58

« Meurtres lâches et odieux », « de la barbarie à la sauvagerie ! »… les responsables politiques camerounais condamnent à l’unanimité le massacre des écoliers survenu le 24 octobre à l’« International bilingual academy school » de Kumba.

Jean Nkuete, secrétaire général du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), qui qualifie ces actes d’« ignominieux » « condamne avec la dernière énergie ces meurtres lâches et odieux commis par des scélérats sans cœur, sans foi et sans culture républicaine ».

Maurice Kamto, le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) partage la même indignation. « Horreur absolue. Ma peine est sans borne. Je condamne cet acte odieux avec la dernière énergie », rage le candidat malheureux, classé 2e à la présidentielle d’octobre 2020.

Le député Cabral Libii revendique « Que les coupables de cette boucherie soient traqués et traduis devant la justice ». Car soutient-il : « La République ne doit jamais faiblir et survivra à ces soubresauts. J’en appelle à l’unité nationale et transpartisane pour faire face au terrorisme et préserver l’unité nationale ».

Polémique

Mais la polémique s’est très vite mêlée à cette vague d’indignation. Notamment au sujet de l’identité des auteurs cet assassinat de six écoliers âgés de 9 à 12 ans. En effet dans une déclaration audio attribuée au préfet du département de la Meme qui a circulé sur les réseaux sociaux, l’autorité administrative accuse les milices d’inspiration séparatiste d’être les auteurs de ce crime. Une accusation également contenue dans la déclaration du ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, faite le 24 octobre au soir. Dans un communiqué publié ce 25 octobre, le ministre de l’Enseignement supérieur attribue lui aussi le massacre à « des séparatistes loufoques, baroques et forcenés ».

Mais dans l’opinion et sur la Toile, certains internautes et des hommes politiques du bord de l’opposition pensent que cette accusation est « hâtive ». C’est le cas d’Okala Ebodé, trésorier adjoint du MRC. « Ceux qui se précipitent pour accuser les Ambazoniens la, Ngarbuh nous parle ».

Mais cette allusion au drame de Ngarbuh où des militaires camerounais sont accusés d’avoir tué des civils dans la région du Nord-Ouest a provoqué l’ire des militants du RDPC. Il faut dire que dans ce conflit complexe, le président du MRC a toujours rendu le pouvoir de Yaoundé unique responsable de la situation. « Combien de morts faut-il encore pour qu’une solution politique ramène la paix dans le NOSO (Nord-Ouest et Sud-Ouest, NDLR) ? », questionne d’ailleurs Maurice Kamto dans sa réaction au massacre de Kumba.

En réponse, des communicants du parti au pouvoir ont accusé le mouvement politique de Maurice Kamto d’être tout aussi comptable du crime du 24 octobre dans la mesure où, à les en croire, le MRC entretiendrait des rapports incestueux avec les leaders séparatistes. « Honte aux prétendus “libérateurs du peuple” ou “chasseurs du président démocratiquement” : ils rêvent de prendre en otage l’école et les élèves, c’est-à-dire l’avenir de notre cher et beau pays », assène Fame Ndongo dans son communiqué.

Un argument soutenu par d’autres partis politiques. Notamment le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN). « Seuls les complices de la bestialité de Kumba essaient de se faire bonne conscience en invoquant “Ngarbuh” », charge le député Cabral Libii, président du PCRN.

À côté des joutes RDPC-MRC-PCRN, le SDF préconise l’ouverture d’une enquête pour établir les responsabilités des uns et des autres. « Pour ce qui concerne la culpabilité, seule une enquête impartiale et indépendante pourra permettre de démêler l’écheveau. Quel que soit le camp dans lequel ils se trouvent, les auteurs de ces meurtres révoltants doivent être pourchassés aussi longtemps que nécessaire pour qu’ils soient traduits devant les juges et fermement condamnés », appelle le député Jean-Michel Nintcheu du Social Democratic Front (SDF).

Justement, selon le ministre de la Communication, « le ministre délégué à la présidence, charge de la Défense, a été instruit, en liaison avec les autres services concernes, de diligenter une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de cette attaque, et de rechercher activement les coupables, afin qu’ils répondent de leurs actes devant la justice ».

Baudouin Enama

Dernière modification le lundi, 26 octobre 2020 19:15

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