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Protection de l’environnement : en quête d’efficacité, le Cameroun décentralise son action

Protection de l’environnement : en quête d’efficacité, le Cameroun décentralise son action

Paru le jeudi, 30 décembre 2021 12:52

En décidant de transférer certaines compétences en matière de protection de l’environnement aux régions, le président Paul Biya a fait le choix de l’efficience et de l’efficacité, estime le secrétaire général du ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded), Pr Paul Tchawa.

« Les ministères, en général, jouent un rôle de coordination de mise en application de la vision édictée par le président de la République. Pour ce qui concerne la mise en œuvre au quotidien, je pense que l’efficacité viendra certainement de l’implication des instances infralocales, c’est-à-dire régionales et communales », argue cet universitaire, par ailleurs point focal Fonds vert climat au Cameroun.

Dans la recherche de cette efficacité, le président a donc choisi de transférer trois compétences aux régions dès l’année prochaine. Il s’agit en premier de « la mise en défens et autres mesures locales de protection de la nature ». Il est question pour les régions d’identifier et de délimiter les zones écologiques. La deuxième compétence transférée concerne la lutte contre les feux de brousse. Et enfin, chaque région est désormais responsable de l’élaboration, de la mise en œuvre et du suivi des plans régionaux d’action pour l’environnement.

Par contre, l’élaboration et la mise en œuvre de la politique nationale en matière d’environnement et de développement durable restent la seule prérogative de l’État. Pour le Pr Tchawa, cette prérogative n’enlève rien à la responsabilité des régions, car l’État doit effectivement garder la main sur l’élaboration de la politique nationale.

Défis

« Il faut une cohérence et il faut qu’une instance suprarégionale veille sur cette cohérence. Si chaque région fait ce qu’elle veut, ça va être dissonant parce qu’il y a une seule politique nationale qui se décline dans les régions de différentes manières puisque les problèmes environnementaux sont différents d’une région à une autre », fait savoir le secrétaire général du Minepded.

Le Cameroun doit faire face aux changements climatiques en mettant en place des politiques efficaces. Il est aussi question de contrôler les risques et catastrophes liés aux dysfonctionnements de l’environnement. Il est aussi question de tout faire pour accroître la résilience des communautés. Ces enjeux requièrent une véritable expertise que les communautés territoriales décentralisées n’ont pas toujours, comme le fait remarquer Patrick Akoa, enseignant et par ailleurs expert des questions environnementales. Sans maîtrise d’ouvrage, la nouvelle ambition de Yaoundé en matière de protection de la nature pourrait prendre du plomb dans l’aile. « Il y a véritablement un problème de capacité. C’est le gros souci, mais on va aller doucement », ajoute le Pr Tchawa.

En parlant de capacité, ce dernier n’oublie pas de dire que les régions ne doivent pas considérer l’environnement sous le seul prisme de la contrainte. Actuellement, l’environnement est perçu comme une grosse opportunité de développement. Il donne l’opportunité de vendre un certain nombre de services, comme la finance climatique et les crédits carbone surtout que le Cameroun a beaucoup de forêts. « C’est de gros enjeux », indique l’universitaire. En espérant que les régions soient capables de saisir cette opportunité.

Michel Ange Nga

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